Molly S

Molly S
  • Théâtre Déjazet
  • 41, boulevard du Temple
  • 75003 Paris
  • République (l.3, l.5, l.8, l.9, l.11)
Itinéraire
Billets à 26,00
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Le roi païen fou de la légende gaélique est une jeune femme aveugle, dynamique et capable, que son mari, autodidacte, enthousiaste, incapable du moindre discernement va convaincre de se faire opérer par le docteur Rice, ophtalmologue célèbre, qui a fui le monde et s'est réfugié à Ballyberg en Irlande.

Molly, loin d'avoir tout à gagner en recouvrant la vue, a tout à perdre et se trouve exilée d'un monde qu'elle croyait connaître.


La pièce pose de manière exemplaire la question du réel, de son sens, de la façon dont nous l'appréhendons, le percevons.

 

Note rapide
6,7/10
pour 4 notes et 4 critiques
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3 critiques
Note de 4 à 7
75%
1 critique
Note de 8 à 10
25%
Toutes les critiques
16 nov. 2019
7/10
1 0
Molly est presque totalement aveugle depuis l'age de 10 mois. Grâce à son père, elle a appris à vivre avec son handicap, en développant d'autres moyens de perception, l'ouie, l'odorat, le toucher, où plus impalpables comme le ressenti.

A quarante et un an, mariée depuis peu, heureuse, poussée par son mari, elle accepte de rencontrer un ophtalmologue qui après de nombreux examens lui propose de l'opérer et de lui faire récupérer une partie de sa vision.
L'opération est un succès, mais ce qu'elle aurait aimé vivre comme une expérience de quelques heures, va lui faire perdre tous ses repères.
L'environnement qu'elle s'est construit, l'environnement dans lequel elle s'est construite s'effondre lui révélant un monde où comme elle l'entendait dans son enfance il n'y a pas grand chose de beau à voir.
Crée en France à la fin des année 90, la pièce de Brian Friel a été réadaptée avec l'ajout de musiques et de chants qui s'intègrent parfaitement au spectacle, d'autant que les deux chanteurs lyriques Olivier Dumait et Ronan Nédélec se révèlent d'excellents comédiens. Adaptatrice metteuse en scène et interprète de Molly, Julie Brochen lumineuse au début puis totalement perdue est très émouvante.
Baignés d'éclairages sombres, les comédiens évoluent dans une scénographie composée de bouteilles vides, et de chaises qui sont régulièrement déplacées. Symbole des difficultés du parcours de Molly et des obstacles qu'elle doit franchir ?

Une réflexion sensible sur la différence, sur les choix de vie la perception du monde et des êtres.
Un spectacle qui n'est repris que pour quelques représentations ne le manquez pas.
18 juil. 2017
6/10
8 0
J'ai eu beaucoup de mal avec la mise en scène, je me suis ennuyée, les comédiens qui parlent en même temps je ne vois pas l'intérêt.
Par contre, les chanteurs m'ont séduite !
J'ai préféré nettement les passages chantés regrettant qu'il n'y en ait pas plus !
18 déc. 2016
7/10
30 0
J'ai laissé passer une semaine avant de me décider si cette version de Molly S. m'avait plu vraiment, indépendamment du fait que j'ai été déçue par cette version par rapport à celle du théâtre de la Colline en 1997.

Au final, le ressenti est plutôt positif même si cette nouvelle version a un défaut majeur : elle ne dure qu'une heure !

J'aime le parcours de cette femme qui renonce à son univers connu et sécurisant de sa cécité pour plonger à l'âge adulte dans un monde des voyants. La mise en scène est particulièrement belle et poétique et les passages chantés sont superbes. Les conversations simultanées sont très réussies.

J'aime aussi tous les questionnements que cette pièce soulève.
9,5/10
24 0
Molly est une jeune femme aveugle, joyeuse et indépendante autant qu’elle peut l’être. Vivement encouragée par son mari, elle se fait opérer des yeux. Elle vit des moments troublants et passagers où elle découvre la vision pour finir par retourner dans le noir inéluctable. De son monde à elle au monde des autres, de culbute en culbute, elle dévale la pente qui la conduit vers des ailleurs irréversibles qui vont fixer sa vie. De cette ravageuse expérience, Molly n’en sort pas indemne. Molly n’est plus la même.

Quand la découverte d'une capacité sensorielle transforme son propre rapport au réel, son rapport aux autres... Quand la réalité se confond à l’imaginaire et que celle-ci semble si étrange qu’elle en devient étrangère... Que peut-il advenir d’autre à cette jeune femme aussi profondément changée et meurtrie que subir ou se révolter de la souffrance des troubles qui l'accompagnent désormais ? Depuis que la vie extérieure lui a été révélée par sa vue retrouvée quelques jours, Molly n’est plus indemne. Molly n’est plus la même.

La pièce « Molly Sweeney », écrite en 1990 par Brian Friel est adaptée par Julie Brochen qui a également travaillé à partir des notes du neurologue écrivain Oliver Sacks. Pour « Molly Sweeney » Friel s’est inspiré du texte «To See and Not See » d’Oliver Sacks.

Nous invitant à plonger nous aussi dans ce puits d’abîmes, cette création se révèle d’une puissance implacable et féroce. De la joie de vivre qui entourait la vie de cette jeune femme aveugle, nous assistons à sa confrontation avec cette matérialité inconnue vécue comme un enfer, à ses vertiges d’espérance et à sa rancœur de ne pas avoir choisi.

Elle le crie, elle le revit pour nous. Elle exprime tout son désarroi devant cette normalité dangereusement inédite et son désespoir de ne pouvoir l’admettre. Elle trouve le refuge de ses peurs dans un autre soi-même éloigné du monde qu’elle ne voit plus. Molly raconte ces bouleversements qui ont fait chavirer sa conscience, son bonheur d’avant, ses sensations perdues. Molly n’est pas indemne. Molly n’est plus la même.

L’adaptation de Julie Brochen, sa mise en scène et son interprétation nous cueillent. Sans pathos et sans compromis, elle nous invite dans ce récit exigeant aux allures de confidences dans une ambiance chargée d’onirisme passionnel. Le choix des musiques et des chants (Beethoven, Britten, Gurney, Moore et Vaughan Williams) jouées ou accompagnées au piano par Nikola Takov, renforce l'intensité émotionnelle de l'histoire. Les voix du ténor Olivier Dumait et du Baryton Ronan Nédélec, enveloppent les scènes d'un envoutement impressionnant.

Julie Brochen choisit une mise en scène pleine de symboles. Les lumières, les objets, les déplacements, les répliques entremêlées, les voix parlées et chantées superposées... Tout compose un univers imaginaire, imaginé ou imagé comme pourrait l’être celui de Molly errant le long de son parcours sans issue, cherchant un peu d'apaisement ou une part de bonheur.

Nous cheminons parmi les questions que posent de tels bouleversements dans la vie d'un être : La perception du réel, son interprétation, le sens qu'on donne aux choses de la vie, à son environnement et le sentiment de soi parmi les autres.

Les interprétations de Molly par Julie Brochen, du mari par Ronan Nédélec et du chirurgien par Olivier Dumait sont intenses et convaincantes. Les sensations se conjuguent et nous touchent.

Un spectacle envoutant et captivant comme un grand poème théâtral et musical. Nous en sortons impressionnés, des pensées, des images et des sentiments tourbillonnant encore.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor