The Prisoner

The Prisoner
De Peter Brook, Marie-Hélène Estienne
Mis en scène par Peter Brook, Marie-Hélène Estienne
Avec Carole Karemera
  • Carole Karemera
  • Ery Nzaramba
  • Hiran Abeysekera
  • Théâtre des Bouffes du Nord
  • 37 bis, boulevard de la Chapelle
  • 75010 Paris
Itinéraire
Billets à 34,00
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Un homme est assis, seul, devant une immense prison, dans un paysage désert.
Qui est-il ? Pourquoi est-il assis là devant cette prison ?

Est-ce un choix délibéré ? Est-ce une punition ? Et ceux qui sont à l’intérieur, quels crimes ont-ils commis, eux ? Et comment considèrent-ils cet homme qui leur fait face ? Un fou ? Un fou de Dieu ? Un criminel, lui aussi, comme eux ? Quelle punition pour quel crime ? Quelle justice ? Qui a pris cette décision ? Pourquoi le laisse-t-on ainsi narguer la justice, quand il peut s’enfuir à n’importe quel moment ? Questions pour ceux qui dirigent la prison, et pour tous ceux qui y sont enfermés. Cet homme cherche-t-il une rédemption ? Est ce que des gens viennent le voir ? Est-il là depuis longtemps ?

À travers des ateliers, en France et à l’Etranger, nous allons pénétrer dans la richesse de tous ces thèmes. Et présenter, aux Bouffes du Nord, l’évolution de cette incursion dans cette étonnante fourmilière.

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Toutes les critiques
23 mars 2018
9,5/10
4 0
Le spectacle s’ouvre avec un homme occidental. Est-ce nous ? Est-ce Peter Brook ? Qu’importe. Cet homme, en voyage dans une contrée lointaine qui ne sera jamais décrite précisément, fait la rencontre d’un homme du pays, Ezekiel. Il va lui conter l’histoire de son neveu, Mavuso, qu’il pourra rencontrer dans un désert puisqu’il y reste chaque jour, assis devant une prison, « pour réparer ». Réparer quoi ? La réponse immédiate serait la suivante : réparer le crime indicible qu’il a commis en tuant son père après l’avoir découvert dans le lit de sa soeur. Et pourtant cela ne colle pas… entièrement.

Ma relation avec ce Théâtre est assez particulière. J’ai mis du temps à apprivoiser le lieu. Je me souviens de ma première venue ici, c’était pour un Claudel et j’ai eu peur de cette salle. C’est tellement niais et pourtant tellement vrai ici : le lieu est hanté, il est habité, il porte les marques du temps grâce à des restaurations qui ont pris soin de le laisser en l’état. Il est d’une beauté à couper le souffle et, lorsqu’il est aux mains de Peter Brook, le résultat est simplement époustouflant.

Il est sans aucun doute celui qui connaît le mieux le théâtre. Réunissez le maître de l’épure et son lieu de prédilection et le résultat n’en sera que plus magistral. Sur scène, quelques rochers, quelques buissons. Aucun décor. Ici, le lieu est personnifié. Pour moi qui ai si peu voyagé, ces lumières projetées sur ces murs au rouge si particulier, intense et marqué par le temps, créent un paysage qui ne correspond sans doute à rien dans la réalité mais qui me permet de m’évader loin.

Voilà un spectacle qui pose des questions de manière à la fois simple et poétique. Un spectacle qui aborde la question de la justice et, d’une manière plus globale, la société dans ce qu’elle a de plus normatif. Cette orientation se faire de manière extrêmement naturelle, passionnante, jamais explicative, simplement en racontant une histoire sans prendre parti. Et cette fin. Cette fin. Il y a quelque chose de très humble dans la manière de poser les questions, d’aborder cette histoire, et une véritable authenticité, comme un besoin de prendre du recul face à un propos trop intériorisé pour être compris par une simple introspection. On ressent la nécessité de porter ce sujet sur une scène.

S’il est un scénographe de talent, Peter Brook n’en délaisse pas moins la direction d’acteurs. Exemplaire. Chaque comédien a une aura monstrueuse et amène avec lui une histoire, un passé, une âme qui respire à ses côtés. Ils font partie du décor, littéralement, et dans le bon sens du terme : ils ne s’y adaptent pas, il le forment avec eux. Pas besoin de musique, pas besoin d’artifice : ils créent réellement l’univers autour d’eux, en échangeant des mots simples, des regards profonds, des pensées nécessaires.
20 mars 2018
9/10
11 0
L’épure qu’on retrouve dans nombre de productions de Peter Brook (je suis loin d’être un spécialiste de son théâtre, mais c’est ce que j’ai pu constater ces dernières années avec Battlefield, The Valley of Astonishment ou encore Fragments) est d’une force magistrale. Quatre bouts de bois représentent une cellule et on y croit. Peter Brook sait mettre en valeur ce lieu magique qu’il connait tant, les Bouffes du Nord et à partir de presque rien, nous emporte dans un ailleurs qui ouvre grand notre imagination. Le talent de conteur de Peter Brook et de Marie-Hélène Estienne n’est plus à démontrer, aidés en cela par des acteurs remarquables. Ils arrivent même à me faire croire que ma compréhension de l’anglais n’a jamais disparu puisque je n’ai presque pas eu besoin de regarder les sur-titres.

Pour chipoter, on pourrait dire qu’on a tout de même l’impression d’avoir déjà vu ce spectacle, notamment dans Battlefield. Il n’empêche, c’est toujours un ravissement d’assister à cette simplicité, cet espace, d’être transporté dans ce moment suspendu que représente une pièce de Peter Brook.
9 mars 2018
7/10
3 0
L'artiste iconoclaste, Peter Brook, a monté plus de 100 pièces et n’est pas prêt de s’arrêter de surprendre le spectateur. Après avoir réfléchi à la guerre, à la mort, il explore les possibilités de la rédemption. Pour cela, il a puisé dans des souvenirs d’un voyage en Afghanistan avant l'invasion soviétique en 1979. Un maître soufi lui a raconté qu’il avait suggéré une punition particulière à un meurtrier. Ainsi est née l’histoire d’un prisonnier qui doit subir un châtiment pour le meurtre de son père, incestueux. Il doit rester assis en faisant face à la prison. Et quand il aura pardonner à son père, à sa soeur et à lui-même, il pourra partir. Un long chemin l'attend pour trouver la paix en soi.

La mise en scène est dépouillée. On y voit juste quelques branches et copeaux de bois posé à même le sol. Les murs du théâtre sont pour une fois dans leur dénuement le plus total. Tout cela suffit amplement pour la isser tout le champ de l'émotion à Hiran Abeysekera, Ery Nzaramba, Omar Silva, Kalieaswari Srinivasan et Donald Sumpter. Avec juste le nécessaire de mots, d'échanges et de regards, le spectateur se sent guider à travers les chemins de la jalousie, de la colère et de la rédemption. On reste aux côtés de cet homme qui doit fusionner avec la prison et se sentir enfin libre. Les structures mentales s'effondrent et les barrières tombent. Lorsqu'enfin la prison est détruite, la liberté peut s'offrir. 

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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor