Critiques pour l'événement Azor
5 janv. 2019
8/10
8
Pour faire souffler un peu de modernité Emmanuel Bex et la compagnie Quand on est Trois font quelques arrangements et place l’histoire dans les années 70.

Déjà, trois musiciens (orgue-batterie-guitare électrique) jouent la musique en live en mélangeant les genres et les styles. Au besoin, ils incarnent des personnages dans l’histoire. Puis la mise en scène ingénieuse et dynamique avec quelques décors simples amovibles de Stéphan Druet. Des choix au combien justes car jamais le spectateur ne s’ennuie et on nous emmène dans des aventures ô combien étonnantes et drôles. En un rien de temps, les huit comédiens changent de costumes pour imposer leur talent sur scène. Ils chantent, ils dansent, ils bondissent, ils changent de personnages… le tout dans un rythme millimétré, intense où personne n’a pas le temps de reprendre son souffle. Pas le droit de mettre des pauses car sinon l’ouragan dans lequel nous sommes pris perdrait de son humour.

Les éclats de rire se font entendre à tous les étages. Impossible de ne pas céder à la bonne humeur avec ces airs entêtants, ces déhanchés pleins de séduction, ces phrases qui font mouches, les situations absurdes…

Un magnifique témoignage artistique de l’insouciance du Paris de l’Entre-Deux-Guerres servi par une distribution brillante pleine d’énergie. Ne ratez pas un tel moment de folie pleins de swings et de rires.
8,5/10
7
Un spectacle réjouissant, drôle et plein de gaité, servi par une distribution brillante et en verve. Un joli temps de plaisir et de fantaisie.
30 déc. 2018
8,5/10
35
Azor ! Au pied !

Oui Azor semble être un nom souvent donné à des canidés mais c'est aussi le surnom du nouveau commissaire de Neuilly : un grand beau jeune homme, un poil ahuri et poète à ses heures. Mais son nouveau poste n'est pas de tout repos : il fait tomber toutes les filles à ses pieds mais c’est Marlène Dubois, la fille du ministre de la justice qui a capturé le cœur d’Azor, pendant que le gang de Kiki la Frisette dévalise son quartier.

Mais alors quelle belle et bonne idée d'Emmanuel Bex, excellent musicien qui a déjà fait ses preuves en pièce musicale, de ressortir des cartons cette opérette de 1932 de Gaston Gabaroche avec un livret de Albert Willemetz ! Il nous propose un spectacle qui tient à la fois de la comédie musicale, de l'opérette et du théâtre de boulevard, le tout mélangé à des rythmes brésiliens, jazzy ou psychédéliques. Bref un joyeux mélange de genre totalement réussi !

Après un début plutôt lent, où l'on pourrait s'inquiéter de la suite des aventures d'Azor, l'histoire décolle enfin et nous emmène dans un univers assez délirant pour terminer en mode totalement déjanté.

L'histoire a été déplacée dans les années 60/70, ce qui explique le coté psychédélique avec une sacrée belle version d'une chanson de Janis Joplin interprétée par la talentueuse Fanny Fourquez (l’élue d’Azor) ! Trois sympathiques musiciens sont sur scène : Emmanuel Bex à l’orgue, Tristan Bex à la batterie et Antonin Fresson à la guitare mais aussi dans le rôle du redoutable Kiki la Frisette.

Les huit comédiens/chanteurs de la Compagnie ‘Quand on est trois’ sont vraiment au top et ont l’air de s’amuser tout comme nous :

Gilles Bugeaud qui est hilarant en ministre de la justice, il cumule trois rôles.

Fanny Fourquez chante diablement bien et est bien jolie !

Quentin Gibelin est un Azor bien charmant, il est présent en permanence sur la scène pendant 2h00 et donne de sa personne sans compter.

J’ai beaucoup apprécié aussi les prestations de Pierre Méchanick, Estelle Kaique, Julien Alluguette, Pauline Gardel et Emmanuelle Goizé (qui est aussi la scénographe du spectacle).

La mise en scène de Stephan Druet, assisté de Christelle Toussine aux lumières et d’Alma de Villalobos aux chorégraphies, est millimétrée à souhait pour notre entrainer dans cet univers fantaisiste.

Bref une bien belle soirée pleine de swing et de rires !
30 déc. 2018
9/10
45
Le commissaire est bon amant.
C'est en tout cas ce que semblent penser les trois demoiselles qui vont toutes tomber raides-dingues du nouveau commissaire de police de Neuilly, surnommé Azor par ses hommes.

Il y a la fille du ministre de la justice, une femme mariée et la gigolette du célèbre malfrat Kiki-La-Frisette.
Après avoir dû s'enrôler dans la bande de ce dernier, Azor devra se démener comme un beau diable pour se dépêtrer de nombreuses et désopilantes péripéties pour pouvoir enfin tomber dans les bras de celle qu'il aime vraiment.

Le jazzman Emmanuel Bex a eu la bonne idée de sortir de l'oubli cette opérette composée en 1932 par Gaston Gabaroche, sur un livret de Albert Willemetz.

Le musicien, talentueux organiste, s'était déjà aventuré dans l'univers du théâtre musical en compagnie de David Lescot pour « la chose commune », ce spectacle consacré à l'épopée de la Commune de Paris.

Ici, il a voulu dépoussiérer cette œuvre pour en faire une véritable comédie musicale, à la croisée de nombreux chemins artistiques.

Nous assistons à un grand moment burlesque, à une pochade mêlant le vaudeville, le jazz, la Comédia dell'Arte, la danse, la chanson, la bossa-nova, sans oublier le psychédélisme des seventies.

Vous l'avez compris, c'est un spectacle à la fois déjanté, hilarant, foisonnnant, qui nous est donné, avec de grands moments comiques, une fois passé le premier quart d'heure consacré à l'exposition de l'intrigue et la présentation des personnages.
Après ces quinze premières minutes, pour dépoter, ça va dépoter.

La mise en scène de Stéphan Druet crée pour notre plus grand plaisir un tourbillon drôlissime sur la scène de l'Athénée.
De vraies situations de comédie, des chansons habilement arrangées par Bex, les codes du vaudeville poussés dans leurs derniers retranchements, des dialogues et des textes aux petits oignons, une excellente prise de son, tout concourt à faire fonctionner à plein régime nos zygomatiques.

L'action a donc été déplacée dans les années 70, ce qui permet au trio Orgue-Batterie-Guitare électrique de trouver sa pleine justification.
Nous aurons de plus le bonheur d'écouter une superbe version de « More over » de Janis Joplin, chantée par Fany Fourquez.
Les musiciens se déchaînent alors. Emmanuel Bex fait rugir son orgue Hammond, mettant à rude épreuve le rotor de sa cabine Leslie. Un régal !

Les comédiens-chanteurs-danseurs de la compagnie Quand on est Trois sont tous remarquables et vont s'en donner à cœur joie.
On sent bien qu'ils sont tous très investis. Un bel esprit de troupe se ressent, une vraie cohérence vocale règne en permanence, avec de grands moments vocaux.

Ils ne nous laissent pas un seul moment de répit.

Quentin Gibelin est Azor, avec des faux airs de Pierre Niney. Le comédien est omniprésent, et se dépense sans compter. Il est parfait en fonctionnaire-poète dépassé et malmené par les événements.

Pierre Méchanik est un irrésistible et parfois surréaliste Steinkopf, Gilles Bugeaud campe trois personnages plus hauts en couleur les uns que les autres, Emmanuelle Goizé est notamment une formidable Claudine.
Ces trois-là nous avaient déjà ravis avec deux précédents spectacles très swings, "Ta bouche", et "Oh là là oui oui".

Estelle Kaike est un policier très particulier et une « ministresse » très prout-prout et très bling-bling.

Il faut noter également que Kiki-la-Frisette est interprété par Antonin Fresson qui assure également la partie de guitare électrique. Chapeau !

Durant ces deux heures, nous serons également mis à contribution pour swinguer !

C'est donc un vrai vent de douce folie, contagieuse et hilarante qui s'abat sur le plateau de l'Athénée.
Voici un spectacle musical passionnant et indispensable en ces temps de morosité !
On ressort totalement ravis, en fredonnant quelques phrases musicales glanées ici et là.
24 déc. 2018
8/10
5
J'ai passé un très bon moment à voir cette opérette revisitée.
Beaucoup d'humour et des comédiens pleins de talent.