Les Premiers

Les Premiers
  • Théâtre de Belleville
  • 94, rue Faubourg du Temple
  • 75011 Paris
  • Goncourt (l.11)
Itinéraire
Billets à 25,00
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Deux êtres à la marge se rencontrent. Tantôt gueux, tantôt prince et princesse, ces deux animaux amoureux s’apprivoisent, s’aventurent et se dévoilent devant nous.

La tendresse devient possible, le grand n’importe quoi aussi. A tes côtés je peux tout faire. Regarde moi !

 

Texte et mise en scène : Jeanne Lepers 

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10 mars 2020
9/10
8 0
« C'est dur, l'amour ! »
Pas faux, André !

André, nous le découvrons sur son matelas, endormi sous une couverture militaire.
Il habite une maison assez rudimentaire, sans grand confort. Un abri, une cabane, un refuge qui lui permet de ne pas rester à l'extérieur.

De l'extérieur, justement, va surgir Rislieux, d'une façon que personne n'imaginait.

Nous n'allons pas tarder à découvrir que ces deux-là, elle et lui, sont deux solitaires, des êtres à la marge, « inadaptés » l'un à l'autre.
Deux entités humaines qui ne savent pas grand chose ou qui ont tout oublié.
Spécialement en ce qui concerne l'amour...

Les premiers de leur espèce ?
Un Adam et une Eve des temps modernes ?
Un dieu, une déesse chargés sur une Olympe de pacotille d'imaginer et de mettre en place un archétype du récit amoureux ?

Jeanne Lepers a écrit, à la façon de Bertrand Blier ou encore de Rémi De Vos, un conte, une fable surréaliste, drôle, parfois caustique, parfois émouvante, dans laquelle elle va s'attacher à disséquer ce qui fait la spécificité de la relation amoureuse, vue par le prisme de l'ignorance et de la découverte.

Ses deux héros, ce sont des non-sachants. Ils ne savent pas aimer, ils ne savent pas le dire, l'avouer, le faire, le rêver ou le regretter. Pour autant, ils vont découvrir que cet amour où tout est à faire constituera leur salut.
Pour eux, tout est à faire. La séduction, la sensualité, l'érotisme, mais aussi le manque, la séparation, les regrets, le pardon...

Nous allons énormément rire, parce que la façon dont ces deux-là vont aller de découvertes en découvertes, cette façon-là est très drôle.
Des situations paroxystiques, des détournements de codes et de chansons d'amour servant à mettre en évidence leur envie de s'échapper de leur condition de solitaires, (les fans de Garou se régalent), des petits ou grands gestes emphatiques, tout ceci nous tire quantité de rires.

Melle Lepers a également beaucoup travaillé sur le thème des rituels.
André, puis Rilsieux, sont des êtres de rituels. Des adeptes des algorithmes de tous les jours, acquis et revendiqués pour lui, à découvrir pour elle.

Ce sont bien souvent ces petites scènes qui mettent en place de façon très humoristique ces routines ordinaires créant la grande drôlerie voire le côté burlesque de la pièce.
A ce titre, une magistrale scène de petit-déjeuner m'a fait à maintes reprises hurler de rire.
Vous ne regarderez plus votre plaquette de beurre, votre tasse de café ou votre sucrier de la même façon après avoir vu cette pièce.

Dans ce théâtre de l'absurde, dans ce théâtre qui prend son temps, les deux comédiens Kristina Chaumont et Adrien Guiraud sont particulièrement excellents.

Ils incarnent ces deux personnages surréalistes avec une force, une énergie et une conviction totales.
J'ai totalement cru à ces deux marginaux sympathiques, attachants.
J'ai eu envie de les aider à se découvrir, à s'apprivoiser, ils m'ont captivé à suivre leurs déboires amoureux.

Ils m'ont fasciné à jouer leur émerveillement devant toutes les découvertes des petits événements qui font la relation amoureuse : une caresse sur la joue, un baiser ou une encore étreinte maladroite.

Mais l'amour, c'est aussi le corps.
Le corps qui en bougeant, en se mouvant dit également beaucoup de choses.

Les deux personnages se lancent parfois dans des sortes de danses étranges et très réussies, chorégraphiées par Julien Gallée-Ferré.
Avec une précision qui met en scène la maladresse des deux personnages, ces ballets permettent eux aussi de nous montrer l'envie irrésistible mais aussi la difficulté de trouver le salut dans la nécessité de ne plus être seul.

Mais attention : pas à n'importe quel prix !

Rilsieux nous le dira clairement. « On n'est pas des animaux, on est des amoureux ! ». Elle sait exactement dans quel cosmos situer l'éros !

Immanquablement, cette pièce nous renvoie à notre expérience en matière de récit amoureux.
Impossible de ne pas se projeter dans notre propre passé, proche ou éloigné, impossible de ne pas faire référence à nos propres expériences, qu'elles soient heureuses ou malheureuses.

Il me faut également mentionner les belles lumières de Carine Gérard, qui contribuent pleinement elles aussi au propos de l'auteure-metteure en scène.

Je vous conseille fortement ce spectacle intelligent, étonnant et passionnant, qui ne peut laisser personne indifférent.
Je ne suis pas près d'oublier le drôle et formidable couple de théâtre que forment André et Rilsieux !
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor