Mademoiselle Else

Mademoiselle Else
De Arthur Schnitzler
Mis en scène par Nicolas Briançon
Avec Alice Dufour
  • Alice Dufour
  • Théâtre de Poche Montparnasse
  • 75, boulevard du Montparnasse
  • 75006 Paris
  • Montparnasse (l.4, l.6, l.12, l.13, Trans N)
Itinéraire
Billets de 20,00 à 35,00
À l'affiche du :
1 septembre 2020 au 3 janvier 2021
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l m m j v s d
    • HORAIRES
    • 15:00
    • 21:00
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Un riche bourgeois viennois, frappé d’un ennui d’argent, demande à sa fille d’aller prier l’un de ses vieux amis de lui prêter 30000 florins.

Celui-ci accepte à condition qu’elle se montre nue à lui. Else va vivre-là une dramatique épreuve qu’elle résoudra par une étrange et spectaculaire décision.

Un chef d’œuvre d’Arthur Schnitzler converti en un monologue vécu en direct par l’héroïne.

Note rapide
6,3/10
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Toutes les critiques
4 oct. 2020
5/10
1
Passée à côté. Tout comme mes 2 amies qui m'accompagnaient.
Une comédienne en plein drama.
Un texte beau mais ennuyeux.
Une mise en scène qui en fait des caisses avec des allers-retours incessants, des focus lumière sur le haut du visage, des retournés tout en naturel.
Bref, nous nous sommes ennuyées.
15 sept. 2020
8/10
3
Une adaptation très originale de ce texte de Schnitzler en un seul en scène. Cette formule renforce la sensation de solitude de cette jeune fille livrée en pâture par ses parents à cet homme beaucoup plus âgé qu’elle. Cette version centrée uniquement sur Mlle Else met également beaucoup plus en évidence la personnalité fragile et instable de ce personnage.

Qui est cette jeune viennoise oisive qui s’interroge sur sa vie, explore ses désirs, teste son pouvoir sur les hommes, regrette la vacuité de son existence ? Elle-même se le demande et nous offre ses réflexions. C’est une mise à nue de ses pensées avant celle de son corps.

Au début de la pièce Nicolas Briançon nous donne à voir une Mlle Else, fraiche et joyeuse, boudeuse et naïve. Le sourire de la comédienne illumine la pièce, elle est présente, à la fois espiègle et délicieux, audacieuse et inconsciente. Mais cette délicieuse jeune fille est pleine de faille et de fragilité, et cette personnalité complexe est parfaitement incarnée par Alice Dufour.

On saluera l’aisance et la grâce de l’actrice ainsi que sa beauté magique, les sublimes costumes de Michel Dussarat, la mise en scène intelligente et précise de Xavier Briançon. L’utilisation des effets de lumière et des vidéos est très réussie en particulier dans le très beau final.
5 sept. 2020
9,5/10
27
Question : vous accepteriez, vous, de vous montrer entièrement nu·e à un vieil « ami de la famille », en échange de 30.000, voire 50.000 €, une somme qui permettrait à votre papa chéri de ne pas se retrouver derrière les barreaux ?
Je vous laisse un peu de temps pour réfléchir...

Tel est le contrat, le pacte quasiment faustien qu'Arthur Schnitzler soumet à son héroïne.
Un bien cruel dilemme va ainsi se poser à sa Mademoiselle Else, qui aura recours à un terrible moyen pour respecter sa part du marché. Tanatos n'est jamais très loin d'Eros...

Else, c'est une jeune fille de 19 ans, appartenant à la riche bourgeoisie viennoise. Elle est insouciante, ingénue, espiègle, Else.
En bon « médecin des corps et des âmes », psychanalyste avant l'heure, Schnitzler va nous faire pénétrer dans le cerveau de la demoiselle.

Ainsi, nous allons découvrir son rapport à la sensualité, à la sexualité.
C'est le thème principal de la pièce : une femme nous évoque son rapport au sexe. Appelons donc un chat un chat !

Les grands auteurs sont faits pour être chahutés.
C'est ce qu'a bien compris l'adaptateur du texte et le metteur en scène Nicolas Briançon, qui nous propose un grand et magnifique moment de théâtre.

Il a en effet choisi de transformer cette pièce à plusieurs personnages en un seule en scène d'une heure et demie.
Si ça fonctionne ? Au delà de toute espérance.

Nicolas Briançon, on connaît bien sa capacité et son talent à diriger un certain nombre de comédiens sur un plateau, son art consommé de « remplir » très précisément, au millimètre près, un espace scénique des corps de ses acteurs.

Il nous prouve ici qu'il peut également faire la même chose avec une seule comédienne.
Il signe ici une mise en scène inspirée, utilisant totalement les possibilités « topographiques » de la salle du bas du Poche-Montparnasse.

Comment donc a-t-il pu faire en sorte d'adjoindre à son Else tous les autres personnages de la pièce ?

Différents moyens sont utilisés : voix off, ombres mouvantes, superbes images vidéo que l'on doit à Olivier Simola ou encore adresses au public.
Un public qui pour l'occasion joue également un rôle : celui des clients de l'hôtel où se déroule le drame.

Tout ceci est très judicieux, intelligent. Nous savons en permanence où nous en sommes, sans jamais être perdus.

Et puis Mademoiselle Alice...
Alice Dufour.
L'envoûtante, l'ensorceleuse, la sensuelle, la magistrale Alice Dufour, qui va nous donner une leçon d'interprétation.

M. Briançon, vous remerciera-t-on jamais assez d'avoir eu la merveilleuse idée de proposer le rôle à celle que vous transformâtes récemment en Mrs Forsythe (Patti-Pat...), dans Le canard à l'orange ?

C'est bien simple, son interprétation force le respect et l'admiration.

Sa progression dramatique, sa transformation de jeune fille insouciante, en apparence ingénue, en être humain culpabilisant de façon ambigüe, en proie à la fois à son propre dégoût mais également au désir plus ou moins refoulé, tout ceci relève du grand art.

Ses ruptures, qu'elles soient textuelles ou physique sont jubilatoires. (La scène où elle est retenue par une main imaginaire est épatante.)

Il est impossible de lâcher du regard la comédienne, même lorsqu'elle sort du plateau.
Elle hypnotise la totalité du public.


Alice Dufour vient de la danse.
Son interprétation va également passer par le corps, l'un des outils principaux du métier.
Elle investit tout l'espace de ce corps, avec grâce et sensualité.

Le climax est atteint lors d'une scène sublime, nécessaire.
Une scène d'une incroyable beauté, élaborée de façon simple et sophistiquée, une scène si naturelle et pourtant si érotisée.

Melle Dufour sera ovationnée lors des saluts, les applaudissements résonnant en rythme.
Ce n'est que justice. Magistrale, vous dis-je !

Il faut également saluer le travail de Michel Dussarat qui signe des costumes magnifiques, très « années folles ». Chapeau ! (Cloche, le chapeau...)

Vous ne pourrez pas dire que vous ne saviez pas : ne manquez surtout pas cette version à plus d'un titre étonnante et si réussie d'une des œuvres phares d'Arthur Schnitzler.
Une version qui fera date, n'en doutons pas !
5 sept. 2020
7,5/10
7
Autriche, fin XIXème siècle. A vienne, le père de la fort jolie Else est menacé de prison par un créancier hargneux. Else, en vacances à la montagne, reçoit une missive de sa mère pour prier un vieil ami de la famille, De Dorsday, de leur prêter de quoi sortir de ce guêpier. Mais le prêt n’est pas gratuit : il souhaite voir Else nue…

Ce drame écrit par Arthur Schnitzler écrit au 19ème siècle demeure étrangement actuel : la relation au sexe d’une jeune fille, jeune fille au caractère de feu il faut le préciser.

Je voudrais souligner tout d’abord la qualité de l’adaptation de Nicolas Briançon qui fait de ce texte un monologue où tout passe par le prisme des sentiments d’Else. Les personnages secondaires qui lancent quelques répliques sont des voix off et cela ne gêne en aucune façon le déroulement. Tout demeure centré sur Alice Dufour, une Mademoiselle Else plus vraie que nature. J’ai beaucoup apprécié son jeu, ses modulations de voix et ses regards qui nous disent dans quel état elle se trouve. Son petit regard halluciné à la fin est absolument terrible. Sa prestation est mise en valeur aussi par la mise en scène très dynamique et agréble de Nicolas Briançon (encore lui) avec les superbes lumières de Jean-Pascal Pracht et les vidéos d’Olivier Simola (ah cette silhouette et ces gros plans ! Un régal !), nous sommes littéralement plongés au cœur de l’action d’ailleurs si vous êtes assis sur un bord de rang, vous serez frôlés à plusieurs reprises par Mademoiselle Else… Il y a aussi le charme des costumes de Michel Dussarat dont j’ai reconnu la patte !

J’ai vécu cette soirée en totale empathie avec Mademoiselle Else. La proximité de spectateurs avec la comédienne compte pour beaucoup dans cette salle conviviale du Poche Montparnasse mais je le répète, le jeu d’Alice Dufour est prenant : j’ai ri, pleuré ou explosé comme elle. Vous aussi, devenez Mademoiselle Else pour une soirée.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor