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Le domino noir

Le domino noir
  • Opéra Comique, salle Favart
  • 1 Place Boieldieu
  • 75002 Paris
  • Grands Boulevards (l.8, l.9)
Itinéraire
Billets de 6,00 à 135,00
Evénement plus programmé pour le moment
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Opéra-comique en trois actes. Livret d'Eugène Scribe. Créé le 2 décembre 1837 à l'Opéra Comique (Salle des Nouveautés).

Juste avant de prendre le voile, la nièce de la reine d’Espagne quitte le couvent incognito pour danser une dernière fois au bal. Mais au moment de rentrer, elle se retrouve enfermée dehors. Elle va devoir, au cours d’une folle nuit, changer plusieurs fois d’identité, de projet… et pour finir de vocation.

Neuvième ouvrage le plus joué à l’Opéra Comique, Le Domino noir est l’emblème de son répertoire romantique ainsi que le meilleur titre d’Auber d’après Berlioz, « léger, brillant, gai, souvent plein de saillies piquantes et de coquettes intentions». En scène se succèdent quiproquos et travestissements tandis que la partition combine pages espagnoles, ensembles enjoués et airs virtuoses.

Valérie Lesort et Christian Hecq composent un plateau à métamorphoses, plein de fantaisie et de poésie, tandis que Patrick Davin revient défendre l’art d’Auber à l’Opéra Comique, après avoir réhabilité La Muette de Portici en 2012.

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2 avr. 2018
10/10
26 0
Comme mes petits camarades, j'ai adoré cette production !
Que de créativité, de poésie, d'humour, tout a été dit. J'ai bien ri !
Le plateau vocal n'est pas en reste, ils ont tous très bien servi la musique de M. Auber.
En juin j'y retourne pour "la nonne sanglante" de M. Gounod, brrr...
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1 avr. 2018
10/10
28 0
Une résurrection prodigieuse!

Il ne fallait personne d’autres que le tandem Christian Hecq /Valérie Lesort (respectivement sociétaire de la Comédie Française et plasticienne-marionnettiste) pour faire renaître -avec virtuosité et malice-, cet ouvrage oublié depuis 1912… ! (musique Auber, livret Scribe).
Une œuvre pourtant jouée plus d’un millier de fois à l'Opéra Comique, depuis sa création. Un très grand succès à l’époque. Elle était paraît-il programmée chaque année.

Dans ce spectacle, on reconnait bien la « patte » artistique si personnelle, si fantaisiste et si brillante, de ce couple, "les bi-céphales ", appellation sous laquelle l’ensemble des artistes de cette production a pris l’habitude de les désigner. C’est le tandem qui le dit !
Ils sont en matière de mise en scène, les maîtres absolus du visuel et du mouvement.

A l’instar du travail accompli pour « 20 000 lieues sous les mers », que j’avais adoré, ils ont fait preuve là encore, de fantaisie, d’humour, de poésie, d’inventivité, d'ironie, de créativité mais, important à mes yeux, ils ont aussi respecté et le livret et l’œuvre musicale.
Ils ont su avec humilité, car ils reconnaissent que le lyrique jusque-là, ne faisait pas trop partie de leur univers, donner aux artistes (chanteurs, solistes et choeur, musiciens, danseurs) toute leur place et aussi les écouter… C’est pour cette raison aussi que le résultat est bluffant.

C’est réglé au cordeau, plein d’allant et d’inattendu, de clins d’œil, et le jeu dramatique des chanteurs est excellent (le parlé et le chanté se succèdent aisément -sans que cela sonne faux, comme il arrive parfois pour ce type d’œuvre, et ce avec une parfaite maîtrise).
Il faut dire aussi que les artistes lyriques, présents sur ce plateau, sont de bons comédiens et semblent prendre plaisir à jouer la comédie. Et qu’ils sont, c’est certain, bien dirigés.

La musique est belle. Le maestro Patrick Davin sait faire ressortir la finesse, la fraîcheur, l’élégance et la variété de cette composition. Il a évité les effets trop marqués de bouffonnerie. Les « espagnolades » sont discrètes. C’est remarquable.

Auber est peu connu, peu joué et c’est bien dommage …
Heureusement l’institution de l’Opéra Comique veille au grain, et c’est la 3ème production d’Auber (depuis le début de l’ère Deschamps puis Mantéi) qu’elle nous présente, après « Fra Diavolo » et « la Muette de Portici ». J’avais bien aimé les deux premières, mais celle-ci est particulièrement brillante… et plaisante

Les artistes ont plaisir à l’interpréter que ce soit dans la fosse (l’orchestre de radio France -en formation réduite- est guilleret) ou, sur scène (un plateau vocal de langue française exemplaire -pas besoin de lire le sur-titrage, on comprend chaque mot et donc toute l’histoire).

L’Opéra Comique prend le soin de réunir le plus possible de jeunes artistes lyriques de langue française, pour interpréter les oeuvres de notre répertoire français et, pour ma part, je m’en réjouis ! (contrairement au Benvenuto Cellini de l’Opéra Bastille, où aucun des solistes n’est francophone -sauf Michèle Losier, canadienne et excellente-, ce qui oblige, si l'on veut suivre, à lire le sur-titrage !!).
Ici, même l’anglais (rôle essentiellement parlé) est interprété par un français… Laurent Montel qui s’en donne à cœur joie pour incarner ce personnage ridicule.

Une belle distribution, avec en particulier une Anne Catherine Gillet absolument magnifique en Angèle, personnage plus complexe sans doute que les autres. Avec des changements de registre qu’elle assure bien. Et une présence sur scène quasi en continu.
Et à côté de figures plus légères, les hommes ou l’amie d’Angèle, des figures comiques, dont une Jacinthe, Marie Lenormand, qu’on n’oubliera pas de sitôt. Je n’en dis pas plus, pour vous laisser la surprise.
Les caractères sont bien typés -tous- et par les voix et par les costumes. Et les rôles sont bien tenus. Tous m’ont enchanté.

Le « domino noir » une soirée délicieuse à ne bouder en aucun cas, s’il reste encore des places mardi et jeudi soir prochains.
Alors, n'hésitez pas, précipitez vous !
10/10
22 0
Un opéra comique féerique, surprenant de bout en bout, d’un plaisir grand et mémorable.
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27 mars 2018
10/10
46 0
Merveilleux ! Féérique ! Grandiose !
Ce que j'ai vu hier soir à l'Opéra Comique relève pleinement de ces épithètes enthousiastes !

Mais quelle excellente idée d'avoir voulu remettre à l'honneur cet opéra-comique quasi oublié de Daniel-François-Esprit Auber, une œuvre qui paradoxalement, en terme d'oeuvre la plus jouée à la Salle Favart, arrive en neuvième place.

Et puis surtout, quelle idée de génie d'avoir confié la mise en scène au couple Lesort-Hecq !

On les connaît bien, Christian Hecq (Sociétaire de la Comédie Française) et Valérie Lesort-Hecq.
Ces deux-là nous avaient enchantés voici deux saisons de cela en adaptant Vingt mille lieues sous les mers au Vieux-Colombier.

Ils ont appliqué ici leurs mêmes infaillibles recettes : un humour irrésistible et caustique, un mélange comédiens-chanteurs / marionnettes, un rythme époustouflant, une puissance visuelle hors du commun, un incroyable souci du détail, une efficacité totale, des références permanentes à d'autres disciplines artistiques (cinéma, mime, grands shows télévisés, etc, etc...) et puis surtout un goût très sûr !
Avec les Hecq, ce que l'on voit relève d'une grande finesse et d'une réelle délicatesse. Rien n'est lourd, rien n'a besoin d'être appuyé, tout est spirituel, enlevé, léger et en même temps d'une grande force dramaturgique.

Impossible d'oublier par exemple ces costumes zoomorphiques, ces trouvailles visuelles en matière de mime, ou de manipulation : la "scène du cochon" est l'une des plus inventives que j'ai pu voir depuis longtemps. Cette scène-là est à mourir de rire et force l'admiration.

Alors bien entendu, il s'agit ici d'une œuvre musicale.
Le couple de metteurs en scène a décidé de faire de cette production une sorte de vaudeville à la fois feydolien et lyrique.
Oui, Feydeau n'est pas loin. La mécanique d'horlogerie infernale est bien là (les amateurs d'horloge se régalent, au premier acte...), les portes claquent, les personnages extravagants sont mis en avant.

Il faut dire que les rebondissements parfois surréalistes du livret se prêtent particulièrement à ce parti-pris.
Cette Brigitte de San Lucar qui va s'amouracher du jeune Horace de Massarena lors du grand bal masqué de Noël donné par la reine d'Espagne, alors qu'elle ne va pas tarder à rentrer dans les ordres, tout ceci relève assez de situations croquignolesques, avec les péripéties qui vont avec.

Patrick Devin, le jeune et brillant chef conduit une véritable rolls : l'orchestre philarmonique de Radio France.
Vive le service public ! (Comprenne qui veut, comprenne qui peut !)
M. Devin rira très souvent en regardant ce qui se passe sur scène. C'est un signe qui ne trompe pas, lorsque le chef est subjugué par ce qu'il voit !

Je n'aurai garde d'oublier les remarquables jeunes solistes qui ont enchanté toute la salle, avec notamment la mezzo Antoinette Dennefeld, qui campe une Brigitte de bien belle manière. La voix, la hauteur, la puissance sont remarquables.

Le Horace de Cyrille Dubois est également exemplaire. Le tout jeune ténor lui aussi a ravi les mélomanes. Il est plein d'allant, de fougue, et joue également la comédie de bien belle façon.

J'ai beaucoup apprécié également le baryton-basse Lurent Kubla dans le rôle de Gil Perez. Une vraie présence scénique, une vraie vis comica se dégageait de sa prestation. Je me demande si Christian Hecq ne s'est pas projeté un peu en lui... Je lui demanderai de vive voix dans très peu de temps...

Sylvia Bergé, elle aussi Sociétaire du Français, est une hilarante Ursule, qui ambitionne à tout prix de devenir la mère supérieure du couvent. (J'ose un affreux calembour : elle veut devenir calice à la place du calice ?)

J'insiste vraiment sur le fait que tout ces chanteurs lyriques sont également des acteurs accomplis, qui ne font pas que chanter là où on leur dit de chanter. Ce sont véritablement des comédiens !

Il me faut également mentionner les somptueux et tellement inventifs costumes de Vanessa Sannino. C'est vraiment de la belle ouvrage. Le tout premier costume à apparaître devant le rideau rouge est tout simplement extraordinaire de simplicité et de force suggestive. Du grand art.

J'ai donc passé l'une de ces soirées qui filent trop vite.
L'une de ces soirées qui vous marquent, vous qui voyez quand même quelque cinq-six spectacles par semaine.
L'une de ces soirées inoubliables, parce qu'à tous les niveaux règnent en maîtres absolus l'art, le talent et la réussite.
L'une de ces soirées au sortir desquelles vous vous sentez vraiment heureux, et n'avez qu'une seule envie : tenter de faire partager de toute urgence et du mieux que vous pouvez ces instants de bonheur !

A-t-on bien compris combien j'avais adoré ce spectacle ?
Merci à tous ! Merci pour tout, Mme et M. Hecq !
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Musique
Talent des artistes
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor