Un Amour exemplaire

Un Amour exemplaire
De Daniel Pennac, Florence Cestac
Mis en scène par Clara Bauer
Avec Daniel Pennac
  • Daniel Pennac
  • Florence Cestac
  • Théâtre du Rond-Point
  • 2bis, Avenue Franklin D. Roosevelt
  • 75008 Paris
  • Franklin D. Roosevelt (l.1, l.9)
Itinéraire
Billets à 33,00
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Ils sont nés le jour de leur rencontre.

Daniel Pennac, de ses 8 à ses 23 ans, fréquente Jean et Germaine, unis dans un amour pur et désintéressé. Il joue Un amour exemplaire avec la dessinatrice Florence Cestac, qui recrée en direct ce rêve de môme autour d’un amour vrai.

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14%
6 critiques
Note de 8 à 10
86%
Toutes les critiques
16 janv. 2019
8/10
3 0
C’est avec beaucoup de curiosité que j’ai pris ma place pour ce curieux spectacle que proposait dans sa programmation (toujours bien fournie) le théâtre du Rond-Point. Déjà séduite par l’excellent « Chagrin d’école » adapté et interprété au Studio de la Comédie-Française par Laurent Natrella, je me réjouissais de les retrouver ensemble sur scène pour donner vie à la BD de Daniel Pennac et Florence Cestac, « Un amour exemplaire ».

L’histoire est simple : un jeune garçon de huit ans, Daniel Pennac lui-même, rencontre un drôle de couple énamouré et solide pour lequel il se prend d’une passion toute enfantine. Germaine et Jean n’étaient pas destinés à être ensemble mais filent droit dans la vie, oisivement heureux et obstinément fantaisistes. Le garçonnet trouve alors le moyen d’entrer chez eux pour mieux les observer et nous raconte ses découvertes.

Sur le plateau, c’est l’auteur lui-même qui donne le « la ». Tantôt Laurent Natrella et Marie-Elisabeth Cornet incarnent Jean et Germaine lorsque Daniel Pennac leur lance une scène tantôt le récit s’accompagne des croquis réalisés en direct par Florence Cestac, installée de dos. Tantôt encore intervient Pako Ioffredo qui multiplie des petits rôles avec drôlerie et fait rentrer une dimension plus théâtrale dans le récit.

Daniel Pennac semble prendre un plaisir véritable à raconter son histoire à la salle. L’œil et la voix pleins de malice, il est étonnamment à l’aise dans cet exercice scénique. Par moment pourtant, s’installe quelque chose de lent, notamment lors des interludes de dessin où tous sur scène regardent la dessinatrice à l’œuvre. Et le message est là aussi : prendre son temps et ne pas mâcher son plaisir.

C’est une jolie histoire dans laquelle nous nous retrouvons embarqués avec une langueur exquise. Poésie et beauté des choses simples y affleurent. Une madeleine de Proust généreusement partagée avec nous !
Alors ?
Le professeur et écrivain Daniel Pennac est né d'un couple sans enfant. Jean et Germaine ont suscité chez le jeune homme de l'époque ses vocations : transmettre et écrire.

De ses fidèles visites pendant 15 ans, Daniel Pennac leur a rendu hommage, avec le crayon de Florence Cestac, en publiant une bande-dessinée. Cette dernière est adaptée au théâtre par Clara Bauer qui a eu l'idée géniale de faire monter sur les planches les deux auteurs de l'ouvrage. Au croisement des souvenirs relatés, le dessin montre, la musique illustre et les mots participent à la restitution d'un temps révolu. Aujourd'hui, on bassine les mômes avec la lecture, hier on les obligeait à sortir leur nez des bouquins pour aller gambader dehors. Daniel Pennac a été bercé par la lecture à voix haute, de Spirou à Spinoza. Ses yeux pétillent et son sourire enfantin livre avec malice l'histoire de ce couple modeste et improductif qui s'aime d'un amour absolu. Une BD dans une pièce de théâtre, une histoire réelle dans une fiction, les comédiens qui interprètent Jean (Laurent Natrella) et Germaine (Marie-Elisabeth Cornet) se détachent de leur personnage pour mieux écouter la simplicité des mots de Daniel Pennac et admirer le coup de pinceau de Florence Cestac.

Sans oublier l'homme à tout faire (Pako Ioffredo) qui ajoute du burlesque à ce spectacle écrit tout en finesse.
1 nov. 2018
9/10
31 0
Ils se marièrent et n'eurent aucun enfant ! ... Ils n'en avaient pas besoin pour exister !

Lui c'est Jean, il a tout lu de Spirou à Spinoza.
Elle c'est Germaine, qui l'écoute lire pendant des heures.

L'auteur, avec ses yeux d'enfant, nous raconte un amour exemplaire.
Idéalisé, bien sûr, mais qu'importe.

Entrons dans le monde enchanté de Daniel Pennac, où les gens s'aiment pour ce qu'ils sont.
Où l'amour fou peut être calme et serein.

Dans une mise en scène elle aussi enchantée, cette histoire, rythmée par les dessins de Florence Cestac, nous emmène ailleurs, bien loin de notre quotidien.

Nous sommes enveloppés dans une bulle de bonheur, une parenthèse hors du temps, dans laquelle le vrai luxe c'est la simplicité.
30 oct. 2018
7,5/10
13 0
J’étais plutôt enthousiaste lorsque le spectacle a été présenté en juin, sur la scène du Théâtre du Rond-Point. Adapter sur scène une bande-dessinée, c’est un pari qu’avait déjà mené avec brio Maïa Sandoz en montant Zaï Zaï Zaï Zaï avec Paul Moulin, mais l’adaptation était alors purement théâtrale. Ici, on garde un pied dans le dessin, puisque le dispositif inclue la dessinatrice sur scène : en effet, Florence Cestac accompagne l’histoire en dessinant sur des planches projetées en fond de scène. Je n’avais encore jamais vu ça, et ça me plaisait bien.

Un amour exemplaire, c’est l’histoire de Jean et Germaine, un couple que Daniel Pennac a réellement connu et, semble-t-il, un peu accompagné entre ses 8 et ses 23 ans. Un couple comme il en existe peu, vivant presque hors du monde, se fichant des conventions sociales, vivant d’amour, d’eau fraîche et de littérature dans une petite maison reculée. Un couple fascinant, pour le petit Daniel d’alors mais également pour le spectateur, qui aurait sans doute beaucoup à apprendre d’eux.

Les premières minutes m’emballent : le dessin accompagne bien la narration initiale de Daniel Pennac. Mais je ne m’attendais pas à ce que cela dure autant. Si cela fonctionne en guise d’introduction, le dispositif atteint vite ses limites : les dessins de Florence Cestac ralentissent le spectacle. Il faut trouver à meubler. Alors la musique comble ces longs moments. Et puis on « triche » : les planches sont déjà préparées, le dessin n’est plus en live. Évidemment, j’en viens à me poser la question : dans ce cas, la présence de Florence Cestac sur scène est-elle essentielle ? Et le dispositif en lui-même, qu’apporte-t-il, si ce n’est de rappeler que l’oeuvre est adaptée d’une bande-dessinée ?

D’autres interrogations accompagnent ces premiers éclats : pourquoi Daniel Pennac ne lit-il pas son histoire, tout simplement ? Autour de lui, les deux comédiens sont des pantins qui n’ont pas grand chose à jouer – c’est dommage, quand on a demandé à Laurent Natrella de participer ! – et qui sont réduits à utiliser le théâtre dans le théâtre pour augmenter leur partition. C’est dommage. L’histoire peine à avancer, je m’ennuie un peu. Je regarde ma montre ; je sais que le spectacle n’est pas très long, ça me rassure.

Et puis, je ne sais pas, quelque chose prend. Le côté charmant de la chose reprend le dessus. C’est un spectacle qui, à l’image de son histoire, prend son temps. Et ce serait mentir de dire qu’on ne prend pas plaisir à écouter les histoires de Daniel Pennac. Il a l’art de conter, et les personnages qui peu à peu prennent vie sur scène dégagent un bonheur communicatif. Ils ont l’air de planner, moi aussi. L’annonce de leur mort n’a rien de triste. Le temps du spectacle, j’essaie de partager leur vision altruiste de la vie et de l’amour. Je ne sais pas ce qu’il m’en restera, mais tant que je suis ici, avec eux, j’essaie de me débarrasser de mes questions et de profiter de leur compagnie. Finalement, on est bien, ici.

Simple et beau. Parfois un peu lent. Un peu comme la vie.
28 oct. 2018
8/10
32 0
...Ils vécurent heureux et n’eurent jamais d’enfants, voilà ce qu’on pourrait dire de Germaine et Jean. Un couple sans histoires, mais quand on ne rentre pas dans la norme, on est vite catalogué… Le petit Daniel, les a bien connus, lorsqu’il allait chez sa mémé. Grâce à eux il a aimé les livres, les couples d’amoureux, devenu professeur, il enseignait à ses élèves la littérature à travers les couples mythiques !

Clara Bauer a eu une merveilleuse idée, mêler la bande dessinée et le théâtre, Florence Cestac dessine et nous voyons le résultat sur écran, (j’ai récupéré un beau dessin !). Marie-Elisabeth Cornet est l’amoureuse Germaine, petite et blottie contre son Jean, Laurent Natrella lunettes sur le nez comme tout bon lecteur qui se respecte, Daniel Pennac savoure l’histoire qu’il nous raconte, et n’oublions pas Pako Ioffredo, inénarrable « artiste de complément » fort bien employé ici !

Daniel Pennac, c’est un de mes écrivains préférés, « la fée carabine » « au bonheur des ogres » et surtout « chagrin d’école » qui m’a consolée de mes années d’études !

Bref, une heure et quart de pure gaitée et d’émotions à ne pas louper au Rond-Point.
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Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor