Professeur Bernhardi

Professeur Bernhardi
Mis en scène par Thomas Ostermeier
  • Les Gémeaux
  • 49, Avenue Georges Clemenceau
  • 92330 Sceaux
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Le professeur Bernhardi, médecin et directeur d’une clinique renommée, refuse à un prêtre l’accès à la chambre d’une patiente, à laquelle ce dernier veut donner l’extrême onction.

En phase terminale d’une infection sanguine suite à un avortement qui a mal tourné, la jeune femme délire et se croit guérie. Bernhardi considère de son devoir de médecin et d’humaniste de lui permettre une « mort heureuse » en la maintenant dans son illusion.

De son côté, le prêtre tient à son devoir religieux de gardien des âmes. Tous deux échouent : tandis qu’ils discutent, la malade meurt, alertée avant cela de son état par le personnel hospitalier qui, contre la volonté du médecin, a signalé la venue du prêtre. Pour Bernhardi, qui est d’origine juive, cet accident malheureux se transforme rapidement en un scandale politique qui menace de ruiner son existence et celle de sa clinique. On lui reproche de s’en prendre à dessein aux sentiments religieux chrétiens. Rapidement, un antisémitisme latent émerge et enfle.

Pour protester contre Bernhardi, le conseil de direction de l’institut se désolidarise de lui. Des concurrents au sein du corps médical usent délibérément de ressentiments antijuifs afin de suspendre Bernhardi et d’intégrer, avec leurs amis, des postes haut-placés. Au Parlement, les populistes de droite obtiennent même l’ouverture d’une procédure pénale contre Bernhardi. Le ministre en charge Flint, un ami et ancien camarade d’université de Bernhardi, lui refuse finalement son soutien, afin de ne pas compromettre son propre programme politique avec cette affaire. Mais Bernhardi bénéficie soudain du soutien de l’extrême gauche, qui veut faire de lui un martyr.

Ne voulant pas être instrumentalisé à leurs propres fins politiques, il renonce à une lutte ouverte contre le mensonge et pour sa réhabilitation.

 

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Le 23/11 à Sceaux, 20h45

Quand nous entrons dans la salle, nous pouvons voir une scénographie simple : un grand mur blanc avec deux portes. Nous entendons un coup de téléphone et la salle s’éteint, le spectacle commence. Une jeune femme, Katharina Ziemke, habillée d’une robe rose claire entre et écrit, au centre du mur, « Hôpital Elisabethinum / Clinique privée / médecine interne / direction Prof. Bernhardi) », et, à cour, « une entrée sobrement meublée ». Ces indications donnent déjà l’état d’esprit du spectacle. En effet, pas besoin de tout montrer, on peut citer en particulier à l’acte II, Katharina Ziemke, écrit « photographies au mur », cela suffit pour comprendre. Rien dans la scénographie ne doit gêner les comédiens. La scénographie doit être a leur service.

Katharina Ziemke intervient au début de chaque acte pour indiquer où nous nous trouvons. La plus grande partie des objets présents sur scène sont sur des roulettes, ce qui permet leur déplacement rapide. Ce sont les comédiens qui se chargent de faire évoluer le décor. Les peintures murales sont là également comme témoins du déroulé du spectacle. A la fin de celui-ci, tout ce qui reste sont des lieux, pour certains à moitié effacés, et Bernhardi ,assis au milieu de ce plateau vide.

Thomas Ostermeier a également fait le choix en adaptant la pièce de Schnitzler, avec Florian Borchmeyer, de féminiser deux rôles, celui du Dr Adler et Dr Wenger. Il y a donc, en plus de la connotation antisémite (car Wenger est juive), une connotation misogyne chez Flint et les autres qui s’opposent à son élection à l’Elisabethinum. En effet, une partie de la pièce traite du remplacement du Dr Tugendvetter, professeur de dermatologie. Deux candidats s’opposent : celui de Hell (que l’on ne voit jamais), qui est d’après ce que l’on en dit un homme incompétent mais qui, pour Flint, a l’avantage de ne pas être juif, et celui de Wenger, jeune femme compétente mais malheureusement juive.

En parallèle de ce conflit, qui finalement donnera raison à Bernhardi en élisant Wenger, il en existe un autre qui conduit Bernhardi à faire deux mois de prison. En effet, au début de la pièce, une jeune femme septicémique est en train de mourir mais se croit guérie. Pour préserver ses dernières heures, Bernhardi refuse l’accès à la chambre de la mourante à un prêtre. Ce dernier, Bernhardi étant juif, interprète ce refus comme une manifestation de haine envers sa religion.

Avec ce spectacle, Ostermeier souligne l’instrumentalisation de la vérité. Comment une vérité peut être détournée lorsqu’elle est rapportée par différentes personnes, plus ou moins bien intentionnées ? On accuse en particulier Bernhardi d’avoir été violent avec le prêtre. Or cette scène a été filmée, et à chaque début d’acte, on nous la remontre. A la fin, Bernhardi sort de prison, Flint, qui n’a rien fait pour l’aider pendant le procès, lui dit d’un air tout naturel : « Je tenais à te féliciter pour ta sortie de prison ». La dernière image que nous voyons est celle de Bernhardi seul au milieu du plateau blanc. Il est donc seul face à nous.

Un spectacle envoûtant.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor