Retours précédé de Le Père de l’enfant de la mère

Retours précédé de Le Père de l’enfant de la mère
De Fredrik Brattberg
Mis en scène par Frédéric Bélier-Garcia
Avec Jean-Charles Clichet
  • Jean-Charles Clichet
  • Camille Chamoux
  • Dimitri Doré
  • Théâtre du Rond-Point
  • 2bis, Avenue Franklin D. Roosevelt
  • 75008 Paris
  • Franklin D. Roosevelt (l.1, l.9)
Itinéraire
Billets à 33,00
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Un enfant se fait invisible, au fur et à mesure de ses Retours. Dans Le Père de l’enfant de la mère, autre pièce courte, même trinité familiale et une autre folie : comment gagner le coeur de l’enfant ?

Deux pièces mettent à mal le schéma de la famille contemporaine.

Note rapide
4,8/10
pour 2 notes et 2 critiques
1 critique
Note de 1 à 3
50%
1 critique
Note de 4 à 7
50%
0 critique
Note de 8 à 10
0%
Toutes les critiques
18 juin 2019
2/10
2 0
20h55. Le théâtre est paisible, le restaurant presque désert.
Une petite file, l’installation est rapide. Efficace.
Peu d’échanges ce soir avant la pièce. Il n’y a pas cette volage frénésie qui entoure les premières. Les gens ne se connaissent pas. Quelques couples trainent bien ça et là, mais ils ont l’âge de ceux qui ne se parlent plus vraiment.
La salle grouille de « comment était ta journée » avec l’œil rivé sur son téléphone et un ton à la limite de la considération.
L’ouvreuse annonce le spectacle, joviale, un brin juvénile. On dirait que c’est sa première à elle. Non pas qu’elle soit stressée, du tout. Mais elle adresse un regard entendu à une âme bienveillante qui semble la chapoter dans notre dos.
Elle s’assied pour assister au spectacle. Elle ne le sait pas encore, elle vient de perdre sa soirée.
Tout le monde range sa cabine 4G miniature. La lumière se tamise, puis s’éteint pour laisser seule la scène éclairée.
En voiture Simone ! Edgar, 55 années consommées, un ventre bonhomme, est excité. A peine la pièce lancée, il scribouille sur un cahier ses souvenirs immédiats. Il rit nerveusement de temps en temps, cherchant la lumière. Il prend ses notes, un sac à dos posé sur ses genoux, le cahier en appui sur celui-ci. C’est technique. Ça doit surtout être pointu à relire.
La mise en place se déroule, la thématique vite claire : la perte d’un enfant par des parents, le lent process de deuil.
Hector, de l’autre côté se met à regarder sa montre beaucoup trop fréquemment pour avoir le sentiment que le temps passe. Il serre ses mains sur ses genoux croisés. Geneviève, sa tendre, le sait : Cela veut dire qu’il s’emmerde.
Et il n’est pas le seul. Edgar prend de moins en moins de notes : sa mémoire suffira. Le sujet est intéressant, ces parents orphelins qui cheminent pour avancer, reconstruire. Mais c’est fastidieux. Peu de ressort intellectuel, hormis un process de répétition un peu agaçant. Et le texte ne semble pas vraiment inspirer les acteurs. Ils souffrent.
La respiration arrive. Une forme d’entracte avant de passer à la deuxième pièce. Hector check sa toquante de nouveau, Edgar ressort son carnet. Ils espèrent. La mise en bouche était passable, voilà une deuxième chance.
Changement de thème ou comment l’éducation d’un enfant peut abîmer un couple. Et là, la douche est glacée. Le texte est pénible, l’oreille agressée par la répétition des mots « papa » et « maman » à 458 reprises. Le ton est insupportable. Hector repense à son voyage en train hier. Il y côtoyait une mère et ses deux enfants dans une formule à quatre. Elle était mielleuse, leur parlait sans responsabilité, avec ces intonations futiles « ce n’est pas bien Clara, on ne fait pas ça, on ne montre pas du doigt, on ne met pas son doigt dans le nez. Maman n’est pas d’accord… »
Et là, il subissait la même chose. Il préférait le train. Au moins, il pouvait bouger, écouter de la musique, travailler, il pouvait se créer une bulle. Il pouvait même se ménager des petites vengeances perfides : ne pas lâcher l’accoudoir, imposer ses jambes, péter…
Mais là, il ne pouvait pas se lever, pas faire ça à Geneviève. Et puis il avait peur de faire lever ce court rang. Il allait falloir souffrir.
C’était trop pour Simone. Elle avait décidé de ne pas s’infliger cela. Elle dormait, d’un sommeil apaisé, de celle qui a fait le bon choix. Yvette, à ses côtés, la secouait du coude quand son sommeil devenait bruyant.
Sur scène, s’enchainaient inlassablement ces tranches de vie fastidieuses et répétitives. Edgar avait rangé son stylo depuis longtemps.
20 secondes d’applaudissements timides plus tard. Nous pouvions sortir, enfin libres.
18 juin 2019
7,5/10
1 0
Un décor année 50, une ambiance étrange, un homme et une femme, tristes, attendent leur fils, disparu.

C’est le point de départ d’une pièce qui pourrait être un drame comme les autres. Mais c’est sans compter sans le talent d’écriture de Fredrik Brattberg, écrivain norvégien qui déconstruit et analyse les situations familiales afin d’en faire ressortir les sentiments les plus sombres. Au fur et à mesure de la pièce, le climat s’assombrit donc jusqu’à virer à l’horreur.
La deuxième pièce, basée également sur le comique de répétition, dissèque, quand à elle, les échanges entre deux parents se disputant l’amour d’un enfant : jalousie, haine, amour…. les émotions et impulsions les plus inavouables font surface.

A la fois comique et horrible, absurde et dérangeante, ces deux pièces à l’humour noir et tranchant cassent tous les codes moraux pour nous faire réagir.

La mise en scène est intéressante et originale et les comédiens sont sincères et parfaitement dans leur rôle. La très belle scénographie, comme un prolongement des libertés prisent par l’auteur, efface les codes et les limites.

Une pièce étrange et passionnante.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor