Le livre de la jungle

Le livre de la jungle
De Rudyard Kipling
  • La Scène Parisienne
  • 34 rue Richer
  • 75009 Paris
  • Cadet (l.7)
Itinéraire
À l'affiche du :
3 octobre 2020 au 3 janvier 2021
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l m m j v s d
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Le livre de la jungle c’est le voyage initiatique de Mowgli, ce petit homme progressivement adopté par la jungle au gré de musiques entraînantes et de chansons mythiques.

Il nous emmène dans un univers dont l’éducation, la combativité, les liens du cœur, le rêve et l’amitié sont les piliers.

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21 oct. 2020
8,5/10
5
Les loups sont entrés dans Paris !
Non seulement dans Paris, mais également sur le plateau de la Scène Parisienne.

C'est en effet la meute d'Akela, le chef du clan, qui nous attend sur la scène.
Sur la scène, et dans le public qui s'installe, également, pour le bonheur et la joie des jeunes spectateurs.

Dame, caresser un loup, ça n'est pas tous les jours permis....

Joy Belmont a eu la très bonne idée d'adapter et de mettre en scène le chef-d'œuvre de Rudyard Kipling.
Nous allons donc retrouver pour notre plus grand plaisir les personnages immortalisés notamment par les studios Disney, dans l'un de leurs plus grands dessins animés, sorti au cinéma en 1967.

Le plus grand défi pour l'adaptation d'une telle histoire pour le spectacle vivant, c'est évidemment la problématique de la représentation des animaux.
Pour résoudre ce problème, Melle Belmont s'est adjoint les services, les remarquables services même de Géraldine Maamar-Dine, qui a conçu de très beaux costumes.

A base de combinaisons de fourrure, avec de grosses têtes portées par les comédiens, Baloo, Bagheera, Shere Khan ou encore Tabaqui le chacal sont devant nous.



Seul Quentin Bossis, en Mowgli, ne sera pas transformé en bête sauvage.

Bien entendu, ces costumes ne suffisent pas. Encore faut-il que ceux qui les portent leur donnent vie.
Ici, c'est pleinement le cas.

La petite troupe va se dépenser sans compter.
Une belle énergie, un vrai bonheur de jouer et de faire participer le public se dégage de l'entreprise.
Pas de temps morts, pas de moments où la tension se relâche.

Toutes les issues de la salle sont mobilisées, et le quatrième mur vole en éclats de bois d'okoumé ou de teck.

Le jeune public ne s'y trompe pas. Les enfants participent pleinement, (les grands aussi d'ailleurs, puisque nous faisons tous partie de « l'assemblée du peuple libre »...).


Les jeunes têtes brunes ou blondes suivent sans problème l'action, et tous chantent en chœur.
En effet, la célèbre chanson « Il en faut peu pour être heureux » est de la partie, réorchestrée pour l'occasion. (Je défie d'ailleurs quiconque à la sortie du spectacle de ne pas fredonner ce tube !)

Des scènes sont particulièrement réussies, comme la grande scène du serpent Kaa (un coup de chapeau à Mademoiselle Chloé David qui nous démontre non seulement son talent de comédienne mais également celui de danseuse !), les scènes chorégraphiées, ou encore celle où Mowgli, en allant chercher la fleur rouge, rencontre pour la première fois un autre être humain, en l'occurence une toute jeune fille.


C'est la chacal Tabaqui, l'âme damnée de Shere Khan qui assure tout particulièrement le côté humoristique.
Les facéties, le bagout, la veulerie et la couardise du personnage ravissent tout le public.

La bataille finale, entre Mowgli et le fourbe tigre est également très forte émotionnellement parlant, éclairée très joliment grâce aux projecteurs de lumière noire.

Ce livre de la jungle est de plus un spectacle formellement très beau.
On croit vraiment à la jungle certes stylisée, aux lianes-balançoires et aux régimes de bananes (Ah ça ! Les spectacles actuels de la Scène parisienne comporteraient-ils tous des fruits jaunes et allongés de la famille des Musaceae ?).

Nous sommes vraiment plongés dans la forêt vierge, limitrophe du village des hommes.

Du roman initiatique de Mister Kipling, les grands thèmes sont tous présents, et chaque petit spectateur peut prendre ce qu'il a à en tirer : l'acceptation de la différence et de l'Autre, l'apprentissage de la condition humaine, l'obéissance et par conséquent la désobéissance.

Alors évidemment, en une heure et dix minutes, il a fallu faire des choix.
Joy Belmont a assumé le fait de ne pas évoquer le colonel Hathi et ses éléphants, ou encore les personnages de Mor, Mang ou le buffle Rama.

Les seuls six comédiens ont déjà suffisamment assez à faire avec tous leurs multiples rôles.

Réussir un spectacle pour les enfants n'est pas une mince affaire. Je connais au moins un grand nom du spectacle qui s'y est cassé les dents, notamment sur ce même sujet.
Ici, l'entreprise artistique fonctionne pleinement.
Melle Belmont et sa petite troupe ont totalement réussi la gageure d'adapter ce roman pour la scène.

Au final, j'ai passé un très bon moment à suivre l'intrigue et les péripéties de cette histoire universellement connue.
Tout comme les jeunes, voire très jeunes spectateurs, qui eux non plus n'ont pas boudé leur plaisir et qui vibrent à l'unisson. Le tonnerre d'applaudissements au salut était à ce sujet très révélateur.

M. Kipling, vous pouvez dormir sur vos deux oreilles. Votre œuvre est entre de très bonnes mains !
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Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor