Critiques pour l'événement Lorsque l'enfant paraît
5 févr. 2023
7,5/10
1
On passe un excellent moment avec cette pièce agréable et plutôt drôle.
On ne s'ennuie pas un seul instant durant les 2h20 car il y a beaucoup de rythme, de quiproquos et de situations rocambolesques .
Catherine Frot est excellente dans son rôle d'épouse bourgeoise vieille France .
La mise en scène est un peu rigide mais correspond parfaitement à cette époque.
Les seconds rôles sont un peu effacés et éclipsés par le duo tonitruant et efficace de Catherine Frot et Michel Fau...
Très bonne idée d'avoir dépoussiéré ce vieux texte qui nous éclaire sur les mœurs d'une famille d'après guerre !
12 nov. 2022
7,5/10
8
Belle soirée avec cette pièce classique mais qui ne vieillit pas.
Catherine frot et Michel fau nous ont régalés par leur justesse.
Le rythme de la pièce monte progressivement et certaines répliques sont à garder en mémoire.
Attention malgré tout à la visibilité vraiment réduite de certaines places au théâtre de la Michodiere.
10 nov. 2022
7,5/10
5
Il y a quelques années, j’adorais le travail de Michel Fau. Chacun de ses spectacles était un choc esthétique et émotionnel dont je ressortais complètement saisie. Un amour qui ne finit pas, d’André Roussin, fut de ceux-là. J’ai été beaucoup déçue depuis par les mises en scène de Michel Fau, mais j’ai envie de croire qu’avec Lorsque l’enfant paraît, le miracle André Roussin renaîtra.

Il s’en passe des choses chez les Jacquet ! Olympe Jacquet vient d’apprendre qu’elle est enceinte. Dit comme ça, ce ne serait pas dramatique, à ceci près qu’Olympe Jacquet a dépassé l’âge où on attend généralement un heureux événement… et que son époux n’est autre que le sénateur Charles Jacquet, fervent opposant à la légalisation de l’avortement. Et comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, les époux Jacquet vont apprendre dans la foulée que leur fils attend un enfant avec la propre secrétaire de Charles – alors qu’ils ne sont évidemment pas mariés. Et ils ne sont pas au bout de leurs surprises…

Que c’est bon de retrouver le Fau d’avant ! Le Fau anticonformiste, le Fau baroque, intelligent, et fin. Le Fau qui se déguste d’un bout à l’autre du spectacle, parce que Fau est un tout. Fau ne convient pas à tous les styles, Fau a besoin d’un texte, Fau a besoin d’une atmosphère pour pouvoir se déployer et ici Fau l’a. Fau retrouve André Roussin qui lui va si bien. Fau met en scène un texte original et culotté, et c’est comme ça que j’aime Fau.

C’est bon de retrouver Fau, mais… Car il y a un mais, un petit mais, mais autant en parler tout de suite. J’ai quand même quelques réserves sur le spectacle, qui viennent principalement du texte. C’est un texte qui a des faiblesses de construction, avec deux beaux personnages qui effacent tous les autres, devenant essentiellement des faire-valoir de l’histoire, c’est un texte un peu lourd, avec une mise en place de l’histoire trop longue pour le temps réellement apprécié du spectacle en terme de répliques cinglantes et autres belle punchlines. Pour être vraiment éclatant, peut-être aurait-il fallu couper – mais comment couper quand tout est préparation de la scène suivante ?

D’autant que c’est une pièce vraiment intéressante historiquement parlant, qui aborde des sujets rares au théâtre, et complètement tabous à l’époque d’André Roussin. Certes, elle a pris quelques rides, certes, son audace s’est un peu émoussée, et pourtant, elle fonctionne. La satire de la bourgeoisie est là et elle fait toujours rire la salle. On en accepte alors peut-être plus facilement les quelques longueurs.

Et on peut se laisser aller à savourer le spectacle. Ces somptueux décors flashys dans lesquels les costumes se fondent à merveille. Ce rythme légèrement traînant avec lequel Michel Fau balance ses meilleures répliques. Cette bourgeoisie délicieusement incarnée par Catherine Frot qui se bat avec ses contradictions en mêlant avec beaucoup de doigté émotion et ridicule. Elle est assurément la reine de ce spectacle. On a d’ailleurs parfois l’impression que tout est fait pour la mettre en valeur, telle une Sarah Bernhardt des temps modernes. Même Fau semble s’effacer pour lui laisser davantage de lumière. Ce n’était pas la peine, elle la prend à merveille. Chacune de ses répliques est une leçon de théâtre.

A déguster sans modération !
4 nov. 2022
5,5/10
1
Je m'en excuse d'avance à ceux qui ont adoré, je sens bien que quelque chose n'a pas fonctionné sur moi, mais je suis totalement passée à côté de cette pièce à cause du jeu d'acteurs.
Persuadée qu'ils sont tous de très bons comédiens je n'ai pas compris cette direction d'acteurs poussiéreuse et maniérée.
Ils jouaient tous faux, forcés, en posant face public. Ca sonnait faux comme un spectacle de fin d'année ou de 1900.
Le pompon allant aux enfants.
J'ai bien conscience que c'est certainement un parti pris, mais il n'a pas pris sur moi. Ca m'a gênée. Impossible de me laisser aller sur le texte, je ne voyais plus que ca.
J'imagine que la mise en scène souhaitait retrouver l'ambiance historique par le jeu même des comédiens.
Du coup tout m'a semblé faux et artificiel.
Et donc pas drôle.....

Pour le positif je garderais les décors magnifiques, les costumes, l'allégresse de Fau.
11 oct. 2022
5/10
2
Décevant

Ce n'est sans doute pas le meilleur texte d'André Roussin, auteur oublié malheureusement alors que fin et subtil.
Michel Fau, impeccable évidemment dans le 1er rôle, en fait ressortir toute la noirceur dans une mise en scène un peu trop statique. La tirade du grand-père, par exemple, aurait mérité un peu plus qu'un tableau de famille figé.

Catherine Frot remplit le contrat en faisant du Catherine Frot, Quentin Dolmaire fait un choix audacieux en surjouant son personnage. Ca peut surprendre mais le parti pris fonctionne.
Malheureusement, la pauvre Agathe Bonitzer qui anone péniblement son texte plombe laborieusement toutes les scènes où elle apparaît et on se demande, gêné, ce qu'elle fait là.

Au bout du compte, c'est amusant mas un peu long et un peu laborieux, sauf, encore une fois, quand Michel Fau est sur scène, avec son métier et son respect de ses partenaires.