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Pauvre Bitos

Pauvre Bitos
  • Théâtre Hébertot
  • 78, boulevard des Batignolles
  • 75017 Paris
  • Rome (l.2)
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Au cœur d'une petite ville provinciale, un cercle d'amis issus de la haute société se réunit pour un "dîner de têtes", au cours duquel chacun incarnera un personnage marquant de la Révolution française. André Bitos, un ancien homme du peuple devenu magistrat intègre et vertueux, est l'invité principal qui jouera le rôle de Robespierre. Cependant, il devient évident que l'objectif de cette soirée dépasse le simple récit historique de la Révolution française. Cette assemblée de notables en habits d'époque se lance dans un jeu de massacre aussi impitoyable que jouissif.

Cette œuvre, à la fois drôle, satirique et remarquablement contemporaine, constitue un chef-d'œuvre d'intelligence qui expose les excès de la haine envers l'Autre et la tyrannie de la Vertu.

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L'AVIS DE LA REDACTION : 8,5/10

Allons enfants de la Patrie !

Montée pour la première fois en 1956, avec le grand Michel Bouquet dans le rôle titre, la pièce déchaîna les passions ....et les critiques.
Si près de la Libération et de ses excès, le propos d'Anouilh fit violemment réagir, ce qui n'empêcha pas le public de lui faire un triomphe.

"Ceux qui parlent trop souvent d'humanité ont une curieuse tendance à décimer les hommes "

Tout est dit dans cette réplique percutante.
Ainsi, le pauvre Bitos croit il dur comme fer incarner cette humanité, mais victime de cette assemblée venue régler des comptes, il nous dévoile l'humain derrière le tyran.
Car en grand dramaturge qu'il est, Anouilh nous prend en otages entre pitié et aversion, et nous montre ainsi toute la complexité de l'homme.

Les comédiens s'emparent avec délectation du texte.
Emmenés par un Maxime d'Aboville à son meilleur - et qui mieux que lui pouvait reprendre le rôle de son mentor - ils savourent chaque réplique et nous font ce merveilleux cadeau qu'est le plaisir au théâtre.

Il faut dire que Thierry Harcourt est un chef d'orchestre chevronné, et que lui aussi s'est visiblement régalé avec ce jeu de massacre.

Les décors de Jean-Michel Adam sont sublimes et apportent une formidable envergure à ce dîner.
Les costumes, la musique, ainsi que les lumières sont d'une grande qualité.

Un spectacle fort, intelligent et cruel qui nous montre qu'à travers toutes les époques "Les Dieux ont soif"

Que demande le peuple ?

Sylvie Tuffier

Note rapide
8,6/10
pour 7 notes et 6 critiques
0 critique
Note de 1 à 3
0%
1 critique
Note de 4 à 7
14%
5 critiques
Note de 8 à 10
86%
Toutes les critiques
24 févr. 2024
9/10
5
Un jeu cruel qui nous emporte vers de sombres heures de l’histoire.

André Bitos est un substitut du procureur. Après la libération, il a fait régner la terreur. Il est invité par Maxime à un dîner. Celui-ci a convié des personnes qui détestent Bitos. Il organise un dîner de têtes. Cela consiste à se faire la tête d’un personnage que chacun incarne lors de la soirée. Le thème historique est la révolution française. Bitos sera Robespierre. Maxime convie Danton, Camille Desmoulins, Lucile Desmoulins, Mirabeau et Marie-Antoinette. Maxime incarnera Saint-Just. Tous ont une bonne raison de détester Bitos et tous ces personnages révolutionnaires détestent Robespierre. La soirée aura pour but d’humilier Bitos. Le thème historique sera le prétexte pour arriver à cette fin. La joute verbale s’engagera sur le plan historique.
Tous les personnages historiques s’en prennent à Robespierre. Bitos défendra ses positions et comprendra vite la mauvaise tournure de la soirée. Il est issu du peuple et comprend vite que cette réunion mondaine lui reproche ses origines. La joute verbale historique va se poursuivre. Le terrible jeu devra s’arrêter mais l’humiliation se poursuivra pour Bitos sur sa propre personne.

La pièce a été largement critiquée et a exacerbé les pour et les contre lors de sa création en 1956. Le texte d’Anouilh est acerbe, critique. La critique est de tous côtés politiques et sociales. Il n’en demeure pas moins que le texte est excellent. Il est grinçant et cynique.

La version de Thierry Harcourt est allégée en personnages mais conserve l’esprit du texte originel. L’interprétation de tous est fantastique. Maxime d’Aboville est excellent dans le rôle du pauvre Bitos. Le jeu des acteurs est parfait et sert le texte à la perfection. Le groupe est remarquable.
Les costumes sont impressionnants et tous les acteurs sont grimés à l’excès volontairement pour retrouver les personnages historiques. Certaines ressemblances physiques sont frappantes. La ressemblance avec Camille Desmoulins m’a stupéfaite.
On se régale de cette pièce par le jeu des acteurs qui permet de profiter du texte d’Anouilh. J’ai alternativement détesté tous les personnages. J’ai eu un grand intérêt dans la joute verbale historique, dans l’histoire cynique du dîner, dans le désir de vengeance de la haute société et dans la violence de Bitos.

Une bien belle idée de faire ressurgir ce texte pour nous régaler.
21 févr. 2024
8,5/10
5
Quel texte et quel auteur ! Une très belle mise en scène de Thierry Harcourt servi par une belle brochette d'interprètes ! Maxime d'Aboville est absolument prodigieux ! Tout est à l'unisson dans ce spectacle : texte, eue, scénographie, costumes, lumières...

Un must see de cette saison !
21 févr. 2024
9,5/10
6
Les acteurs sont au service d’un texte de Jean Anouilh brûlant et puissant

On est touché en plein cœur (mais pas de manière sentimentale).
L’être humain n’est ni totalement bon ni totalement mauvais, c’est un être complexe.
Ce spectacle raconte cette complexité.

J’ai pris un plaisir immense devant ce “diner de con” cruel, féroce et très surtout drôle.
19 févr. 2024
7/10
3
Diablement intelligente, cette pièce sur un diner de cons de haute volée m'a pourtant un peu laissée de côté.

Un groupe de bourgeois de province invite un petit juge local pour se venger d'humiliation vécues dans l'enfance pour l'un ou d'injustices pour d'autres.
Bref, le droit et la raison sont des vertus très variables selon les moments et les personnes.
Face au groupe qui se délecte de sa victime, le condamné peut se révéler plus compliqué à détruire.
On est tous le con ou le fourbe d'un autre.....

L'idée passionnante et intelligente est remarquablement portée par ces comédiens de grande valeur.
Le décor et les costumes sont magnifiques et d'une grande sophistication bien que d'apparence très simples.
C'est un tableau avec de clairs obscurs qui nous transportent dans un Rembrandt.

Cependant, il y a trop d'infos, trop de cris, trop de paroles parfois peu descriptibles.
Maxime d'Aboville s'apparente ici à un Louis de Funès un peu gênant face à la finesse des autres comédiens et du propos.
Ce qui avec Bouquet devait être subtile, raffiné, tranchant, devient un peu grotesque ici.

J'ai loupé le début de la scène historique pensant être encore dans un moment d'égarement.
A force, on se perd, on s'y perd dans tout ce bruit.
18 févr. 2024
10/10
7
Un bijou d’intelligence !

Maxime d’Aboville est époustouflant. Étienne Ménard que je ne connaissais pas est remarquable . On en sort intellectuellement enrichi.
Et la pièce est bien plus drôle que ce à quoi nous nous attendions.

Meilleure pièce vue depuis un an ....
Votre critique endiablée
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor