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You You

You You
  • Studio Hébertot
  • 78bis, boulevard des Batignolles
  • 75017 Paris
  • Rome (l.2)
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1983. Paris. Une femme venue d’ailleurs fait un discours de remerciements lors de son départ en retraite devant les employés de son entreprise.

Un récit naïf et tendre qui nous mène du rire à l’émotion.

​Née le jour de la création de la Yougoslavie, symbole de l’espérance d’une nouvelle Europe, You-You se voit forcée de la quitter pour la France, pays sur lequel elle porte un regard d’amour et d’espoir.

Cet idéalisme résistera-t’il à la réalité ? Jovan Atchine, lui-même de double culture franco-yougoslave, dresse un portrait sensible et émouvant de cette femme brinqueballée par la vie mais pleine de courage et d’humanité.

 

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28 oct. 2017
6/10
5 0
Nous sommes dans un atelier de couture le soir où Charlotte (Mina Poe) fête son départ à la retraite avec les employés de l’entreprise dans laquelle elle a travaillé toute sa vie. Comme c'est la coutume elle a écrit un discours qui reprend les principales étapes de sa vie. Elle le lit de sa voix à l'accent charmant, en remontant à son enfance au bord du Danube.

Cette femme est née le jour de la création de la Yougoslavie, symbole de l’espérance d’une nouvelle Europe, d'où son prénom, Yougoslava, qui lui vaudra le surnom de You-You.

You-you a été écrite en 1983 par Jovan Atchine, qui est né à Belgrade, la ville blanche, en 1941, de mère française et de père serbe. Il y raconte le parcours d’une femme courageuse dans l’Europe et la France de la deuxième partie du vingtième siècle, avec une parole libérée, pleine de joie, d’humour, d’espoir, de tendresse et d’humanité.

Le texte a été adapté au théâtre pour la première fois en 1993 par Philippe Adrien au Petit Théâtre de l’Odéon. Mina Poe interprétait déjà le rôle de You-You il y a vingt-cinq ans. La comédienne semble encore si jeune aujourd'hui que je ne suis pas parvenue à l'imaginer au bout de sa vie professionnelle. La pièce a beau être une fantaisie, théoriquement facile à suivre, malgré les multiples digressions, je ne suis pas entrée dans le sujet. Je n'aurais pas dû enchainer les spectacles tout au long de l'après-midi et de la soirée.

Me voilà fort dépourvue au moment d'écrire cette chronique. J'ai bien compris que Jovan Atchine livre une peinture douce-amère, faussement naïve, et pleine d’humanité, d’une femme de courage et de sacrifices confrontée aux évènements de son siècle.

On devine les enjeux du texte qui continue à toucher par son actualité puisque des guerres éclatent encore aux quatre coins du monde et des hommes et des femmes sont forcés à l’exil. C'est un thème récurrent, qui est aussi au coeur de E-passeurs.com de Sedef Ecer dont je parlerai bientôt.

You-You dégage un optimisme forcené dont je me suis demandé s'il était réel ou factice. Elle donne souvent comme explication aux évènements que tout s’est toujours passé comme il a voulu, laissant entendre qu'elle n'a peut-être pas maitrisé son destin comme elle l'aurait souhaité. Le "il" est le patron, mais bien plus encore. L'implication de You-You dans la vie de l'entreprise est si absolue qu'on ne peut croire que la retraite sera un moment de paix : ... chaque succès de l’entreprise était un succès pour moi, et je ressentais ses difficultés comme des ennuis personnels...

On rit souvent au cours de la soirée mais sans parvenir à le faire de bon coeur. Le personnage est touchant mais il y a un je ne sais quoi qui manque ... ou qui est en trop, qui fait qu'on n'y croit pas assez alors que le doute, pourtant, n'est pas possible. Etrange impression.
9/10
2 0
Un monologue théâtral souriant à la vie, qui ne se prive de la montrer telle qu’elle peut être toutefois. Piquée de privations, de peurs et de frustrations mais aussi, et nous le verrons vite, piquante d’espérances et de plaisirs.

Une femme élégante et belle, au sourire radieux qui sait cacher les blessures et les rancœurs, vient devant nous pour remercier du tailleur jaune reçu en cadeau.

Qui est-elle, cette femme d’ici ou bien d’ailleurs. Cette dame qui, à son pot de départ à la retraite va révéler, au-delà des remerciements, ce que fut sa vie dans l’entreprise et dans son histoire personnelle ?

Femme d’ici ou bien d’ailleurs, You You on t’appelle. Comment distinguer laquelle tu veux nous montrer, laquelle tu es vraiment. Entre l’émigrée yougoslave venue en 1945 à Paris, meurtrie et soumise à la débrouille au péril de sa dignité et la jeune femme sortie de l’ombre à la force de son courage, de sa joie de vivre et du désir ardent de réussir sa vie ?

Qui que tu sois, tu nous parles de tes combats et de tes victoires pour ton intégration. Tu nous touches, tu nous fais rire et sourire, parfois pour ne pas pleurer avec toi.

Le canevas dramaturgique de l’auteur franco-serbe Jovan Atchine pose tout d'abord le cadre formel du discours de You You devant ses collègues. Face au public, les papiers à la main, You You implique les spectateurs par le truchement de l’adresse frontale qui fait de nous les interlocuteurs silencieux de ses propos.

Très vite le cadre échappe à sa rigueur. You you baisse ses papiers comme d’autre baisse la garde. Elle dit alors des paroles vraies. Celles de ses renoncements, de ses observations candides mais acérées. Celles qui énoncent la vérité sur l’expatriation forcée. Celles qui dénoncent le sort réservé aux immigré·es, émigré·es, malgré leur désir et leur volonté.

Le texte construit un va-et-vient adroit et efficace entre le discours de la future retraitée et les digressions nombreuses, copieuses et savoureuses de You You l’émigrée, la femme, l’amante, la mère.

Le témoignage sur le départ nécessaire et douloureux de tous ceux qui comme cette jeune femme de 1945 ont dû fuir la République fédérative socialiste de Yougoslavie créée par la dictature communiste, ne nous laisse pas indemne. Le sentiment de révolte sourde en nous. Le désespoir de ces familles entières parties chercher ailleurs la liberté, au plus loin de leurs racines, ne peut que nous concerner et fait écho encore aujourd’hui.

Ce monologue vibrant, aux allures de confidence, de confession et de délivrance, se fait proche, alerte et joyeux finalement tant You You porte en elle tous les atouts de la résilience qui fait d’elle une femme libre et qui n’oublie pas.

La mise en scène d’Élodie Chanut joue des couleurs et de la suggestion en nourrissant le texte de séquences où Hier et Aujourd’hui voisinent. Le passé surgit de la mémoire comme l’ombre joue avec la lumière. C’est à la fois velouté et franc, onirique et réaliste.

La comédienne Mina Poe nous ravit, dans tous les sens du terme. Elle nous subjugue de bout en bout. Elle fait passer les émotions pour que nous les fassions nôtres, avec simplicité, adresse et une fine délicatesse.

Oui « le Danube n’est pas bleu, il est beau » (sous-titre du spectacle). Il charrie tant de choses. Des souvenirs bons ou mauvais. Du désespoir et des espérances. Des désirs d’idéal et des consciences averties. Comme ce spectacle, « le Danube n’est pas bleu, il est beau et nécessaire ». À voir sans hésiter.
20 sept. 2017
7/10
6 0
You-You fait un discours le jour de son départ à la retraite d'une entreprise de confection où elle a travaillé toute sa vie. Au mileiu de son discours de remerciement, elle se souvient de son parcours. Pour You-You, née le jour de la création de la Yougoslavie, la France est devenue sa mère d'adoption après son exil forcé pour échapper à la convoitise des russes dans son pays.

C'est donc l'histoire d'une immigrée en France qui retrouve d'autres exilés. C'est un parcours pas franchement simple mais sur lequel la comédienne se penche avec douceur et tendresse.

La comédienne est très bien, j'ai beaucoup aimé la mise en scène avec les mannequins qui représentent des personnes qu'elle a cotoyé. L'utilisation de l'écran dans le fond est sympathique.

Mais en dépit de tous ces points positifs, je n'ai pas été touchée par la pièce, je m'attendais à autre chose. Je n'ai pas aimé la naïveté du discours.

Dernier point : la salle n'était même pas remplie à la moitié et ça me fait mal au coeur.
17 sept. 2017
9/10
3 0
Une piece émouvante, une mise en scène d'une délicatesse rare et une interprétation sensible.
Je vous conseille cette pièce. You You est une femme à découvrir.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor