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Un Obus dans le Cœur

Un Obus dans le Cœur
De Wajdi Mouawad
Mis en scène par Catherine Cohen
Avec Grégori Baquet
  • Grégori Baquet
  • En tournée dans toute la France
Itinéraire
Billets de 12,00 à 25,00
Evénement plus programmé pour le moment
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Un jour, ma mère s'est mise à avoir un visage autre. C'est peut-être ça le début de mon histoire...

Wahab est réveillé en pleine nuit par un coup de téléphone lui apprenant que sa mère, malade d'un cancer, agonise. En s'acheminant vers l'hôpital, Wahab se prépare à dompter la mort, à nouveau, la dernière fois il avait 7 ans.

Tout le mène à ce face à face avec la mort, avec sa peur d'enfant, qu'il doit terrasser pour enfin se libérer. Le chemin de Wahab est un chemin douloureux, où se côtoient l'innocence, la colère, l'incompréhension, la tendresse et aussi l'humour.

"Ma mère meurt, elle meurt, la salope, et elle ne me fera plus chier!".

 

Grégori Baquet a été récompensé Molière de la révélation masculine pour sa prestation dans Un Obus dans le coeur (2014).

 

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La critique de la rédaction : 7.5/10. Une pièce assez triste, dont nous ne sommes pas sortis indemnes.

Seul en scène, Grégori Baquet nous livre un récit poignant. Il nous raconte ce qu’il a ressenti durant les derniers instants de la vie de sa mère, atteinte d’un cancer.

Son Molière de la révélation masculine est bel et bien mérité car son jeu est juste, sincère, touchant.

Face à la mort de sa mère avec laquelle il semblait avoir une relation compliquée, il devient agressif avec ses proches, veut se recueillir dans le silence au lieu de se lamenter. Rire au lieu de pleurer.

Le corps d’une morte « n’est qu’un costume sans vie ». En même temps que lui, nous réfléchissons sur la vie et la mort, notre rapport à l’au-delà, nos peurs et nos doutes.

La mise en lumière et la bande son sont subtils et accentuent nos émotions.

Malgré les quelques longueurs, nous sommes sortis du théâtre conquis. 

Note rapide
8,3/10
11 pour 11 notes et 8 critiques
0 critique
Note de 1 à 3
0%
1 critique
Note de 4 à 7
36%
7 critiques
Note de 8 à 10
64%
Toutes les critiques
26 sept. 2016
9/10
53
J'ai été transportée par la prestation très émouvante de Gregori Bacquet qui porte magnifiquement cette pièce. On est avec lui dans tous ses souvenirs...

La mise en scène par contre m'a quelquefois un peu laissée perplexe.

Un grand bravo à cet acteur que je vais avoir plaisir à suivre.
10 sept. 2016
8,5/10
42
Je suis une fan inconditionnelle du théâtre de Wajdi Mouawad. Surtout de ses premières pièces. Celles qui racontent la guerre, sa guerre : la guerre du Liban. Sa trilogie « Littoral – Incendies – Forêts » constitue une épopée qui a été jouée sur bon nombre de scènes nationales. J’ai découvert cet auteur par la lecture d’Incendies, à l’époque où je cherchais des textes pour ma troupe de théâtre amateur. Quel choc!

Ce thème de la guerre qui était traité dans Incendies, on le retrouve dans ce seul en scène. Les mêmes images d’horreur, les mêmes scènes de cauchemar. Et puis ce thème cher à l’auteur : la mort de la mère. Son absence, son silence, son évanouissement progressif, sa disparition brutale.

Catherine Cohen a choisi Grégori Baquet pour incarner « les démons de Mouawad ». Comme elle a bien fait!
Seul face à nous, pendant une heure et quart, il nous fait vivre cette guerre. Il nous la fait voir, sentir, toucher du doigt. Il nous la balance à la figure et au coeur. Aussi violent qu’une arme de combat.
Il nous balade d’une chambre d’hôpital à un désert libanais, d’un lit de mort à un bus piégé. Il nous fait sourire, rire même, pleurer aussi, mais avant tout réfléchir.

Grégori Baquet est imposant. Un immense comédien, si proche de nous sur cette petite scène des Déchargeurs. Si vous avez l’occasion de passer sur Paris, courez-y ! Sinon, séance de rattrapage en juillet 2015 à Avignon : 12h30 au Théâtre du Balcon…
13 mars 2016
8/10
75
Une pièce portée avec une très grande sensibilité par Gregory Bacquet qui Donne corps aux émotions de Wahab qui va au devant de ses démons d'enfants pour aller affronter la raison de ses tourments.

La mise en scène m'a quelque fois perdue, mais ce spectacle laisse une trace d'envolés émotionnelles qui nous frappent en plein coeur.
Un spectacle d'acteur et d’interprète.
1 oct. 2015
7,5/10
136
Je me suis rendu, avec une grande attente et impatience nourrie par les excellentes critiques et le désir de ma femme, assister à la pièce "Un obus dans le coeur".

J'étais ravi de pouvoir venir assister à une oeuvre poignante, une tragédie qui vous fait tressaillir et vous laisse une trace qui ne s'effacera peut-être jamais.

Une impression mitigée, cette histoire d'un avant qui ne me laissera pas d'après ne m'a pas saisi. Je suis passé à côté.

Le texte est nourri de plusieurs belles figures de styles, mais est parfois brouillon et se perd dans une narration vitesse grand V et une musique parfois trop présente.

Quant à Grégori Baquet il nous montre sur scène un homme attachant et d'une transparence émotionnelle forte. J'aurais plaisir à le découvrir dans une oeuvre dramatique plus poignante et puissante où il pourra se transcender totalement.

Une bonne pièce, abordant un sujet qui demanderait à aller encore plus en profondeur des émotions et de l'âme humaine.
25 sept. 2015
9,5/10
118
Grégori Baquet, révélé au grand public avec la comédie musicale Roméo et Juliette de Gérard Presgurvic (2001) avait surpris tout le monde en remportant en 2014 le Molière de la révélation masculine. Un titre qu’il n’a pourtant pas démérité au regard de sa prestation dans un seul en scène bouleversant et intimiste. Un texte d’une urgence et d’une nécessité plus qu’évidentes.

Alors qu’une voix off débute, des images telles des archives de famille sont projetées en fond de scène. Wahab est sur le plateau, prostré sous la capuche de son sweat, côté jardin. Il s’interroge : « Avant j’étais un enfant, mais quand est-ce que j’ai cessé ? ». C’est alors qu’il raconte son parcours dans la neige après un appel de l’hôpital lui demandant de venir rapidement, sa mère, atteinte d’un cancer, étant en train de vivre ses derniers instants. Il cherche désespérément à savoir quel est le début de son histoire et nous fait revivre ce douloureux moment : depuis le terrible coup de téléphone jusqu’au souffle maternel ultime, Wahab nous entraîne de manière remarquable dans son univers, jusqu’à un passé qu’il croyait enfoui à jamais et nous livre une palette d’émotions très large, passant de la colère à la peur et de l’incompréhension à la tendresse.

Grégori Baquet, avec une excellente diction, raconte dans un débit de parole plutôt soutenu, son processus mental depuis ce fameux coup de fil. Il évolue de manière remarquable devant un rideau blanc. La voix off de son personnage vient renforcer les passages où il évoque ses souvenirs. Il navigue entre passé lointain et narration de son trajet vers l’hôpital avec beaucoup d’aisance. Le simple fait de mettre sa capuche permet aux spectateurs de suivre le fil de son récit d’une fluidité saisissante. Quand il l’enlève, il s’approche de l’avant-scène pour nous livrer son ressenti, ses remarques, ses émotions... Il se souvient de ses sept ans quand il a été confronté à la mort lors d’un attentat kamikaze au Liban, son pays d’origine, alors plongé dans une effroyable guerre civile. Sorti traumatisé et marqué au plus profond de son cœur par la barbarie humaine, il tentera de suivre un cheminement intérieur douloureux pour s’en libérer. Il raconte avec sa mémoire, ses mots de petit garçon : « Il n’y a qu’une peur d’enfant pour terrasser une autre peur d’enfant » dit-il. Et justement cette nouvelle peur est celle de voir s’éteindre sa mère avec qui il a entretenu des relations plutôt difficiles. D’ailleurs il n’est pas tendre dans les mots qu’il emploie pour en parler. Alors le public sourit, tremble, attend avec lui, espère une issue heureuse et la fin de ses affrontements intérieurs. Tandis qu’il revoit la guerre, le cancer, la femme aux membres de bois à l’hôpital, il nous entraîne dans le tourbillon de sa conscience. Wahab décide d’affronter la mort et laisse exploser toute sa colère dans un face à face étonnant au détour d’une scène particulièrement poignante. Et lorsqu’il retrouve la paix, les spectateurs, eux-aussi, ressentent un apaisement salutaire.

Dans un décor minimaliste dont deux chaises soudées ensemble font figure d’élément unique, le texte âpre, et parfois dur, jaillit telle une grenade sous la mise en scène impeccable de Catherine Cohen, renforcée par une utilisation judicieuse des lumières et un usage pertinent, d’une grande intelligence, de vidéos en fond de scène. La scénographie épurée et sobre est parfaitement maîtrisée par Huma Rosentalski qui signe là un travail de haute voltige. Le récit intense et très juste de Grégori Baquet, adapté du roman Visage retrouvé (2002) d’une sincérité troublante, bouleverse nos sens et notre conscience. Il porte au sommet de l’art scénique le texte puissant de Wajdi Mouawad. Maîtrisant de bout en bout sa prestation, il parvient à un monologue percutant sans jamais verser dans le pathos mais en nous prouvant que sous la souffrance se cache, bien souvent, un immense cri d’amour venu du plus profond de son cœur. Le cheminement mental du protagoniste le mènera à accepter les épreuves pour se libérer de ses démons intérieurs et ainsi passer de l’enfance à l’âge adulte. C’est simple, beau et fort. Une extraordinaire performance à ne surtout pas rater.
Votre critique endiablée
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Rire
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor