Projection privée

Projection privée
De Rémi De Vos
  • Lucernaire
  • 53, rue Notre-Dame-des-Champs
  • 75006 Paris
  • Notre-Dame-des-Champs (l.12)
Itinéraire
Billets de 15,00 à 35,00
Evénement plus programmé pour le moment

Un couple se délite.

Une femme est assise sur le canapé. Elle regarde la télévision. Elle attend son mari. Quand il rentre, il n’est pas seul. Une fille rencontrée quelques heures auparavant l’accompagne.

Il est surpris de voir sa femme dans leur appartement. La femme est imperturbable, sa série va commencer. La communication est brouillée. La femme est absorbée par la télévision. L’homme est perdu dans ses démons. La fille s’installe...

 

Note rapide
5/10
pour 4 notes et 4 critiques
0 critique
Note de 1 à 3
0%
2 critiques
Note de 4 à 7
50%
2 critiques
Note de 8 à 10
50%
Toutes les critiques
3 déc. 2017
6/10
4 0
Rémi De Vos propose un regard acerbe sur notre monde et grossit le trait concernant notre addiction à la télévision.

Je n'ai pas assez accroché au propos malheureusement, peut être un manque de rythme et un démarrage un peu compliqué à mon gout.

Néanmoins, Elsa Tauveron est juste fabuleuse en femme au foyer qui vit dans son monde télévisuel et le système pour indiquer que la télévision est toujours allumée m'a plu mais ça n'a pas suffit à me faire adhérer au spectacle.
2 nov. 2017
9/10
43 0
Rémi De Vos, l'auteur de cette Projection privée, n'a pas son pareil pour poser un regard à la fois lucide, sans concession et peut-être surtout d'une acidité on ne peut plus drôle sur nos sociétés plus modernes les unes que les autres.

Alors, évidemment, on ne choisit pas par hasard de monter et de jouer l'une de ses pièces.

Michel Burstin, le metteur en scène a totalement respecté l'esprit, la causticité et l'humour de ce petit bijou de sociologie dramaturgique.

Une femme attend sur un canapé les spectateurs arrivant au Paradis du Lucernaire.
Nous n'allons pas tarder à comprendre que ce qu'elle regarde, face à nous, ce n'est pas le public, mais la télévision.
Non seulement elle la regarde, mais elle est complètement hypnotisée, droguée, abrutie par le petit écran.

La mari rentre. Il n'est pas seul.
A son bras, nous découvrons une fille qu'il ramène à la maison.

La plongée dans l'absurde peut commencer.
La femme ne s'émeut guère de cette maîtresse que ramène son « sanglier de mari », tellement tout son esprit est entièrement pris par le programme TV.
Ici, la communication ne fonctionne qu'avec l'étrange lucarne.
La femme est trop absorbée, en attente de sa série préférée « Puissance, gloire et luxure ».
L'homme est quant à lui perdu dans ses démons, la fille se retrouve au milieu des deux.

Et va se dérouler devant nos yeux comme une sorte de vaudeville très burlesque, surréaliste, un vaudeville aux codes complètement cassés et détournés.

L'absurde révèle pleinement les ravages que peut générer la télévision dans certains esprits, apparemment très nombreux pour que De Vos en vienne à s'intéresser à ce phénomène sociétal.

Je ne vous détaillerai évidemment pas toutes les péripéties de cette heure et vingt minutes, des péripéties toutes plus tragi-comiques les unes que les autres.

Néanmoins, il me faut quand même vous préciser qu'au moment où nous nous y attendons le moins, nous serons plongés dans un épisode hilarant de télé-réalité, puis dans cette fatidique série elle-même, ce soap décérébrant ses téléspectateurs.

Et là, Michel Burstin et ses trois comédiens vont s'en donner à cœur joie !
C'est à hurler de rire tellement c'est drôle, caustique, tellement c'est décalé et grandiose.

Et en même temps, l'auteur et la troupe nous piègent : nous voici nous aussi scotchés à cette série, à ne pouvoir nous extraire des aventures de Jennifer, Stéphanie et Bruce, une espèce de clone de Claude François.

Les trois comédiens, Sylvie Rolland, Elsa Tauveron et Bruno Rochette sont absolument parfaits, et tous interprètent leur délirante mais subtile partition de fort belle manière : ils parviennent à nous tirer des rires en cascades, tout en nous glaçant par moment, tellement le côté pathétique et dramatique de ces trois personnages devient flagrant.

Ils font côtoyer l'outrance, le comique et le tragique en permanence, aidés en cela par un texte acéré, sans fioritures et qui va à l'essentiel.

Elsa Tauveron m'a vraiment enthousiasmé, jouant cette femme complètement accro à son poste de télé, qui finira par revenir pour un instant seulement à la réalité par un moyen bien définitif, et en lâchant un cri résumant tellement bien ce qui pousse certains à être collés en permanence devant le petit écran.

Une vraie et belle réussite, avec un metteur en scène et des comédiens inspirés au service d'un texte contemporain vraiment intéressant.
Un texte-miroir tout à fait nécessaire.
8,5/10
5 0
Mais qu’arrive-t-il donc à cette épouse désabusée, perdue dans un couple qui n’y ressemble pas, tant elle se sent délaissée par son mari ? Cet homme qui lui fit croire à l’amour le temps d’un temps lointain alors qu’ils se sont mariés par hasard ou par erreur ? Pourquoi la greffe n’a-t-elle pas pris avec ce mariage qui parait si improbable et vain ?

Pourtant, ils sont plutôt beaux et souriants nos Barbie et Kent d’un soir ? Riches et intelligents peut-être ! Mais non, cela ne fonctionne pas.

« Elle » reste campée devant des séries télévisées, des émissions de téléréalité et leurs lots de publicités. Elle n’en bouge pas même quand « Lui » rentre tard le soir avec une autre femme.

« Elle », « Lui » et « la Fille » vont mener tambour battant un combat contre la vraisemblance, au risque de se soumettre jusqu’à s’y confondre à la réalité virtuelle télévisuelle, mélangeant émotion et raison.

Rémi De Vos nous trouble avec cette pièce où le réel et l’irréel se conjuguent, s’opposent et explosent dans cette confrontation insidieuse entre l’idéal et la vérité, l’imaginaire et la réalité. Étrange et percutant choix de nous montrer ainsi avec éclat les ravages de la télévision, sorte de quatrième personnage distribué.

Le bon sens n’a pas de prise, le non-sens prévaut même à l’absurde, ne laissant aucune chance à la représentation du réel du théâtre de satisfaire notre compréhension ou notre désir. Nous voguons en plein délire fantasmagorique. L’humour nous aide, le rire nous venge.

La mise en scène de Michel Burstin dessine avec une impressionnante simplicité les contours du lâcher prise avec la réalité. L’abattage des tabous devient crédible, effroyablement crédible.

Les comédiens Bruno Rochette, Sylvie Rolland et Elsa Tauveron jouent avec un brio fin et précis l’implacable réalisme de leurs personnages qu’ils parviennent à rendre drôles malgré la froideur de leur solitude, le pessimisme de leur vie et leur impossible bonheur.

Un texte surprenant, drôle et décalé. Des comédiens brillants. Un spectacle agréablement déroutant.
19 oct. 2017
4/10
12 0
On aurait souhaité plus de modernité et d'audace dans la mise en scène de cette pièce qui pourrait pourtant si bien parler de notre société, dévorée par la télévision et les images fantasmées.

Le tout est un peu plat, le rythme sonne faux et les personnages manquent de profondeur malgré l'énergie des comédiens.

C'est plutôt raté.
Votre critique endiablée
Nos visiteurs sont impatients de vous lire ! Si vous êtes l'auteur, le metteur en scène, un acteur ou un proche de l'équipe de la pièce, écrivez plutôt votre avis sur les sites de vente de billets. Ils seront ravis de le mettre en avant.
Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor