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Tchékhov à la folie

Tchékhov à la folie
De Anton Tchekhov
Mis en scène par Jean-Louis Benoit
Avec Jean-Paul Farré
  • Jean-Paul Farré
  • Manuel Le Lièvre
  • Emeline Bayart
  • Théâtre de Poche Montparnasse
  • 75, boulevard du Montparnasse
  • 75006 Paris
  • Montparnasse (l.4, l.6, l.12, l.13, Trans N)
Itinéraire
Billets à 28,00
À l'affiche du :
30 août 2019 au 17 novembre 2019
Jours et horaires
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l m m j v s d
    • HORAIRES
    • 17:30
    • 21:00
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La Demande en Mariage / L'Ours

Tchékhov disait de ces deux pièces courtes qu’elles étaient des « plaisanteries ». C’est pourtant avec elles qu’il va connaître ses premiers triomphes. Il n’a pas trente ans en 1888 et traverse une des périodes les plus heureuses de sa vie.

Ce Tchékhov-là, joyeux, farceur, féroce humoriste, fait preuve dans ces miniatures pour la scène d’une violence grotesque incomparable.

Que ce soit dans La Demande en mariage ou dans L’Ours, le tumulte, le rythme endiablé, la cocasserie des situations, la folie de ces personnages ahuris et furieux nous emportent loin du Tchékhov « chantre des crépuscules ».

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La critique de la rédaction : 6.5/10. C’était un plaisir de retrouver Tchékhov et les thématiques russes.

Ces deux courtes pièces parlent de dettes, de propriété, de demandes en mariage, d’honneur, de deuil... Tout cela dans un univers paysan typique. Un régal.

D'autant que le décor et les costumes nous mettent bien dans l’ambiance.

Nous avons en revanche eu du mal avec le parti pris de direction des acteurs. Ils crient, exagèrent beaucoup. Certes, cela déclenchait de nombreux rires, mais de notre côté, nous aurions aimé un jeu plus subtil, plus mesuré.

Néanmoins, le texte est beau, les dialogues assez drôles !

Note rapide
7,6/10
16 pour 16 notes et 12 critiques
0 critique
Note de 1 à 3
0%
2 critiques
Note de 4 à 7
31%
10 critiques
Note de 8 à 10
69%
Toutes les critiques
30 juin 2019
7/10
1 0
Les comédiens sont géniaux, Emeline Bayart est impressionnante par sa faculté à faire des grimaces sans en faire trop.

Cependant et c'est subjectif je n'ai pas accroché au texte, ne connaissant pas Tchekov, j'ai eu du mal à rentrer dedans, peut-être à cause de l'exagération et de l’absurdité poussées à l'extrême dans les deux farces. Je suis restée un peu trop spectatrice même si j'ai apprécié le cynisme et l'humour noir qui se dégageaient du texte.
11 mai 2019
9,5/10
2 0
La mise en scène de la Cerisaie de Nicolas Liautard et Magali Nadaud soulignait déjà combien Tchékhov avait le goût de la comédie. Jean-Louis Benoit en fait une démonstration formidable avec ces deux courtes pièces que sont La Demande en mariage et L’Ours, réunies dans un spectacle intitulé et à juste titre Tchékhov à la folie.

Dépêchez-vous de prendre vos places parce que bientôt ce sera complet plusieurs jours à l'avance. C'est furieusement drôle, constamment, et c'est un pur régal que de suivre l'enchainement des répliques dans une construction surréaliste.

Et surtout les trois comédiens sont incroyablement drôles. On espère qu'ils s'amusent autant sur la scène que nous dans la salle.

Tout commence avec des chants d'oiseaux ponctués de quelques cris d'animaux, annonçant un jour qui se lève plein de promesse et sans nul doute joyeux, quelque part dans la campagne. C'est le moment qu'a choisi le beau gosse (Manuel Le Lièvre) pour faire sa demande à son futur beau-père (Jean-Paul Farré). Jusque là tout va bien. Puis à sa désormais promise (Emeline Bayart), excellente maitresse de maison, pas vilaine et surtout instruite. Et c'est là que ça va se gâter dans un déferlement de catastrophes.

Lomov se sent vieux bien qu'il n'ait que 35 ans, un âge, qu'il dit, critique. Il souffre d'un souffle au coeur, de palpitations permanentes, est secoué de tics, et s'avoue impulsif et tout le temps affreusement émotif... Natalia Stépanovna est une force de la nature, s'exprime sans filtre avec un accent puissant qui la rend ... fascinante. Jusqu'à ce que malencontreusement la conversation porte sur la parcelle des Petits prés aux boeufs que l'un et l'autre vont revendiquer avec une détermination farouche (la terre est toujours l'objet d'enjeu dans le théâtre de Tchekhov). Les répliques s'enchaînent dans l'excès ... tout le bazar, comme dirait le paternel, Tchouboukov. Le règlement de comptes sera terrible.

Qu'avons-nous fait ? s'émeut la belle en comprenant sa méprise. Le père persuade le garçon de refaire sa demande mais rebelote, la situation se répète autour d'un autre sujet de discorde, la qualité de Faro, le chien de l'un, qui serait meilleur que Miro, l'animal de l'autre. La situation ne peut que dégénérer une nouvelle fois et rien n'arrêtera le démon de la contradiction. Lomov en mourra et ce n'est pas un verre d'eau qui aurait le pouvoir de le ressusciter.

L'ours présentera une autre situation qui pourrait bien être sans issue, allant jusqu'à se régler dans un duel parce qu'après tout oser défier une femme est une façon de la considérer à l'égal d'un homme. Si l'intrigue est différente on assiste néanmoins à un tourbillon aussi fort que dans la première.

On remarquera à ce propos que Tchékhov renverse les codes. Le maillon fort est la femme alors que l'homme est faible. Lomov est très malade et très mal dans sa peau. Smirnov est au bord du suicide. On peut évidemment pressentir derrière le rire, et comme le souligne le metteur en scène Jean-Louis Benoit, un fond tragique dans ses personnages.

J'ai appris que l'auteur disait de ces deux pièces courtes qu’elles étaient des "plaisanteries" et que ce sont elles qui lui offriront ses premiers triomphes. Ce Tchékhov-là, trentenaire joyeux, farceur, humoriste, mais féroce, fait preuve d’une violence grotesque incomparable. Le rythme soutenu, la puissance de la cocasserie des situations, et la folie de ces personnages ahuris et furieux nous font passer une soirée de pur divertissement, très loin de l'image tragique que la plupart des gens ont de cet auteur.

C'est Jean Haas qui a imaginé le décor, très campagnard, qui pourrait aussi bien situer l'action dans le Berry qu'en Russie, ce qui rend le propos plus proche de nous, même si les noms des personnages ne laissent pas planer de doute. Un vent de folie semble souffler autant sur la scénographie que dans les dialogues mais ... je n'en dirai pas davantage.

Les trois comédiens sont furieusement drôles. Je penserai désormais systématiquement à Manuel Le Lièvre quand je repasserai des sous-vêtements. Emeline Bayart m'avait déjà convaincue dans le film Bécassine ! qu'elle m'avait fait apprécier. Elle jouait il y a encore quelques semaines dans la pièce Fric-Frac pour laquelle elle est nominée aux Molières au titre de révélation féminine. Quant à Jean-Paul Farré on pourrait le croire artiste associé du Poche tant il y est souvent, et pour notre plus grand plaisir. Je me souviens notamment de la finesse de son interprétation dans le spectacle Voltaire / Rousseau en 2017.
6 mai 2019
9/10
18 0
Mariages à la Russe !

Partant comme toujours d'une situation dramatique, Tchékhov la transforme, dans ces deux courtes pièces, en véritable comédie.
C'est parce qu'il fait ressortir les tourments de ses personnages qu'il nous embarque en quelques répliques dans l'absurdité de ces situations.
La farce fonctionne d'autant mieux que les comédiens jouent leur partition de manière extrême ....et ça marche !!

On rit vraiment beaucoup des mésaventures de ces personnages coincés dans des positions aberrantes dont ils sont incapables de s'extraire.

Emeline Bayart, survoltée, joue formidablement de son physique.
Loin de l'image de la femme soumise à laquelle on pourrait s'attendre, elle lamine son premier prétendant avant de succomber in extremis aux charmes du second.
Jean Louis Benoît a eu indéniablement raison de pousser le burlesque à son maximum.

On ne peut être poète sans quelque folie !
25 avr. 2019
10/10
4 0
« Tchékhov à la folie » au théâtre de Poche Montparnasse dans une mise en scène de Jean-Louis Benoît : jamais spectacle n’a aussi bien porté son nom tant le metteur en scène est fou !
Deux pièces en un acte d'Anton Tchekhov traduites par André Markowicz et Françoise Morvan.

Anton Tchekhov est l’auteur incontournable pour tout amateur de théâtre, un fin observateur des ses semblables qui a su si bien décrire la province russe à la fin du 19e siècle.
J’aime son écriture, ses atmosphères, une porte vers le théâtre moderne : « Les trois sœurs », « La cerisaie », ce sont de pures merveilles ou bien encore « Oncle Vania » dans laquelle s’est illustré le regretté Jean-Pierre Marielle ; avec « La mouette » ce sont ses quatre dernières pièces qui ont marqué la scène française et en ont fait un des auteurs les plus connus de la littérature russe.

Mais aujourd’hui ce sont deux farces, deux pièces en un acte qui sont à l’honneur, souvent jouées ensemble, des œuvres de jeunesse (il avait 27-28 ans) : « La demande en mariage » et « L’ours », cette dernière fut la première pièce de Tchekhov à entrer dans le répertoire de la Comédie Française. Deux pièces qui mettent en exergue le thème de l’amour entre propriétaires terriens, avec leurs failles.
« L’ours » joué en deuxième partie mais écrite avant « La demande en mariage » fut celle qui lui donna un commencement de reconnaissance.

L’argument de « La demande en mariage » est très simple : Lomov, un jeune homme de 35 ans (pas si jeune que cela en fait) vient demander la main de sa voisine Natalia. Il est reçu par le père Tchouboukov qui est enthousiaste à cette idée et se presse d’aller chercher sa fille pour qu’il lui fasse sa demande de visu.
Une demande qu’il n’aura jamais l’occasion de formuler, car chacun d’entre eux, querelleurs dans l’âme, ont une idée extrêmement précise sur ce qui leur appartient et sont dans l’impossibilité de se maîtriser pour exprimer leurs arguments. La conversation tourne en pugilat et c’est une explosion…de rire qui nous est servie sur un plateau d’argent !
Natalia entre dans une furie incontrôlée et bazarde tout ce qui lui passe sous la main pour exprimer sa colère devant le refus de Lomov d’admettre qu’il a tort ; un entêtement qui lui donnera quelques frayeurs avec sa fragilité du cœur.
Mais au final un père qui laissera les deux tourtereaux trinquer à l’harmonie de leurs caractères.
La mise en scène de Jean-Louis Benoît est complètement folle, il a gommé le côté « folklorique » que l’on connaît d’habitude dans les interprétations des œuvres de Tchekhov pour se concentrer sur le côté humain des personnages, au fond si cher à l’auteur. Il a mis en avant le côté joyeux et farceur que Tchekhov a voulu dépeindre dans ces deux pièces.
Tout est dans le détail de ces propriétaires terriens qui travaillent dans les champs, en plein été, jusqu’à entendre les mouches voler…
Un thème sur l’impossibilité de communiquer, qui a toute sa place aujourd’hui avec les réseaux sociaux qui nous enferment plutôt qu’ils nous ouvrent aux autres.

Et nous poursuivons sans entracte, s’il vous plaît, avec « L’ours ». Une veuve vit recluse dans sa maison depuis sept mois avec son serviteur où l’on entend les oiseaux gazouiller ; vient se présenter à son domicile un propriétaire foncier qui était en affaire avec son défunt mari et qui lui demande d’honorer sa dette. Dans un premier temps, elle refuse de le recevoir mais devant l’insistance de ce dernier, elle cède. Bien mal lui en pris car il refuse de partir tant qu’elle n’aura pas payé la dette. Elle a beau lui expliquer que son régisseur ne reviendra de la ville que le surlendemain, il ne veut rien savoir et s’installe chez elle car il doit rembourser, le jour même, des intérêts à la Banque Agricole Impériale au risque de se voir dépouiller de ses biens
S’ensuit alors une joute verbale explosive mettant encore une fois la colère à l’honneur. Une colère communicative puisque nos deux héros sortiront de cette impasse, dans laquelle ils se sont engouffrés, par un duel aux pistolets.

Deux farces à la férocité indéniable frisant l’absurdité, mais qui ont comme ressort le Rire !

Jean-Louis Benoît a su habilement, avec de belles trouvailles dans sa mise en scène, exploiter la force comique des trois comédiens dans un rythme à couper le souffle, comme dans le tourbillon de l’Amour. Ils sont tous les trois au même niveau, au même diapason, ils ont un sens inné de la comédie. Ils ont la voix puissante mais ne jouent jamais en force, c’est ce qui leur donne une justesse de jeu précis et hilarant. Que cela soit dans les silences ou dans les paroles, ils captent notre attention sans jamais la lâcher.
Un Tchekhov dépoussiéré, effaçant le côté classique pour mettre en avant, dans une vision très animée, la drôlerie des propos de l’auteur.

Jean-Paul Farré avec sa célèbre coiffure ébouriffée, le patriarche, est un illuminé grandiose. Son jeu est d’une gaîté folle, il nous embarque dans ses délires avec gourmandise.

Manuel Le Lièvre dans son jeu discret mais très efficace donne du volume à son interprétation. Qu’il soit avec sa perruque aux cheveux gominés, plaqués ou au naturel, il emporte l’adhésion de tous dans son jeu rompu aux situations comiques.

Mon coup de cœur, pour une comédienne que je découvre, va vers Emeline Bayart. La première fois que j’ai entendu parler d’elle est en faisant la queue pour aller voir « Michel for ever ». Une dame vantait les louanges de son spectacle où elle chante, spectacle qu’elle joue toujours.
Dans ces deux farces elle est volcanique, elle a une force comique remarquable, des attitudes, des expressions, des regards, des mimiques, à se tordre de rire.

Un spectacle incontournable auquel je mets la note de 10/10 ! et c’est rare…
20 avr. 2019
7/10
5 0
Tous les curseurs d'expression sont poussés à fond, mais complètement au service des textes, et pour le plus grand plaisir du public...

Ces situations banales en apparence et truculentes à souhaits, exposent un vrai regard sur l'âme Russe, de l'époque de l'auteur.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor