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Tartuffe

Tartuffe
De Molière
Mis en scène par Luc Bondy
Avec Gilles Cohen
  • Gilles Cohen
  • Pierre Yvon
  • Fred Ulysse
  • Yasmine Nadifi
  • Micha Lescot
  • Yannik Landrein
  • Clotilde Hesme
  • Laurent Grévill
  • Jean-Marie Frin
  • Victoire Du Bois
  • Lorella Cravotta
  • Audrey Fleurot
  • Ateliers Berthier Théâtre de l'Odéon
  • 32, boulevard Berthier
  • 75017 Paris
  • Porte de Clichy ( l.13, RER C)
Itinéraire
Billets de 6,00 à 36,00
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Tartuffe, qui se fait passer pour un homme entièrement dévoué à Dieu, a assis son emprise sur les esprits d’Orgon et de sa mère Madame Pernelle.

Directeur de leurs consciences, prompt à leur donner des leçons qu’il est le dernier à suivre, il se voit promettre par son protecteur la main de sa fille, Marianne, pourtant amoureuse de Valère. Cela n’empêche pas Tartuffe de convoiter en même temps la jeune épouse d’Orgon, ainsi que tous leurs biens.

 
Luc Bondy -décédé fin 2015- a signé l'adaptation d'un Tartuffe en version allemande à Vienne. En France, il avait décidé de placer l'action au XXème siècle.

Il explore les mécanismes intimes, familiaux et sociaux qui rendent possible le succès de l'imposture, tout en nous mettant sous les yeux, entre farce et terreur, le portrait d'un incroyable aveuglement.

Tartuffe est une comédie de Molière en vers en 5 actes, représentée pour la première fois au château de Versailles en 1664.

 

 

 

L'avis de la rédaction : 5/10. Dans un décor laid et austère dont le carrelage omniprésent fait penser à une salle de bain géante, se joue un Molière en vers revisité. Nous redécouvrons ainsi Tartuffe, ce gourou manipulateur sans scrupule profitant de son influence pour détruire, ruiner une famille.

La pièce met beaucoup de temps à démarrer, les premières scènes nous font l'effet d'un puissant somnifère. Mais lorsque le cadre est enfin posé, cela devient un vrai plaisir que d'écouter sonner le texte, ses rimes, ses bons mots, ses répliques bien senties et son humour fin.

Transposée dans une époque bien plus récente que celle du roi Soleil, on assiste à une pièce modernisée avec du bon et du mauvais. On perd le cachet d'un XVIIIème siècle avec ses majestueuses perruques, ses costumes extravagants, ses dorures... mais on s'identifie mieux aux personnages, au Tartuffe ou à l'Orgon que nous avons déjà rencontré. Le comique de situation est mis en exergue par la mise en scène et le contraste entre les époques. Tartuffe, avec ses allures de dandy s'allume une cigarette au beau milieu d'une scène, les "cassettes" au lieu d'être un petit coffre sont des cassettes audio… C’est amusant et complètement décalé.

Au final, nous sommes sortis avec un sentiment mitigé de cette adaptation du chef d’œuvre de Molière.

 

Note rapide
5,4/10
pour 8 notes et 5 critiques
1 critique
Note de 1 à 3
25%
0 critique
Note de 4 à 7
25%
4 critiques
Note de 8 à 10
50%
Toutes les critiques
22 mars 2016
0,5/10
121
À propos de "Tartuffe" repris à l'Odéon / Ateliers Berthier dans la mise en scène de Luc Bondy, en hommage au metteur en scène récemment disparu.

On ne dit pas de mal des morts, mais ce spectacle est une horreur ! Comment un grand homme de théâtre a-t-il pu commettre une lecture d'une telle médiocrité, où l'inculture le dispute à la bêtise et au mépris du public... ou des comédiens embarqués dans cette vandalisation ? Contre toutes les règles, le texte de Molère est non seulement coupé par vers entiers, par tirades entières, mais pire encore, modifié, oui modifié... probablement parce que trop compliqué pour les imbéciles de spectateurs : "vous irez par le coche en sa petite ville" devient "vous irez en voiture dans sa petite ville", des fois que "le coche" soit pris pour une case à cocher sur une grille de loto, tandis que dans la même infortunée tirade de Dorine, "madame la baillive" se transforme en "madame la préfète" et "le bal et la grand'bande" en "un chanteur de province", sans doute pour les gros nuls pas fichus de deviner -au cas où ils l'ignoreraient- que la baillive est une potiche de la bonne société provinciale et la grand'bande un orchestre à danser. Dans le même acharnement contre l'esprit et la lettre de la pièce, le coup de théâtre final est remplacé par un ersatz monocorde où l'exempt royal vient lire un communiqué du "gouvernement" : exit le palpitant jeu de scène où, au lieu d'arrêter Orgon, comme le lui enjoint Tartuffe, l'exempt se retourne vers celui-ci en lui disant "suivez-moi tout à l'heure dans la prison qu'on doit vous donner pour demeure", et exit par la même occasion le mémorable "nous vivons sous un prince ennemi de la fraude", car voyez-vous, "un prince", alors que nous sommes en république, personne ne saisirait... Sommet d'inintelligence, la dernière scène, étirée en longueur et quasi muette, donne à voir la famille attablée devant un poulet rôti et fredonnant "Plaisir d'amour" : on songe, pourquoi pas "Nini peau de chien", ou "La fille du Bédouin" comme dans "Milou en mai" ? Orgon ne dit plus rien, fait mine de porter un toast mais n'arrive qu'à bredouiller un vers qu'il a sauté dans son texte deux scènes auparavant... moyennant quoi il saute, cette fois, les six que Molière lui avait écrits pour cette ultime scène et qui permettaient de laisser tomber le rideau -l'auteur avait dû le faire exprès- sur un mot au son clair après tant de noirceurs : "et par un doux hymen couronner en Valère la flamme d'un amant généreux et sincère". Mais ce "sincère"-là, que Molière signe comme un Z de Zorro au bas de sa pièce, le public de l'Odéon-Berthier n'y aura pas eu droit.
11 mars 2016
9/10
152
Il trône dans l'entrée du théâtre le portrait sous verre de Luc Bondy, derrière les guérites d'accueil. La pièce continue sans lui et sans Molière.

Le texte ancien renait alors que les personnages sortent peu à peu d'une forme d'anesthésie. C'est Tartuffe qui sème l'engourdissement dans la maison, qui charme et hypnotise. Et peu à peu la raison doit se réveiller après avoir révélé l'attraction, la lâcheté, la convoitise, l'aveuglement coupable d'une foi mal placée. La maison reprend ses droits avec son ennui, sa routine et quelques pas de danse.

Une mise en scène par saccades sur fond de tableau vivant, Micha Lescau tout en lignes et circonvolutions caricaturales du masque intérieur, Audrey Fleurot, magnifique.
Une belle troupe.
17 févr. 2016
8,5/10
132
Un réel plaisir. Encore une mise en scène osée et intelligente du regretté Luc Bondy. Une adaptation à la fois subtile et terriblement audacieuse.

Le résultat est réjouissant. Les comédiens sont absolument à la hauteur des ambitions d'un tel projet.
6 juin 2014
9/10
208
Excellente mise en scène ! Les décors, très travaillés, laissent néanmoins de la place aux acteurs dont les interactions permettent de découvrir les caractères des personnages qu'ils endossent avec talent.
Micha Lescot, en Tartuffe sournois, hypocrite qui sait être mielleux lorsqu'il le faut, donne une touche de modernité et d'originalité à ce personnage tant de fois déjà incarné. Chaque acteur apporte sa pierre à cet édifice, très bien construit.
26 mars 2014
9,5/10
214
Luc Bondy électrise l’Odéon dans sa version glacée/ enfiévrée d’un classique de la littérature française. Son Tartuffe s’inscrit avec une justesse confondante dans notre société minée par le pouvoir trompeur des postures et de la parole.
L’aspect artificiel des sentiments orchestrés par Tartuffe trouve un écho pertinent dans la scénographie inhospitalière de Richard Peduzzi. Micha Lescot s’impose avec une classe machiavélique dans le rôle titre, d’une élégance redoutable face à une Clotilde Hesme touchante et forte en amazone désabusée et déterminée à la fois.
On peut parier que Molière aurait sans doute apprécier cette adaptation réjouissante d’un chef-d’œuvre national.
Félicitations à toute l’équipe !
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor