Votre maman

Votre maman
De Jean Claude Grumberg
Mis en scène par Wally Bajeux
  • Studio Hébertot
  • 78bis, boulevard des Batignolles
  • 75017 Paris
  • Rome (l.2)
Itinéraire
À l'affiche du :
27 septembre 2022 au 21 décembre 2022
Jours et horaires
Ajoutez la pièce à votre agenda en sélectionnant une date. Attention, vos espions pourraient l'apprendre !
l m m j v s d
Achat de Tickets

Une maman qui défend l'entrée de sa chambre à coups de parapluie, un fils débordant d'amour qui défend sa maman, un directeur au bord de la crise de nerf qui défend les lois de l'établissement pour lequel il travaille. Une drôle d'histoire au sein d'une maison médicalisée, dont il devient impossible de démêler le vrai du faux.

Jusqu’à en bouleverser le cours des choses…

3

Comment parler d'Alzheimer, de la vieillesse, de la mémoire, sans plomber le moral ? La réponse est dans "Votre maman", ici, l'humour désamorce toute la douleur d'un fils confronté aux oublis de sa "maman".

Une histoire simple et universelle.

 

 

 

Note rapide
8,5/10
pour 2 notes et 2 critiques
0 critique
Note de 1 à 3
0%
0 critique
Note de 4 à 7
0%
2 critiques
Note de 8 à 10
100%
Toutes les critiques
20 oct. 2022
8/10
2
Pièce émouvante qui nous fait parfois sourire et qui est d’une actualité brulante.

Nous sommes en plein dans le débat de la prise en charge de la dépendance due au grand âge. C’est l’histoire de trois mondes qui tentent de communiquer et qui n'y parviennent pas.

Colette Louvois incarne la mère capricieuse et malicieuse, à l’esprit vachard, atteinte de la maladie d'Alzheimer, qui veut bien se souvenir de ce qu’elle veut. Elle ne se souvient pas qui est son fils mais se remémore les heures sombres de la guerre.
Marc Duret est émouvant dans le rôle du fils attentionné et aimant.
Jean-Paul Comart est parfait en directeur de l'EHPAD insensible à la fin de vie de ses pensionnaires.
9/10
2
Wally Valerina Bajeux s’empare de cette pièce prégnante de Grumberg en l’entourant d’une forme de précaution à l’égard du public pour que l’impact et effets du texte soient reçus pour ce qu’ils sont : une vérité intrusive et cruelle certes mais avant tout une évocation qui ne se veut pas crue, juste présente et implacable. Comme un poème réaliste que la fiction honore, laissant l’imaginaire prendre sa place dans la narration.

« Un fils et un directeur de maison médicalisée s’affrontent autour du personnage central de la maman. Tandis qu’entre le rire et l’oubli elle rassemble les souvenirs de sa mémoire éparpillés par un traumatisme d’enfance, la maman recrée une drôle d’histoire dont il devient impossible de démêler le vrai du faux. Jusqu’à en bouleverser le cours des choses … »

Un magnifique chant du cygne que ces dernières rencontres entre une mère et son fils, dans une maison médicalisée. L’émotion est à fleur de peau et le sourire vient souvent dessiner les lèvres qui s’entrouvrent alors pour laisser s’échapper les rires, sans doute pour ne pas pleurer.

« Votre maman ! » dit le directeur de l’établissement en interpellant le fils, à cinq reprises. Pour se plaindre des faits ou des propos de la mère comme des adultes pourraient le faire dans un square de quartier où les enfants jouent, crient et chahutent. Les cinq tableaux vont nous permettre de découvrir progressivement au travers de ses réactions, l’écoute attentive du fils pour sa mère, la défense de sa dignité, sa prise en charge comme une femme et non comme une enfant. S’opposant aux ridicules demandes de réprimandes attendues par un directeur dépassé, débordé, juste incompétent, le fils ne fera que démontrer par son attitude ce que bienveillance et bientraitance veulent dire. Il ne montrera pas seulement son attachement aux valeurs humanistes qui relèvent de l’ordinaire mais aussi son amour et un respect profond, une volonté d’accompagner la fin de vie avec affection, patience et attention.
Aussi quand le directeur lui dira : « Votre maman ! Elle est partie mais ne vous inquiétez pas nous la cherchons, les gendarmes aussi, ils ont des chiens »…

NON !... Il ne veut pas, il ne peut pas. Les gendarmes, le bruit des bottes, le bruit des chiens… Réminiscences, l’enfance, mémoire collective, conscience commune, plaie ouverte, peur sourde…

Bien sûr, la « Maman » n’est pas en état de lucidité, prisonnière d’un passé dont on ne sait pas bien s’il se conjugue au présent ou à l’imparfait du souvenir. Bien sûr… Mais entendre les gendarmes, le bruit des bottes, le bruit des chiens...

La pièce de Jean-Claude Grumberg livre une nouvelle fois un récit où l’émotion, la dignité et la dérision se conjuguent et font bloc comme pour faire reculer le plus loin possible les attaques mortifères de la pulsion de mort au calme latent, prête à bondir, à revenir de l’oubli. Rires et larmes se cachent comme des fantômes dans les ombres des mots et des situations dont nous ne voyons que les résultats sortis du texte par le jeu des comédiens. À noter l’impressionnante interprétation de Marc F. Duret dans le rôle du fils toute en finesse et nuances, aux côtés de Jean-Paul Comart (le directeur) et Colette Louvois (la mère).

La mise en scène de Wally Valerina Bajeux n’encombre pas le texte mais l’enveloppe d’un halo protecteur et velouté, lui donnant des apparences oniriques comme pour nous préserver de l’âpreté et de la dureté de son énonciation. Jusqu’à matérialiser un quatrième mur d’un fin voile permanent pour ne pas nous brusquer tout à fait peut-être, pour nous laisser maitres de filtrer ce que nous recevons. Et paradoxalement, l’ensemble est truffé d’un esprit espiègle quasi burlesque par moments. Toujours cette prévention d’atours bienveillants pour le regard et l’écoute.

Un texte fort et émouvant. Une mise en vie audacieuse et singulière. Un spectacle réussi.
Afficher le commentaire
Votre critique endiablée
Nos visiteurs sont impatients de vous lire ! Si vous êtes l'auteur, le metteur en scène, un acteur ou un proche de l'équipe de la pièce, écrivez plutôt votre avis sur les sites de vente de billets. Ils seront ravis de le mettre en avant.
Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor