Vivipares, posthume

Vivipares, posthume
De Céline Champinot
Avec Adrienne Winling
  • Adrienne Winling
  • Sabine Moindrot
  • Elise Marie
  • Maëva Husband
  • Louise Belmas
  • Théâtre de la Bastille
  • 76, rue de la Roquette
  • 75011 Paris
  • Voltaire (l.9)
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Cinq actrices réunies par la force des choses car il n'y aurait pas d'autres acteurs que celles-ci pour en finir avec le mythe d'Oedipe.

Au beau milieu de l'anthropo(s)cène, dans le sous-sol d'un pavillon individuel de la banlieue de Bourg en Bresse, à la frontière de territoires ruraux et urbains, vivent cinq jeunes de sexe féminin, au genre indéterminé, aux préférences sexuelles illimitées, aux mâchoires insurgées, à la langue théâtrale furieuse et amorale.

 

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7 oct. 2016
8/10
76 0
Cette pièce est folle.

Au tout début il y a un semblant de cohérence et puis ça part dans le grand n’importe quoi, sur le mode enfantin « on dirait que tu serais Bukowski et moi je serais Judy Garland et on partirait en Norvège » à cela une autre ajoute, « et moi je serais David Bowie mais je serai romancier raté » une troisième entre dans le jeu « moi je serais l’enfant lourdement handicapé de David Bowie mais à la fin je serai le chien ressuscité, seul survivant de l’arche de Noé » et chacune d’ajouter un personnage et une situation un peu plus décalée que la précédente ce qui nous permet d’apercevoir sur le plateau le prince Charles, des acteurs de Tchékhov, un enfant acteur, et bien d’autres choses encore digne d’un inventaire à la Prévert (et un barbecue !).

S’en suit une succession de 5 parties mettant en scène ces multiples personnages dans des situations loufoques poussées à l’excès donnant au tout un faux air de Rocky Horror Picture show.

On est désarçonnés, « pas sur comprendre » la signification de ce texte apparemment incohérent, avec un peu de recul on en saisit pourtant le poison délicieux et cinglé, ces situations absurdes et débridées sont un concentré de vies humaines, poussées à leurs paroxysmes qui fait bien ressortir la folie de l’humanité à laquelle nous appartenons et à laquelle nous apportons notre petite pierre quotidienne : consommation, violence, solitude, rêves avortés, catastrophe écologique…

L’auteure, Celine Champinot, nous montre comment notre humanité pourrait être narrée de façon posthume après sa disparition par un texte drôle, bourrée de références théâtrales (coucou JL Lagarce et A Tchekhov) cynique, grinçante et poétique et met le doigt sur un certain nombre de nos angoisses, à ce sujet et entres autres, toute la tirade de fin déroulant le nom d’espèces disparues est assez vertigineuse.

Lâchez donc toute rationalité ou cohérence au vestiaire et faites vous embarquer par cette épopée à 10 mains totalement déjantée, interprétée avec rythme, une solide énergie et une drôlerie désinhibée par 5 actrices formidablement douées : votre plaisir sera à ce prix.

Louise Belmas, Maeva Husband, Elise Marie, Sabine Moindrot, Adrienne Winling s’en donnent à cœur joie : et on les sent s’entrainer les unes les autres dans cette fable allumée et néanmoins poétique et grave.

On veut les revoir très vite seules ou en groupe.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor