Lorsque l'enfant paraît

Lorsque l'enfant paraît
Mis en scène par Michel Fau
Avec Michel Fau
  • Michel Fau
  • Catherine Frot
  • Théâtre de la Michodière
  • 4 bis, rue de La Michodière
  • 75002 Paris
  • Opéra (l.3, l.7, l.8, RER A)
Itinéraire
À l'affiche du :
16 septembre 2022 au 2 avril 2023
Jours et horaires
Ajoutez la pièce à votre agenda en sélectionnant une date. Attention, vos espions pourraient l'apprendre !
l m m j v s d
Achat de Tickets

Après la seconde guerre mondiale, la vie rangée d’un sous-secrétaire d’État à la famille qui a obtenu la fermeture des maisons closes et l’augmentation des peines sur les délits d’avortement, bascule quand il apprend, le même jour, que sa femme attend un enfant et que son fils a mis enceinte sa secrétaire ! Ce n’est que le début d’une succession d’évènements imprévus qui vont bousculer les repères de cette famille bourgeoise…

Catherine Frot et Michel Fau se retrouvent sur scène, sept ans après le succès de Fleur de Cactus (qui avait valu à l'actrice le Molière de la comédienne dans une pièce de théâtre privé). Ils interprètent ici un couple marié essayant de se sortir d'une situation très délicate. Une comédie légère et déjantée traitant de thèmes toujours d'actualité, plus de 70 ans après sa création.

Le titre fait penser à Françoise Dolto, et son émission culte de la fin des années 70. Il s'agit en fait de la pièce d'André Roussin qui a imaginé un ministre réactionnaire qui est contre l'avortement mais qui apprend que sa femme est enceinte (de lui s'étonne-t'il ?), que son fils qu'il croyait mal dégrossi a "engrossé" la secrétaire... Alors forcément ses idées sur le sujet vont changer et évoluer.

 

74

Avis de la Rédaction. 7,5/10

D'une pièce très classique, au sujet qu'on ne croyait plus d'actualité, Michel Fau arrive à nous enchanter, nous faire rire et même nous tenir en haleine.

C'est un exploit car le décor est statique et c'est bien le talent des comédiens - Michel Fau et Catherine Frot en tête - ainsi que la qualité de l'écriture qui font de ce pur boulevard du vrai et grand théâtre. Mention spéciale aussi à Maxime Lombard qui campe un grand père truculent.

Seul bémol, pourquoi avoir fait du fils un garçon un peu demeuré ? Il est à mon avis juste en rupture avec son milieu.

Chapeau Monsieur Fau. On vous adore.

Carlos Bejarano.

 

 

Note rapide
7,5/10
pour 9 notes et 9 critiques
0 critique
Note de 1 à 3
0%
4 critiques
Note de 4 à 7
44%
5 critiques
Note de 8 à 10
56%
Toutes les critiques
12 nov. 2022
7,5/10
3
Belle soirée avec cette pièce classique mais qui ne vieillit pas.
Catherine frot et Michel fau nous ont régalés par leur justesse.
Le rythme de la pièce monte progressivement et certaines répliques sont à garder en mémoire.
Attention malgré tout à la visibilité vraiment réduite de certaines places au théâtre de la Michodiere.
10 nov. 2022
7,5/10
4
Il y a quelques années, j’adorais le travail de Michel Fau. Chacun de ses spectacles était un choc esthétique et émotionnel dont je ressortais complètement saisie. Un amour qui ne finit pas, d’André Roussin, fut de ceux-là. J’ai été beaucoup déçue depuis par les mises en scène de Michel Fau, mais j’ai envie de croire qu’avec Lorsque l’enfant paraît, le miracle André Roussin renaîtra.

Il s’en passe des choses chez les Jacquet ! Olympe Jacquet vient d’apprendre qu’elle est enceinte. Dit comme ça, ce ne serait pas dramatique, à ceci près qu’Olympe Jacquet a dépassé l’âge où on attend généralement un heureux événement… et que son époux n’est autre que le sénateur Charles Jacquet, fervent opposant à la légalisation de l’avortement. Et comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, les époux Jacquet vont apprendre dans la foulée que leur fils attend un enfant avec la propre secrétaire de Charles – alors qu’ils ne sont évidemment pas mariés. Et ils ne sont pas au bout de leurs surprises…

Que c’est bon de retrouver le Fau d’avant ! Le Fau anticonformiste, le Fau baroque, intelligent, et fin. Le Fau qui se déguste d’un bout à l’autre du spectacle, parce que Fau est un tout. Fau ne convient pas à tous les styles, Fau a besoin d’un texte, Fau a besoin d’une atmosphère pour pouvoir se déployer et ici Fau l’a. Fau retrouve André Roussin qui lui va si bien. Fau met en scène un texte original et culotté, et c’est comme ça que j’aime Fau.

C’est bon de retrouver Fau, mais… Car il y a un mais, un petit mais, mais autant en parler tout de suite. J’ai quand même quelques réserves sur le spectacle, qui viennent principalement du texte. C’est un texte qui a des faiblesses de construction, avec deux beaux personnages qui effacent tous les autres, devenant essentiellement des faire-valoir de l’histoire, c’est un texte un peu lourd, avec une mise en place de l’histoire trop longue pour le temps réellement apprécié du spectacle en terme de répliques cinglantes et autres belle punchlines. Pour être vraiment éclatant, peut-être aurait-il fallu couper – mais comment couper quand tout est préparation de la scène suivante ?

D’autant que c’est une pièce vraiment intéressante historiquement parlant, qui aborde des sujets rares au théâtre, et complètement tabous à l’époque d’André Roussin. Certes, elle a pris quelques rides, certes, son audace s’est un peu émoussée, et pourtant, elle fonctionne. La satire de la bourgeoisie est là et elle fait toujours rire la salle. On en accepte alors peut-être plus facilement les quelques longueurs.

Et on peut se laisser aller à savourer le spectacle. Ces somptueux décors flashys dans lesquels les costumes se fondent à merveille. Ce rythme légèrement traînant avec lequel Michel Fau balance ses meilleures répliques. Cette bourgeoisie délicieusement incarnée par Catherine Frot qui se bat avec ses contradictions en mêlant avec beaucoup de doigté émotion et ridicule. Elle est assurément la reine de ce spectacle. On a d’ailleurs parfois l’impression que tout est fait pour la mettre en valeur, telle une Sarah Bernhardt des temps modernes. Même Fau semble s’effacer pour lui laisser davantage de lumière. Ce n’était pas la peine, elle la prend à merveille. Chacune de ses répliques est une leçon de théâtre.

A déguster sans modération !
4 nov. 2022
5,5/10
1
Je m'en excuse d'avance à ceux qui ont adoré, je sens bien que quelque chose n'a pas fonctionné sur moi, mais je suis totalement passée à côté de cette pièce à cause du jeu d'acteurs.
Persuadée qu'ils sont tous de très bons comédiens je n'ai pas compris cette direction d'acteurs poussiéreuse et maniérée.
Ils jouaient tous faux, forcés, en posant face public. Ca sonnait faux comme un spectacle de fin d'année ou de 1900.
Le pompon allant aux enfants.
J'ai bien conscience que c'est certainement un parti pris, mais il n'a pas pris sur moi. Ca m'a gênée. Impossible de me laisser aller sur le texte, je ne voyais plus que ca.
J'imagine que la mise en scène souhaitait retrouver l'ambiance historique par le jeu même des comédiens.
Du coup tout m'a semblé faux et artificiel.
Et donc pas drôle.....

Pour le positif je garderais les décors magnifiques, les costumes, l'allégresse de Fau.
24 oct. 2022
8/10
6
Au sortir dans la seconde guerre mondiale, dans une famille bourgeoise bien sous tout rapport, c’est la catastrophe : Monsieur, sous-secrétaire d’état à la famille, apprend que Madame, son épouse, attend un enfant alors qu’ils ne sont plus tout jeunes et que son fils a mis enceinte sa secrétaire alors qu’il vient de faire voter une loi durcissant les peines en cas d’avortement… Bref c’est un peu l’apocalypse qui s’abat comme une tornade dans cette famille à la vie bien rangée et ce n’est que le début…

En 1951, André Roussin a écrit cette pièce qui reste d’actualité dans ses questionnements avec des saillies piquantes à souhait. Le texte est servi par une belle mise en scène sobre de Michel Fau qui fait la part belle au texte et au jeu des comédiens.
Oui c’est le jeu des comédiens qui va révéler tout le sel de cette pièce : A commencer par Catherine Frot qui dès la première scène nous fait rire par les propos qu’elle assène à sa fille jouée par Agathe Bonitzer qui sert de faire valoir à sa mère.
Ensuite il y a face à elle, Michel Fau dans un rôle qu’il maitrise parfaitement, c’est un régal de l’écouter parler et retourner les situations à son avantage.
Maxime Lombard est un grand père qui a du mordant et la scène où il explique comment il a revu son héritage est vraiment drôle ! Le seul rôle qui pourrait sans doute être revu pour l’interprétation est celle du fils de la famille joué par Quentin Dolmaire qui ne convainc pas à toutes les répliques alors qu’il a une partition très intéressante et comique à jouer. Hélène Babu et Sanda Codreanu complètent ce casting sans démériter.

La pièce dure 2 heures mais on ne les voit pas passer car on suit avec beaucoup de plaisir les aventures de cette famille.
Afficher le commentaire
16 oct. 2022
8/10
2
Fau et Frot au top !

Que c'est chouette le théâtre privé quand "on ne se fout pas de la gueule du public".
Bien joué, bien monté, bien produit ! Un texte intelligent, divertissant et qui raconte néanmoins des choses sans se prendre au sérieux...

Très bon moment au théâtre de la Michodière.
Votre critique endiablée
Nos visiteurs sont impatients de vous lire ! Si vous êtes l'auteur, le metteur en scène, un acteur ou un proche de l'équipe de la pièce, écrivez plutôt votre avis sur les sites de vente de billets. Ils seront ravis de le mettre en avant.
Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Rire
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor