Critiques pour l'événement Acting
31 janv. 2018
9,5/10
146
Je ne partage pas le peu d'enthousiasme lu plus haut. Je me suis régalée grâce au trio brillant de comédiens: chacun est finalement une béquille humaine pour un autre. Le temps en prison finit par se réinventer et ils survivent, jouent et surjouent au sens enfantin du terme. Ils n'ont que cela à faire alors ils le font, avec humour, tendresse, maladresse, passion. Grâce au challenge de "dresser" Gepetto pour lui faire faire l'acteur, Robert voit un temps un but à sa vie en cellule et se bat pour un autre. Quant à Horace, mutique, il tient sa place avec talent. Bosso muet, c'est un défi relevé. Bravo pour ce texte qui émane d'un auteur qui aime les acteurs et bravo aux acteurs qui aiment leur métier.
4 févr. 2017
6/10
236
Vu au théâtre d'Antilles le 3/2/17. Heureusement que N. Arestrup était là car le pauvre K. Merad ne fait pas le poids...

Humour un peu trop gras et gags à la limite du mauvais goût (le plat de pâtes sur la tête)... Rien de bien transcendant et voire ennuyeux !!!
30 déc. 2016
8,5/10
254
Merci à ce trio qui a su nous mener tambour battant dans ce "tragi-comique" qui, loin d'être ennuyeux, nous a fait passer du rire à l'émotion. Dommage pour ceux qui n'y ont pas trouvé leur compte, peut-être n'ont-ils pas vu à quel point chacun des acteurs a empoigné son personnage et l'a habité jusqu'au bout. Très belle mise en scène également avec les jeux de lumière savamment orchestrés et la présence de l'écran télé.

Belle soirée et le public l'a bien manifesté.
Merci les artistes !
28 déc. 2016
7,5/10
289
En terme de mise en scène, c'est sans doute la pièce la plus intéressante des grands théâtres privés parisiens.

Le jeu est assez inégal selon les acteurs. Niels Arestrup envoie franchement du lourd face à un Kad Merad très en dessous et qui surtout ne porte pas beaucoup la voix. Mention spéciale pour Patrick Bosso avec son Horace finalement très attachant et indispensable.

Le gros problème pour moi est qu'on tombe dans le rire facile, surtout pour Kad Merad obligé de faire des mimiques pour avoir un public hilare.
Au delà de la qualité du texte de Durringer, je trouve la fin un peu bâclée et pas très subtile.
Ça fait du bien de voir dans le privé, une forme de théâtre plus contemporaine.
20 nov. 2016
1/10
315
Beaucoup de buzz autour de cette pièce qui se révèle pourtant d'une platitude assommante, chargée d'un humour terre à terre, lourd et fatigant.

On retiendra un Niels Arestrup qui ne cesse de surjouer le râleur face à un Kad Merad qui fait le benêt au-delà de ce qui est crédible...

Bref, une soirée bien décevante qui aurait pu être à moitié sauvée en s'échappant pendant l'entracte... sauf qu'il n'y en avait pas ! :-(
6 nov. 2016
5/10
211
C'est déçue que je ressors des bouffes parisiens pour une pièce qui, à mon avis, aurait pu être plus réussie !

L'histoire est pour le moins originale : dans une cellule de prison débarque Robert (Niels Arestup), acteur de profession. Robert accepte de devenir le mentor d'un de ses deux codétenus Gepetto (Kad Merad) voulant à son tour devenir acteur et passer le temps. Le 3eme homme incarné par Patrick Bosso reste lui silencieux, à la fois dangereux dans son silence et public attentif à cette tentative de reconversion de son compagnon. Dans cette pièce en un acte sans changement de décor, la lumière s'éteint de temps en temps, marquant la succession des jours qui passent et l'ennui des prisonniers. La mise en abyme des acteurs jouant aux acteurs et parlant d'acteurs est assez jubilatoire: on se demande souvent qui parle et si les dires des personnages sont partagés par leurs interprètes. Cela donne des répliques assez justes et remplies d'ironie sur ce double sens possible.

Aussi, avec de bons acteurs et un scénario original, la pièce avait beaucoup de potentiel si ce n'était le trop plein de vulgarité et les scènes répétées où Robert ne cesse d'interrompre et de rabaisser son élève qui ne lui donne pas satisfaction. Car le plus violent des trois dans cette prison est bien Robert, avec une violence de langage qui pour moi n'est pas justifiée, si ce n'est peut-être pour marquer la lassitude d'un personnage qui n'a plus beaucoup foi en la vie. De son côté, Kad Merad excelle dans le rôle de l'homme simplet qui donnerait le bon dieu sans confession à Robert et ne se rebelle que trop peu face à son professeur. Mais c'est véritablement lorsque son personnage fini par produire le monologue d'Hamlet dans une scène assez surprenante (qu'on ne vous dévoilera pas ici!!) que la pièce s'élève, pour un moment. Le talent de Kad Merad se révèle, dans un répertoire dans lequel on ne le voit jamais et avec une intensité certaine. Cette scène là est belle mais bien trop courte et arrive comme dénouement là où la pièce aurait pu monter en puissance ! C'est bien dommage.

Au moment des saluts se passe quelque chose de fort : les acteurs boivent les applaudissements comme un signe d'approbation nécessaire et indispensable avec beaucoup d'humilité et de surprise dans les pupilles, comme quoi même les acteurs reconnus ont besoin de se convaincre chaque jour de leurs légitimités face au public. La connivence palpable entre les acteurs et également belle à voir.

On salue donc le talent des acteurs mais déplore un texte qui aurait pu être plus recherché, plus intense et offrir plus de matières aux acteurs pour créer un peu plus d'étincelles !
30 oct. 2016
9/10
76
C’est une pièce sur le théâtre. Une pièce qu’il faut entendre, entre ses lignes, comme un hommage fou à cet art millénaire, qui mêle inné, acquis, grâce et mystère, auquel certains se brûlent et se consument, et qui est, pour d’autres, plus rares heureusement, comme un simple gagne-pain. « Acting » a été écrit par un homme qui, pour l’avoir pratiqué pendant de longues années, d’abord comme acteur, puis comme metteur en scène et auteur, connaît tout, ou presque, de cet art là et de ceux qui s’y adonnent.

Une pièce sur le théâtre, direz-vous ? La belle affaire ! Ce n’est pas la première ! Certes, mais celle-là, signée Xavier Durringer, a une force singulière, explosive, qu’elle tire de la personnalité de ses protagonistes.

Nous sommes dans une cellule de prison. A jardin, le coin cuisine et les toilettes. A cour, des lits superposés, dont deux seulement sont occupés. L’un par un dénommé Gepetto (Kad Mérad), un petit escroc écervelé qui gratte maladroitement une guitare en rêvant de paillettes. L‘autre par Horace (Patrick Bosso), un hurluberlu muet et inquiétant qui, jour et nuit, affûte des brosses à dents pour en faire des armes redoutables.

Un matin, cliquetis de clefs, grincement de porte, un nouveau détenu fait son entrée. Il s’appelle (Robert). C ‘est un acteur de théâtre de haut vol. Il a été condamné pour meurtre.

Entre Gepetto et Robert va s’engager un dialogue surréaliste. Parce qu’il pense que cette profession n’est qu’un tremplin qui permet d’accéder rapidement à la notoriété, le premier va demander au second de l’aider à devenir acteur. Hiatus ! Car Robert, dont les grands textes du Répertoire sont la passion exclusive, considère ce métier comme un sacerdoce. « Plus belle la vie » contre Shakespeare et la méthode Stanislavski ! Sous le regard très attentif d’Horace, un match va s’engager, qui sera captivant. Dans la cellule, qui se fera tour à tour, scène, loge et coulisse, deux hommes que tout oppose vont tenter de jouer au maitre et à l’élève. L’un, tel un mentor, tentant d’inculquer à l’autre (qui, au début, n’y comprend rien, ou ne veut rien comprendre), ce qu’est, ce que doit être un interprète… Au centre de leurs échanges, menés comme des rounds, la mise en abyme du métier d’acteur, si gratifiant parfois, si douloureux souvent, si difficile tout le temps. Le ton est celui de la comédie. Mais sous chaque réplique, on sent que la tragédie sourd…

On a rarement vu, sur une scène, l’art théâtral magnifié à ce point. Magnifié et analysé, mis à nu aussi. Secrets, tours, astuces, défauts, trucs, dérives, idées reçues, effrois, beautés…dans cet « Acting », rien de ce qui le constitue n’a été oublié. Xavier Durringer a situé les protagonistes de sa pièce en prison. Ce stratagème dramaturgique lui permet de montrer que le théâtre peut se jouer de tous les enfermements, qu’il permet tous les « ailleurs », toutes les illusions, toutes les évasions. Son écriture est orale, percutante, canaille, populaire et concrète. Chaque mot en a été pesé. Les acteurs peuvent s’y arc-bouter. Quant à sa mise en scène, elle est à la fois simple, subtile, sans chichi, et laisse toute la place au texte et aux comédiens.

Les comédiens… Parlons en, justement ! Quel plateau ! A ma gauche, Niels Arestrup, souverain dans son rôle de Pygmalion, tour à tour bourru, passionné, intransigeant, désespéré, tragique, mais en même temps capable de grande patience, de douceur et même de tendresse, envers son « élève ».Son magnétisme, et sa voix, à la fois grave et mordorée, qui empoigne à merveille la prose de Durringer, impressionnent et prennent aux tripes. Et quel phrasé ! Quelle diction ! S’il était clown dans un duo, Niels Arestrup en serait celui qui porte le chapeau blanc et l’habit de lumière. Son partenaire, Kad Mérad, lui, serait l’autre, l’Auguste, l’homme de toutes les maladresses et de toutes les bêtises. Il y a six ans que cet immense comédien n’était pas remonté sur un plateau de théâtre. Il y est comme chez lui. La naïveté abrutie de son personnage lui va comme un gant. Il y fait preuve d’une finesse de jeu et d’un tempérament comique qui atteignent des sommets. Kad Mérad a été musicien. Cela se voit. Il « swingue » son rôle. Mais soudain, quand il s’attelle au monologue d’Hamlet, la salle se fige, les larmes montent aux yeux.

Au milieu de ces deux là, un autre acteur fait aussi un remarquable travail. Il s’agit de Patrick Bosso. Sauf à l’extrême fin de la pièce, il n’a pas un mot à dire. C’est donc très difficile pour lui. Mais ce qu’il parvient à exprimer par les seules forces de son regard et de ses attitudes est assez prodigieux.

Happé par la télévision et le cinéma, Xavier Durringer avait déserté le théâtre depuis longtemps. Il signe ici un retour magnifique, avec l’un des plus beaux faces à faces vus sur les planches depuis des lustres. Ce face à face parle de l’art théâtral, et en son arrière-plan, de cette chienne de condition humaine. Tragédie ? Comédie ? Sauf au dénouement on ne le saura pas, tant ce texte nous balade entre rires et larmes. Ce qui est sûr, c’est que cet « Acting, conçu comme un chant d’amour au métier d’acteur, ne parle au fond que de l’homme, de sa grandeur et de sa petitesse. Ce qu’on voit et entend, c’est que chacun de ses mots est porté par des acteurs au sommet, qui méritent tous les dithyrambes. (Théâtre des Bouffes Parisiens- Paris).
26 oct. 2016
7/10
57
Une distribution alléchante et un thème qui ne l'est pas moins... "Acting", c'est une ode au Théâtre. On y développe un amour sincère des comédiens, tant dans le fond que dans la forme, et on y trouve de belles pépites, phrases ou situations de jeu, dans le registre comique tant que sur la tendresse ou l'émotion. La gorge se serre une seconde, pour se déployer l'instant suivant dans un grand éclat de rire.

Horace, campé par Patrick Bosso, détenu muet ou qui a choisi de l'être, paraît d'abord faire partie du décor. Son personnage est finalement le plus proche de nous, spectateurs, témoin de la relation des deux autres sans pouvoir réellement intervenir, mais dont les ressentis importent.

Kad Merad est parfait dans le rôle de Gepetto, l'apprenti comédien, un rôle qui lui impose de finalement jouer quelqu'un qui ne sait pas jouer. C'est par lui que passent les savoureux clichés des exercices d'acteur, à grands renforts d'humour et de mauvaise foi, mais aussi quelques interrogations sur la culture générale en opposition au divertissement le plus populaire.

Le troisième larron, Robert, alias Niels Arestrup, cultivé, sensible, apporte ses réflexions sur son métier de comédien, de metteur en scène, tranchant avec la naïveté et les lacunes de Gepetto. Il a vécu pour son art, il a tué pour son art, et sa seule façon de payer sa dette à la société, c'est de partager ce qu'il porte en lui.

Au fur et à mesure de l'histoire, le décor, qui est donc une cellule, va sensiblement s'agrandir : une façon bien poétique de nous dire que l'art, ou la passion peut-être, peut élargir nos horizons et notre espace.
Un seul bémol, à mes yeux : l'épilogue brusque, sans porte de sortie, quand on espérait encore le meilleur pour ces personnages si attachants.
23 oct. 2016
6,5/10
42
Ce fut un triomphe.
A la fin, la salle a acclamé les acteurs avec une ferveur incroyable. Néanmoins, quelque soit le début, si la fin est bonne, le public oublie tout, pardonne tout.
En effet, il n'y avait peut être pas de meilleure fin. Mais un meilleur début aurait certainement pu être trouvé. Il est difficile de rentrer dans la pièce, même si la mise en scène est très intelligente (et retravaillée chaque jour).

Le texte est correct, irréel, mais vraisemblable. Les ellipses ne sont peut être pas assez nombreuses. Il serait bon de véritablement assister à la naissance d'un comédien. On commence à s'ennuyer un peu avant l'acte final.
Niels Arestrup joue à la perfection comme d'habitude. Kad Merad, n'est pas du tout cabot, et sait rester juste. Quant à Patrick Bosso, il tient son rôle à merveille.

Il ne faut pas espérer rire à gorge déployée. Mais simplement et humblement assister à la naissance de l'acting. C'est un spectacle pour les amateurs "d'acteurs".
17 oct. 2016
3,5/10
47
C'est consternant et terriblement inquiétant !
J'ai vu la pièce après en avoir entendu des éloges. J'imaginais en outre que la présence de Niels Arestrup en garantirait un peu la qualité.
Quelle déception : un texte plat, facile, sans nuance, vulgaire parfois, on sourit un peu pour passer le temps, on s'ennuie beaucoup.
Et pourtant il y avait de quoi dire et de quoi faire, de la vraie matière, le sujet est excitant, fascinant et terriblement actuel. Ces mêmes acteurs n'en sont-ils pas les meilleurs témoins ?
On aurait presque un peu honte pour eux.
Et maintenant, un concert de louanges (Yann Moix, Ruquier...) !!!
Niels reveille-toi, ils sont devenus fous.
Mais, toi aussi, tu as succombé aux sirènes du commercial.
16 oct. 2016
4/10
42
Précisons d'emblée que je ne dois clairement pas être le public visé car si ce spectacle ne m'a pas plu, des gens dans la salle riaient de bon cœur et ont généreusement applaudi les artistes.

S’il y a d’ailleurs quelque chose à sauver dans cette pièce, ce sont bien les acteurs. On n’en doutait pas, Kad Merad est très bon dans son rôle de clown benêt. On y croit moins quand il essaye d’être soudainement plus profond mais la faute revient plus au scénario que j’aurais à cœur de critiquer plus tard. Niels Arestrup récite ses gammes de manière convaincante même si là encore, un tel acteur mériterait un meilleur rôle. Mais la belle surprise fut Patrick Bosso, dont je redoutais les apparitions, d’une grande justesse dans ce rôle muet, ce qui ne l’empêche pas d’avoir une présence et un intérêt.

Si vous comptiez voir la pièce, arrêtez-vous là, le reste sera moins tendre. Tout d’abord je n’ai pas ri, toute juste souri. Les blagues sont d’une facilité, d’une évidence et d’une vulgarité gratuites tout juste digne de l’humour Canal+ made in Bolloré. Si l’on s’offusque des nouilles dans le caleçon chez Hanouna, pourquoi devrait-on rire d’une perruque de spaghettis affublée à Kad Gepetto Merad avant de finir à poil cinq minutes plus tard.

Ce n’est pas tant le caractère éculé de ce dernier gag qui m’embête mais plutôt ce qui suit à savoir le fait que cette tenue d’Adam donne à cet idiot, qui ne souhaite devenir un acteur pour « niquer des nanas », une soudaine et fulgurante inspiration au point de vouloir mourir plutôt que d’arrêter de jouer. On pense alors avoir atteint le degré zéro en matière de subtilité mais c’est sans compter la très gênante scène finale où on voit que Xavier Durringer a voulu donner une dimension dramatique et profonde à cette comédie mais y va avec de si gros sabots, surement pour être compris d’un public populaire, que non, comme pour l’ensemble de la pièce, je n’ai clairement pas accroché.
13 oct. 2016
9/10
35
L’intrigue se déroule dans le huis-clos intense et prenant de trois personnages emprisonnés. Gepetto et Horace voient arriver dans leur cellule Robert, comédien et metteur en scène, venant d'être condamné à 18 ans fermes pour meurtre. Ils vont partager leur cellule et peu à peu partageront des brides de vies, entre retenues et confidences. Pour tromper le temps et oublier l’ennui, l'emprisonnement et ses empêchements, Gepetto demande à Robert de lui apprendre le métier de comédien. Il accepte. Ils vont alors tous les deux, comme des fauves en cage, se livrer avec passion dans cette aventure, sous l’œil attentif d'Horace.

Les situations s’enchainent avec fluidité. Les répliques portent l’intrigue avec adresse, permettant des jeux savoureux, rieurs ou tristes, allant chercher quand il le faut dans la profondeur des émotions. Abordé avec humour et légèreté le texte soigne aussi les scènes de tension et les contours des personnages trempés et complémentaires. Des pointes caustiques parsèment les séquences chargées d’affects. L’auteur construit une mise en scène qui n’encombre pas l'attention, centrée sur le texte avec la précision nécessaire pour mettre en valeur les jeux.

Belle idée que de raconter ainsi le sort de trois hommes privés de liberté qui trouvent dans l'amour du théâtre une libération de leurs imaginaires, de leurs mémoires et de leurs désirs. Xavier Durringer situe la pièce dans ce contexte clos où tout est possible. Une tragi-comédie sur le faux-semblant, l’être et le paraître, le paradoxe du mensonge et de la vérité. Sur le métier d’acteur en somme.

Les comédiens sont très bons. Kad Merad fait rire mais pas que. Il joue avec finesse le rôle de l'élève-comédien, sans lourdeur ni surjeu. Patrick Bosso étonne dans son rôle muet de tiers, pas simple du tout à jouer. Il le rend sympathique et chaleureux.

Niels Arestrup en professeur de théâtre brille comme nous nous y attendions. Un très grand comédien dans un rôle de comédien ! Délicate entreprise certes, mais il maîtrise son art avec la facilité des grands. On oublie qu'il joue, tant sa puissance de jeu est époustouflante. Il nous cueille en nous montrant un personnage qui aime le théâtre plus que sa vie, avec la poésie de sa tendresse et l'animalité de sa passion. Un comédien rare et éblouissant.

Une pièce très bien jouée, traversée d'émotions multiples, se révélant une agréable surprise. Un propos et des scènes sur l'art de l'acteur réussis. n spectacle saisissant et passionnant.
10 oct. 2016
5,5/10
38
Acting avec Kad Merad et Niels Arestrup m'a un peu ennuyée.

L'histoire est originale et le texte passable même si le tout manque de rythme et de dynamisme.
Quelques petits gags un peu vulgaires mais dans l'ensemble ça reste convenable.

La mise en scène est bien pensée et l'idée des trois lits superposés tout en hauteur est bienvenue.
Le gros bémol pour moi a été dans le jeu des acteurs. Kad Merad est pas mal en escroc benêt mais Niels Arestrup est un cauchemar, il en fait beaucoup trop et n'arrête pas de taper des mains sur la table, contre lui... On entend et on ne voit plus que ça.
7 oct. 2016
9/10
30
J'ai été voir cette pièce samedi soir.
Et... J'ai adoré...
J'adore le théâtre. J'y vais au moins deux fois par mois.
Et cette pièce fait partie de mes préférées.
Merci Niels Arestrup vous êtes définitivement un acteur sublime. A chaque mot que vous prononcez je suis aux anges...
Merci Kad Merad vous avez le rôle du "clown" et vous êtes magnifique.
Merci Patrick Bosso vous avez sûrement le rôle le plus difficile et vous captez toute notre attention.
Enfin et surtout... Merci le théâtre. J'ai vécu un beau moment...
5 oct. 2016
4,5/10
38
Qu'est-il arrivé ? Pourquoi ?

Xavier Durringer, Niels Arestrup, Kad Merad, Edouard Montoute collectivement envoûtés et tirés vers le bas. Je n'y pensais même pas.

Cette pièce ne pouvait être qu'une réussite. Et pourtant... Incompréhensible. D'ailleurs je n'ai pas compris, ça rassure.
3 oct. 2016
6/10
51
Mes attentes étaient fortes, elles ont été un peu déçues.

En effet, se retrouver en mode huis clos dans une cellule de prison avec 3 détenus, ça promettait des tensions, des émotions mais on est loin de ça. On y retrouve un Patrick Bosso, certes un peu inquiètant mais totalement silencieux, un Kad Merad en mode beauf : simplet et premier degré et Niels Arestrup tout en opposition à Kad : tourmenté, sensible, puissant.

L'histoire n'est pas vraiment crédible mais on est au théâtre, ça ne me dérange pas plus que ça. Ce qui ne va pas c'est le mix entre les trois protagonistes. Kad Merad devient vite énervant avec les gags systématiques lors de son apprentissage du métier de comédien : c'est compliqué de faire le clown, il excelle dans ce job mais en permanence c'est lourd. Patrick Bosso ne sert à rien ou presque. On enchaine les scènes en se demandant quelle va être la prochaine phrase qui va gâcher l'enseignement de son maitre.

Tout ça pour ça... C'est un peu gâcher l'immense talent de Niels Arestrup, je suis d'accord avec Mordue de théâtre.
2 oct. 2016
8,5/10
305
Car le théâtre c'est avant tout une convention, cette histoire bien que peu réaliste est terriblement théâtrale.

Et ce huit clos entre trois hommes différents enfermés dans une même cellule avec un temps infini qui se déroule devant eux et finira par les unir, est une occasion magnifique de parler de manière accessible et sincère du "métier" d'acteur. Quand monsieur tout le monde rencontre un idole, un acteur. Et toutes les questions et stéréotypes habituels sont ici déballés, ça sent le vécu, on s'y retourne forcément. Même si des fragilités subsistent tout au long de la pièce, j'ai aimé ce numéro d'équilibriste entre un théâtre privé accessible aux répliques et aux sketchs et têtes d'affiche attendus et l'écriture plus ciselée et profonde, d'un scéno mentale d'un théâtre public pour amateurs. Cette frontière est ténue et souvent idiote mais là, elle est le sujet même de l'histoire : quelle place à la culture dans notre quotidien aujourd'hui.
Quant aux acteurs, même si Kad Merad est enfermé dans son rôle de beauf sympathique dans lequel il excelle, la présence silencieuse de Bosso est inquiétante, quant à celle de Niels Arelstrup, elle est grandiose, vivace, puissante et fragile à la fois. De grands moments de théâtre se profilent alors en toute simplicité, sans la grandiloquence pédante du Théâtre de créateurs, des moments où ceux qui seront venus pour voir les vedettes et ceux qui écument les salles de spectacle se retrouvent et sourient ou s'émeuvent ensemble. Et la leçon de théâtre de Niels est magistrale, et la réponse de Kad pas si évidente que ça (faire le guignol n'est pas choses aisée quoiqu'on en pense). Et le théâtre dans tout ça, il est reçoit un ode en prose inattendue. Et ça fait du bien !
1 oct. 2016
5,5/10
339
La vie d’un spectateur peut être séparée en deux périodes : avant d’avoir vu Niels Arestrup sur scène, et après. L’envie de revoir cet acteur, ce monstre sacré de la scène, ne m’a pas quitté depuis l’extraordinaire Diplomatie de Cyril Gély, montée à la Madeleine il y a quelques saisons. Lorsqu’il monte sur scène, une autre dimension s’ouvre, quel que soit le spectacle dans lequel il joue. Il le prouve à nouveau ce soir : même avec ce texte non abouti, Arestrup reste un monstre.

On devine le sujet de la pièce grâce au titre : l’acteur sera au centre de tous les regards. Tout commence quand un nouvel homme débarque dans la cellule de Horace et Gepetto : Robert vient de prendre 18 ans fermes. Il est comédien et metteur en scène, méprise les séries télés auxquelles sont accros ses deux compagnons de cellule, ne jure que par Shakespeare, Racine, Corneille, Molière, Marivaux… « des gens morts » comme dirait Gepetto. Ce dernier, impressionné par les histoires de Robert, lui demande de lui apprendre le métier : il y voit les paillettes et la gloire. Devant le vide qui s’étale sur son avenir, Robert accepte et tente de lui apprendre ce qu’il sait, malgré les difficultés visibles de son élève.

C’est une histoire un peu invraisemblable, et c’est la principale explication de l’échec de ce spectacle. En effet, on sent que l’auteur voulait écrire autour du métier d’acteur, de sa difficulté, de son errance, de son enfermement, et de sa solitude. On sent parfois poindre une idée plus poussée, un sentiment amer. Mais, probablement par peur d’ennuyer le grand public venu découvrir Kad Merad sur scène, il n’a pu s’empêcher d’ajouter des scènes grotesques, où l’acteur est uniquement là pour faire rire : on commence alors à enchaîner les sketchs, et le spectacle n’avance pas… Impossible de comprendre où l’auteur veut nous mener. Il y a deux spectacles en un : un essai sur l’acteur, et des clowneries.

Or bien vite, les clowneries de Kad Merad usent : certes, il sait nous faire rire. Néanmoins, il est en face du monstre Arestrup, qui saurait nous convaincre quel que soit son rôle. Et ici, malgré cette partition timide, il réussit à faire passer une certaine âpreté. Finalement, une fois cette écriture décevante acceptée, on se retrouve face à une Masterclass dirigée par Niels Arestrup, lors de laquelle il fait travailler Kad Merad. Le maître est brutal, sanguin, sensible, incroyable ; l’élève, dissipé, simple, ne semblant pas capable de progresser. Bien vite, on aimerait simplement un numéro Arestrup. Un numéro comme celui des 40 dernières secondes du spectacle, où nous sommes juste suspendus aux lèvres d’Arestrup. Dommage que les 1h40 qui les précède soient si brouillonnes.

Revoir Arestrup reste un grand bonheur, mais on aimerait tellement le voir dans une grande pièce… Quelque part, on gâche un peu son immense talent.