My father held a gun

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Pourquoi les hommes se font-ils la guerre ?

Et que peuvent — ou pas — les femmes pour les en empêcher ? Sahand Sahebdivan, né en Iran, et Raphael Rodan, élevé en Israël, se posent la question dans un face-à-face émouvant et drôle.

Partant de lettres de soldats de la Première Guerre mondiale, ils évoquent la situation de leurs pays d’origine, se remémorent les parcours et luttes de leurs parents respectifs, jouent sur l’absurdité de leur prétendue opposition, content leurs amours défuntes, questionnent le corps des femmes, argumentent sur le pacifisme et s’opposent (quoique…) sur la possibilité pour un homme d’être vraiment féministe. Pour les accompagner, un clarinettiste et un guitariste ponctuent le récit et complètent la simplicité du dispositif. Passionnés par l’art du storytelling — ils ont cofondé la Mezrab school for storytelling — Sahand Sahebdivan et Raphael Rodan avaient déjà présenté leur précédente création, Kingdom of Fire and Clay, en Belgique en 2015.

Avec My father held a gun les deux hommes, accompagnés cette fois d’Albert Maizel à la co-écriture, poursuivent une conversation dans laquelle ils incarnent leurs propres rôles. Ceux d’un Iranien et d’un Israélien, tous deux amis et conteurs, qui préfèrent s’appuyer sur leurs similitudes plutôt que sur leurs différences.

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17 févr. 2020
8,5/10
36
A la paix comme à la paix !

Sahand Sahedbivani et Raphael Rodan nous posent deux questions essentielles et dont la réponse ne va pas de soi :
- Pourquoi les hommes se font-ils la guerre ?
- Que peuvent (ou pas) les femmes pour les en empêcher ?

Les deux auteurs-comédiens se connaissent bien. Deux potes, deux copains.
Et pourtant, cette amitié n'allait pas de soi. Tout du moins sur le papier de la géopolitique.
Sahand est Iranien. Raphael, lui, a grandi en Israël.

Leurs familles respectives ont choisi d'émigrer aux Pays-Bas. C'est à Amsterdam que les deux se sont rencontrés.
(Au passage,ils y ont également fait la connaissance du guitariste Guillermo Celano et d'Iman Sparrgaren, le saxophoniste et clarinettiste, deux musiciens qui ont composé et qui jouent en live la bande-son du spectacle.)

Un spectacle qui commence d'ailleurs comme un stand-up : les deux compères sont de fervents adeptes du storytelling.
Dans un premier temps, ils se présentent à nous, avec des adresses au public drôles et spirituelles.

Les spectateurs sont d'ailleurs invités à se prononcer sur qui est qui, au moyen d'un vote à main levée.
Nous ferons également la connaissance de leurs mères, chacune archétype de la maman méditerranéenne.

Ainsi, nous allons très vite nous rendre compte que ce qui rassemble ces deux-là est beaucoup plus important que ce qui les sépare.
La démonstration sera magistrale et très limpide.

Ils rentrent ensuite dans le vif du sujet, grâce à des lettres de poilus de 14-18.
Notamment celle de Jean-Marie Moulin qui écrit à sa Céleste de fiancée.

Les deux se mettent dans la peau de deux fantassins, l'un allemand, l'autre français.
Des accessoires sont tirés d'une caisse de munitions.
Et surtout, ils vont matérialiser une frontière, symbole de la possession territoriale, symbole de la propriété à laquelle il ne faut surtout pas toucher.

Et puis, ce sera Noël. Les deux se mettent en joue, pour finalement baisser chacun les armes, et transformer le théâtre des opérations en terrain de football.
La séquence de matérialisation des cages des gardiens est très drôle.

Les deux personnages font connaissance, et pour les comédiens, c'est le moyen de parler de leur père.
Deux histoires parallèles et terribles, durant des événements dramatiques en Israël et en Iran.
Et bien entendu, c'est le prétexte pour se demander ce qui se serait passé si ces deux pères s'étaient retrouvés en train de se mettre en joue...
Ce moment de la pièce est très émouvant, et le public n'en mène pas large.

La démonstration se poursuivra en nous faisant constater et donc nous rappeler que les horreurs de la guerre n'ont pas eu besoin du Moyen-Orient pour exister. L'Occident n'a donc pas de leçons de morale à asséner à cette région du globe.

Ce spectacle à nul autre pareil dégage une vraie humanité.
Ces deux jeunes garçons nous donnent une leçon de fraternité.
Malgré tout ce qui pourrait les séparer, la religion, les origines, ils sont véritablement frères humains, ils se parlent, ils n'hésitent pas à se moquer d'eux-mêmes, même s'ils peuvent également se chamailler.

Nous comprenons aisément que ces jeunes hommes, originaires du Moyen-Orient, adhèrent totalement aux messages féministe, pacifiste, même s'ils peuvent avoir des différences d'approche.

Un très joli message nous est rappelé : « Tu dois changer en toi ce que tu veux changer dans le monde. »

Au final, voici un bien habile spectacle.
Sur le plateau est délivré un vrai message de tolérance et de respect envers l'Autre.
Avec un grand A, l'Autre.

Quand le fond et la forme sont réunis pour un bien beau moment de théâtre.

Et sans compter que les amateurs de neige qui tombe se régalent !
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor