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Un picasso

Un picasso
  • Studio Hébertot
  • 78bis, boulevard des Batignolles
  • 75017 Paris
  • Rome (l.2)
Itinéraire
Billets de 15,00 à 20,00
À l'affiche du :
22 novembre 2018 au 3 mars 2019
Jours et horaires
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l m m j v s d
    • HORAIRES
    • 17:00
    • 19:00
    • 21:00
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Pendant l'occupation allemande à Paris, une jeune femme convoque Picasso afin qu'il authentifie trois de ses œuvres.

Un propos sur l'art et la politique et leurs places dans la société.

Anne Bouvier est une artiste interprète et metteure en scène.

En 2016 elle reçoit le Molière de la comédienne dans un second rôle pour son rôle dans Le Roi Lear de Shakespeare, mise en scène Jean-Luc Revol.

Elle fait également quelques apparitions au cinéma, avec notamment un rôle dans Maryline de Guillaume Galienne en 2017.

Note rapide
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9 critiques
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Toutes les critiques
20 janv. 2019
8,5/10
2 0
Sympathique petit théâtre intimiste qui rend le huis clos auquel nous assistons encore plus intéressant. Les deux acteurs sont très biens.

Il ne s'agit pas de parler ou de voir les œuvres de Picasso dont il est question mais de se pencher sur l'origine de l'acte créatif. Une dimension ludique est apportée grâce à l'interprétation de l'artiste très caractériel mais sans tomber dans la caricature.

Bref, que ce soit sur l'art ou la période de l'occupation les poncifs sont évités ! Le temps passe très vite et on rentre vite dans le vif du sujet, je recommande fortement, connaisseurs de Picasso ou non.
20 janv. 2019
8/10
4 0
Dès le rideau levé on est pris par l’ambiance sombre et glaciale d’un sous-sol abandonné.

Cette comédie nous fait découvrir l’homme derrière le peintre qui se bat pour sauver ses œuvres. Jean-Pierre Bouvier s’investi totalement dans le personnage qu’il incarne avec une énergie débordante. On découvre un Picasso colérique, égocentrique et imbu de lui-même totalement dénué d’affection pour ses confrères. Sylvia Roux est une attachée culturelle chez qui se cache le feu sous la glace. Elle doit détruire tout ce qui n’est pas dans l’idéologie Nazie et en particulier « l’art dégénéré ». Un propos sur la place de l’art dans la société.

Une captivante joute verbale à ne pas manquer.
17 déc. 2018
9/10
18 0
On distingue un homme assis dans la pénombre d’une cave, il allume une cigarette, qui est-il et que fait-il là ? Il est entouré par des caisses en bois, où l’on devine des cadres de tableaux.

Une femme le rejoint, ce n’est pas un rendez-vous galant, mais l’histoire d’un fabuleux peintre qui devra défendre son œuvre face à l’attachée culturelle du régime nazi. Nous sommes à Paris, c’est l’Occupation. Une exposition privée doit se faire, mais ce sera pour détruire les œuvres « dégénérées ». Picasso s’interpose, il n’a pas beaucoup d’affection pour certains de ses collègues, mais il veut sauver trois autoportraits que lui présente Frau Fisher.

Ce sera le duel, entre un génie arrogant et égocentrique et une femme rigide qui veut elle aussi sauver sa peau. A-t-on de la sympathie pour l’un ou l’autre ? Pas vraiment, mais le sujet est plus vaste que celle de ces deux individus.

Les autodafés du régime nazi, la destruction de tout ce qui n’était pas « l’esprit allemand », Picasso tentera le tout pour le tout, la séduction ? Il connaît parfaitement, ses mots sont cruels envers ses compagnes et ses enfants. Mlle Fischer est victime d’un chantage odieux, mais voue une véritable passion pour l’homme qui est devant elle. Elle sait frapper où il faut, Guernica ? Une œuvre politique, lui s’en défend, il a souffert et pleuré lors de la destruction de ce village basque. Il s’emporte, elle sait l’affronter mais pour combien de temps encore ?

Jean-Pierre Bouvier est un de nos rares comédiens à s’investir totalement dans le personnage qu’il incarne, c’est toujours un bonheur de le voir sur scène. Sylvia Roux c’est la glace et le feu qui couve. La mise en scène de Anne Bouvier est dense, le texte et les répliques ne manquent pas d’humour.

Une belle pièce qui nous interpelle sur la liberté d’expression et de création.
15 déc. 2018
8,5/10
3 0
C'est un formidable duo que Sylvia Roux et Jean-Pierre Bouvier nous offrent sur la scène du Studio Hébertot transformée en une sorte de sous-sol où sont entassés des oeuvres d'art d'une valeur inestimable ... pour nous qui les apprécions.

Mais pour les nazis, à l'époque de la seconde guerre mondiale, beaucoup d'entre elles étaient qualifiées d'art dégénéré et devaient être purement et simplement détruites.

Pas question évidemment de brûler des reproductions. Il est donc important de s'assurer que ce qu'on va détruire sont des oeuvres originales. Et qui mieux que l'artiste qui les a réalisées pour les authentifier ?

Telle est la mission de Mlle Fischer, adjointe au ministère de la culture, d'obtenir de Picasso de déterminer si les trois tableaux (confisqués à des fuyards) destinés à un autodafé sont bel et bien de sa main.

On se doute que ce ne sera pas une simple formalité. D'abord parce que le peintre a un caractère très fort et qu'il n'est pas disposé à obéir. Ensuite parce que la jeune femme n'est pas insensible au charisme de l'artiste et que, même si elle veut rester loyale envers son gouvernement, elle est une amatrice d'art.

On assiste à la rencontre qui par moments prend des allures de corrida. Sans avoir chorégraphié les déplacements, on a souvent cette image qui s'impose, de Picasso en toréador quand il courbe la main pour mimer comment il tracerait les traits du visage de son interlocutrice s'il en faisait le portrait.

Jean-Pierre Bouvier est un Pablo Picasso fascinant qui, sans chercher à le copier le suggère très précisément. Il suffit d'avoir en mémoire un film, une interview, pour être frappé par la puissance de l'évocation. Parfois un léger accent espagnol surgit et renforce l'impression.



Sylvia Roux est à la hauteur de son rôle. A l'inverse de son partenaire, on ne sait pas comment était cette jeune femme (si tant est qu'elle ait existé, en tout cas elle est plausible) et on pourrait croire qu'il était facile de se glisser dans sa peau. Pas du tout. Car il faut avoir un très fort caractère pour contrer un homme comme Picasso. Représenter la philosophie nazi sans se faire détester du public n'était pas une mince affaire. Il était astucieux de la vêtir de rouge. Il y a quelque chose de Carmen dans sa flamboyance.

Le face à face est captivant. Le spectateur a le sentiment que l'histoire s'écrit en direct, devant lui.

Les passionnés de peinture se régaleront tout autant parce que trois tableaux sont décortiqués et on en apprend beaucoup sur les motivations de Picasso à les peindre, de même que son oeuvre majeure de Guernica. Il raconte aussi son amitié avec Apollinaire.

Un Picasso n'est peut-être pas le titre que j'aurais retenu. Une telle qualité aurait mérité le pluriel.
12 déc. 2018
9/10
4 0
Dans un sous-sol, une pièce sombre et enfumée, encombrée de cassons contenant des toiles, côté jardin un drapeau SS.
Dans cette ambiance un peu lugubre et inquiétante, Picasso (Jean-pierre Bouvier) attend Mlle Fischer (Sylvia Roux) attachée culturelle allemande.
Que lui veut-elle ? Picasso s’interroge lui le grand maitre et génie de son temps.
Nous sommes en 1941, l’art moderne nommé art dégénéré est interdit par les nazis, cela va à l’encontre de leurs idéaux.

La demande de Mlle Fischer est simple, Picasso doit authentifier trois de ses œuvres tombées dans les mains de la Gestapo pour figurer dans une exposition.
Après quelques hésitations, Picasso se prête au jeu mais lorsqu’il saisit que cette rétrospective se terminera par un autodafé, sa colère et son opposition sont redoutables.

Avec conviction et acharnement, Picasso va lutter pour sauver ses œuvres des flammes.
Il va s’ensuivre un duel verbal violent, colérique mais aussi entremêle de séduction entre Mlle Fischer soumise aux lois des nazis et Picasso pénétré de son œuvre.
Tout au long de ce combat, Picasso nous conte quelques anecdotes concernant ses œuvres, son parcours et nous découvrirons avec surprise l’autre face de Mlle Fischer…..
Qui est réellement cette femme ?

Le texte de Jeffrey Hatcher nous questionne et nous émeut, combien d’hommes ont été dépouillés, combien œuvres ont été volées et brulées, quel est l’impact de l’art et de son engagement politique ?
« Vous avez fait Guernica, comme preuve de son engagement politique. » Demande Mlle Fischer
« Non c’est vous qui l’avait fait ». Répond Picasso
Cette petite phrase suscite bien des pensées et des réflexions…

Jean Pierre Bouvier est un merveilleux Picasso, imbu de lui-même, colérique, séducteur et ne vivant que pour son œuvre.
Sylvia Roux incarne avec brio cette femme nazie autoritaire et froide qui se dévoile peu à peu….nous serons surpris par sa sensibilité et son amour pour l’art.
Tous deux nous captivent dès le premier instant, et nous transpercent d’émotions.
Très beau moment de théâtre.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor