Le postillon de Longjumeau

Le postillon de Longjumeau
  • Opéra Comique, salle Favart
  • 1 Place Boieldieu
  • 75002 Paris
  • Grands Boulevards (l.8, l.9)
Itinéraire
Billets de 6,00 à 138,00
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Le jour de ses noces avec une jeune aubergiste de Lonjumeau, le postillon Chapelou est repéré par le directeur de l’Opéra qui l’engage comme soliste et l'emmène à Paris. Mais Madeleine entend récupérer son mari…

Est-ce le récit d'une ascension sociale sous l’Ancien Régime ? Ou bien un hommage souriant du XIXe siècle industriel au XVIIIe siècle galant ? Ou encore l’aventure d'un séducteur pris à son propre jeu ?

C'est tout cela et bien plus, c’est le triomphe du chant : celui de Chapelou avec son air au contre-ré décisif, celui de Madeleine aux étourdissantes métamorphoses vocales. L’ouvrage mythique d’Adolphe Adam retrouve l'Opéra Comique qui l'a vu naître : il enflamma durablement l'Europe mais n’avait plus été joué dans nos murs depuis 1894.

Il faut le talent et l’humour de Michael Spyres pour incarner ce héros aussi vaniteux que séduisant, l’entrain de Sébastien Rouland pour déployer cette partition signée du maître du ballet romantique, et la subtilité de Michel Fau pour rendre justice, après Ciboulette, à toutes les facettes de cette éblouissante comédie.

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10 avr. 2019
10/10
3 0
Un spectacle délicieux que j’ai particulièrement apprécié :
La partition musicale dont j’ai découvert les belles pages et qui m’ont enchantées, l’interprétation valeureuse de Michael Spyres, Florie Valiquette et Franck Leguérinel, et du choeur Accentus -Opéra de Rouen, excellent, tout comme l’orchestre, le foisonnement des couleurs, la chatoyance des tissus et la beauté des costumes de Christian Lacroix, le parti-pris scénographique de Michel Fau, qui a su une fois encore aborder cet ouvrage par un travail plein d’esprit et non dénué d’humour, le décor « bonbonnière », kitch à souhaits.
L’Opéra-Comique a bien eu raison de faire revivre cet ouvrage, créé en ses murs en 1836, qui connut un succès énorme et pourtant quitta son répertoire en 1894.
Il connût un succès grandiose à travers l’Europe, et même à Riga où le jeune Richard Wagner le dirigea plusieurs fois. Quand il cherchait l’inspiration, pour ses propres œuvres et ne dormait pas, il chantait dans sa tête le fameux Postillon.
Si jamais l’occasion vous en est donnée, n’hésitez pas un instant, courez vois le Postillon de Lonjumeau…

Vous sortirez de ce spectacle l’âme légère et l’esprit joyeux et peut-être vous chantonnerez vous aussi.
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29 mars 2019
9,5/10
24 0
« Faites des élèves, cherchez des voix ! »
Tel est l'ordre intimé par sa Majesté Louis le Quinzième à son intendant des menus plaisirs, le ci-devant Marquis de Corcy.
Celui-ci va en trouver une, de voix, et une belle, même. Celle du postillon de Longjumeau.

Bon, que celui-ci vienne de se marier, laissant en plan sa Madeleine de femme juste avant la nuit de noces, ceci n'a que peu d'importance. Le voici donc qui quitte sa banlieue, bien décidé à conquérir Paris. Ce qu'il fera.

Nous le retrouvons, ce postillon-Chapelou de ténor, devenu le célèbre Saint-Phar, idole lyrique de la Cour en résidence à Fontainebleau.
Il tombera amoureux de Mme De Latour, qu'il voudra épouser.
Deviendra-t-il bigame ? Sera-t-il pendu pour cette raison ? Le suspens est à son comble, non ?

Cet opéra-comique avait tout pour séduire son metteur en scène, Michel Fau.
Tout d'abord, cette œuvre n'avait pas été jouée à Paris depuis... 1898 ! Il était donc très tentant de remettre au goût du jour ce Postillon-là, une histoire de voix, de chant. Et de travestissement !...
De plus, cette œuvre parle du dénominateur commun à toutes les mises en scènes de Michel Fau : l'amour. L'amour tout au long d'une vie, l'amour sous toutes ses facettes.

Et puis, nous nous rendons très rapidement compte que nous sommes en présence d'une magnifique mise en abyme : il est question d'opéra dans l'opéra. L'occasion également de régler quelques comptes, avec un ténor qui ne veut pas chanter, des choristes fatigués, pratiquement prêts à entamer une grève...

Ce qui saute immédiatement aux yeux dans cette production, c'est la couleur.
Michel Fau nous propose un véritable feu d'artifice coloré, avec des teintes flashy, presque fluo, renforcées par des éclairages très fortement colorés de rouges, verts, bleus primaires, ou encore des lumières noires qui font ressortir certaines nuances.

Le plateau est parfois à mi-chemin entre l'intérieur d'un magasin Desigual et un délicat diorama, avec de multiples cartons découpés qui descendent et remontent des cintres.

Les somptueux costumes de Christian Lacroix (oui, je sais, c'est un pléonasme) prolongent cette impression de déferlement de couleurs.
Ils permettent également de renforcer la mise en abyme : nous sommes dans un opéra écrit au XIXème siècle qui parle d'une intrigue du XVIIIème siècle, avec des costumes très baroques, en droite ligne du XVIIème. (Le costume doré de Saint-Phar n'a rien à envier à celui de Louis XIV dans son ballet royal de la Nuit, en 1653.)

Sébastien Rouland est à la baguette, et mène l'orchestre Rouen-Normandie de main de maître.
Le chœur Accentus confirme s'il en était encore besoin qu'il est bien l'une des meilleures formations européennes.

Quatre remarquables et remarqués artistes lyriques se partagent les rôles principaux.

Michaël Spyres, le ténor originaire du Missouri, est ce postillon-chanteur.
Celui dont j'avais adoré son Rodolphe dans La nonne sanglante, ici même à l'Opéra Comique, nous enchante de son timbre et de sa tessiture très étendue.
Il faut pouvoir monter au contre-ré ! Lui, aborde cette note sans aucun problème ni effort, avec une facilité déconcertante !
C'est également un vrai comédien qui nous fait beaucoup rire.

Tout comme Franck Leguérinel (le vizir de Mârouf le savetier), qui est un épatant marquis de Corcy.
Le baryton est très drôle. Une sacré force comique se dégage de son interprétation. Son «Puis-je espérer que bientôt ?... » répété à l'envie est épatant !

Laurent Kubla, le baryton basse qui jouait Gil Perez dans La nonne sanglente, interprète Biju et Alcindor. Ses duos avec Michaël Spyres sont de toute beauté.

Et puis c'est la soprano québecquoise Florie Valiquette, dont c'est la première prestation salle Favart qui interprète le double rôle de Madeleine et Madame De Latour.
Melle Valiquette est éblouissante de virtuosité et de grâce. C'est pour moi une vraie découverte. C'est la première fois que je l'entendais, et j'ai été totalement conquis par son timbre chaud, aux subtiles nuances. Elle aussi est une comédienne accomplie.

Enfin, M. Fau pouvait-il résister à l'envie d'interpréter Rose, la suivante de Mme De Latour ?
Habillé de la même façon couleur fraise que sa maîtresse, une immense perruque sur la tête, il faut s'y prendre à deux fois pour le reconnaître, au début de l'acte II.
Puis, en bas de soie blancs, et petit caraco et en vertugadin assortis, avec des petits nœuds roses, se trémoussant à qui mieux mieux, il sera irrésistible !

Ce spectacle est donc une vraie et incontestable réussite.
Une nouvelle fois, l'Opéra Comique nous donne à découvrir, et de quelle manière, une œuvre quasiment oubliée en France.
La mise en scène de Michel Fau allie un rythme époustouflant à une direction d'acteurs on ne peut plus efficace, et à une espèce de folie contrôlée qui embarque la salle Favart dans un tourbillon coloré.

Je vous recommande vraiment plus que vivement ce Postillon de Longjumeau, même si vous ne résidez pas en Essonne !
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Musique
Talent des artistes
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor