Les petites filles modèles

Les petites filles modèles
  • Lucernaire
  • 53, rue Notre-Dame-des-Champs
  • 75006 Paris
  • Notre-Dame-des-Champs (l.12)
Itinéraire
À l'affiche du :
3 février 2020 au 26 avril 2020
Jours et horaires
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l m m j v s d
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La belle-mère de Sophie, Mme Fichini, décide de se débarrasser d’elle en la laissant à la garde de la douce Mme de Fleurville et de ses deux amies, Camille et Madeleine.
Sophie, qui a manqué de tout, y compris du nécessaire, va apprendre au rythme de ses expériences que la vie chez Mme de Fleurville est très différente de celle qu’elle a connue jusqu’ici.

Sophie deviendra-t-elle une petite fille modèle ?

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13 févr. 2020
9/10
41 0
Quand la Comtesse de Ségur (née Rostopchine, comme de bien entendu), est passée au filtre Tex Avery !

Rébecca Stella et Danielle Barthélémy nous proposent une réjouissante et hilarante version de ces Petites filles modèles.
Des demoiselles à l'aspect très XIXème siècle, mais néanmoins très ancrées dans notre contemporanéité.

Voici en effet l'une des grandes réussites de cette adaptation, qui actualise le texte en faisant appel à notre politiquement correct, à nos tics de langage et d'écriture avec notamment l'emploi de hashtags et de certaines expressions, ainsi qu'à nos préoccupations coutumières en matière de réchauffement climatique, de cultures bios et de notre rapport moderne à l'enfance.

Nous suivons donc les aventures de Sophie, enfant malheureuse confiée à sa belle-mère, qui va découvrir que d'autres rapports adultes-enfants existent grâce à la famille de Mme de Fleurville.

Sous couvert d'un divertissement certes de grande qualité, les deux auteures vont délivrer un vrai message humaniste à destination des têtes plus ou moins blondes présentes dans la salle.
Quelle est la place de l'enfance, quels sont les droits et les devoirs des petits, mais peut-être ceux des adultes envers leur progéniture ?
Ces vraies et importantes questions sociétales sont distillées tout en finesse et avec une grande intelligence, de façon subtile et néanmoins pédagogique.
Et surtout très drôle.
Nous sommes loin du message très moralisateur de l'ouvrage initial.

Ici, le burlesque va régner en maître.
Nous sommes parfois entre Tex Avery (je me répète) ou Chuck Jones, et la Comedia Del'Arte.

Tout est très physique, très rythmé, très enlevé.
Sur le plateau, pas une seule seconde de répit, si ce n'est quelques « bleus plateau » destinés notamment à permettre les changements de costumes.
Dans un décor fait de tentures en fils dorés très fin, sur lesquelles sont projetés les très jolis dessins plus ou moins animés de Sabine Allard, les quatre comédiens n'arrêtent pas, avec des rôles très physiques.

D'autant que le spectacle est musical, avec des chansons elles aussi décalées.

Sans oublier le talent de Melle Claire-Marie Bronx, qui nous régale de son étonnante Habanera (M. Bizet doit être satisfait), et de son grand talent de violoniste.
J'ai énormément ri du runing-gag avec son archet. Je ne vous en dis pas plus !
Elle interprète également Camille, l'une des petites filles modèles.

Sa sœur est interprétée par Sarah Fuentes, qui campe également une extraordinaire Mme de Fleurville.
Melle Fuentes m'a irrésistiblement fait penser à Lady Palace, interprétée naguère par la grande Valérie Lemercier dans la série Palace.
Dans son rôle d'aristocrate très prout-prout, très collet montée, mais voulant paraître très naturelle et très libérée, Melle Fuentes est formidable.
La comédienne déploie tout une palette d'effets comiques qui déclenchent à chaque fois l'hilarité des petits mais également des grands spectateurs.

A cet égard, sa séance de fitness est grandiose ! Je vous laisse découvrir.

Amélie Saimpont est parfaite en Sophie, s'extasiant devant une poupée, désobéissant dans le verger, disparaissant dans la forêt...
On croit totalement à son rôle de fillette. Sans caricature, elle incarne cette gamine qui découvre un autre univers dont les codes ne lui sont pas familiers.

Et puis Raphaël Poli, dont j'avais déjà beaucoup apprécié la participation dans un précédent spectacle déjà, La constellation des contes, Raphaël Polio, donc, est Nicaise, le précepteur des fillettes.

Lui aussi est très drôle en benêt jovial, parfois pontifiant mais toujours sympathique.
Le duo qu'il forme avec Sarah Fuentes est souvent hilarant. (Ah ! Cette scène de séduction dansée !)

Et puis un coup de chapeau appuyé à Alice Touvet, pour ses costumes très réussis !

Une nouvelle fois, et ça devient vraiment une excellente habitude, Rebecca Stella et Danielle Barthélémy nous proposent un spectacle d'une grande intelligence, qui divertit petits et grands, mais qui fait également passer toute une gamme de vraies valeurs.

De la très belle ouvrage !

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Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor