- En tournée
- En tournée dans toute la France
Le Chat

- Jean Benguigui
- Myriam Boyer
- En tournée dans toute la France
Deux personnes âgées.
Dans les chantiers, la boule de démolition scande la destruction inexorable du Paris des années 60.
Et dans le quartier populaire de Marguerite et d'Émile, le champ de ruine des maisons ouvrières se juxtapose à celui de leur couple, muré dans la haine et la suspicion.
Marguerite et Émile ne peuvent pourtant pas vivre éloignés l'un de l'autre !
D'après l'oeuvre de Georges Simenon publiée en 1967 et adaptée au cinéma avec Jean Gabin et Simone Signoret en 1971. Cet auteur belge est notamment célèbre pour sa série de romans policiers sur le commissaire Maigret adaptés à la télévision.
Myriam Boyer est une actrice de 68 ans récompensée de deux Molières (1997 et 2008). De 2014 à 2016, elle a joué au théâtre dans Chère Elena.
Jean Benguigui est un acteur français de 72 ans. Il a notamment joué dans Le Grand Pardon, Astérix et Obélix Mission Cléopâtre et de nombreuses pièces de théâtre, dont Inconnu à cette Adresse en 2015.
La critique de la rédaction : 6.3/10. Une histoire touchante sur un couple dont la relation se dégrade peu à peu. Hélas, Le Chat manque cruellement de rythme.
C'est assez bien construit, avec des scènes jouées dans le désordre. Le décor amovible est plutôt astucieux. Il nous aide à nous repérer dans le temps, parmi les flash-back fréquents qui nous font revivre la rencontre de Marguerite et Émile, des moments de vie où ils s'entendent et d'autres où ils se disputent en se jetant des mots d'insultes.
La mise en scène, esthétique, plonge pourtant l'action dans un état de léthargie avancé.
Myriam Boyer en femme très attachée à ses principes d’éducation absurdes et Jean Benguigui en homme bourru jouent bien. Ils donnent beaucoup d'humanité à leur personnage. Quelques passages sont émouvants mais l'ensemble est trop lent.
J'ai même piqué un petit roupillon.
Encore une pièce de cette saison agréable mais pas assez aboutie pour donner envie de la conseiller.
L'amour, la haine et le temps qui passe. Déception et amertume et malgré tout le besoin de l'autre.
Autant de thème présentés par ces deux monstres sacrés.
Le démarrage tout d'abord de la pièce. Monologue de Jean Benguigui. Il ne m'a pas séduit dans cette scène mais en revanche beaucoup plus ensuite. Puis vient la scène suivante, sans aucun échange verbal entre les deux personnages. Ce qui nous met tout de suite dans l'ambiance. Tension, petite mesquinerie, le climat est posé. Le cube pivotant sur lui-même sensé nous faire passer les années est bien trouvé. En revanche, au niveau du découpage des scènes, ces aller-retours entre le présent et le passé peuvent lasser et perdre le spectateur. C'est ce qui s'est passé. J'ai décroché vers la fin et j'ai pu constater dans la salle, que je n'étais pas la seule. Mon voisin de gauche s'étant endormi. Preuve que le rythme est très lent. Dommage car les acteurs sont bons et je suis d'accord avec ce que j'ai lu, Jean Benguigui, hormis la scène de départ, s'en sort très bien et fait passer énormément de choses. On se prend réellement d'affection pour lui. Myriam Boyer incarne bien son rôle mais elle m'a moins bluffé. Au final, un avis assez mitigé. Les personnages qui sont sur scène sont des personnages âgés donc un rythme plus soutenu aurait pu paraître incongru. C'est le quotidien de deux personnes âgées qui se sont connues sur le tard et ont choisi de finir leur vie ensemble par commodité. Cela par contre est très bien traduit dans la pièce.
On sent parfaitement que le personnage interprété par M. Boyer n'a jamais eu d'amour pour cet homme. La scène de danse en dit long sur son état d'esprit. Tout comme le moment où Jean Benguigui expose aux spectateurs qu'il est rejeté par cette femme, qu'il ne peut même plus toucher. Mais cela n'a pas été suffisant pour me convaincre. Dommage car j'attendais beaucoup de cette pièce.
Jean Benguigui tire selon moi son épingle du jeu en étant finalement le plus émouvant des deux ; Myriam Boyer, toujours juste, est moins surprenante.
Le problème pour moi c'est la mise en scène, ce parti pris chronologique (enchâsser les moments du début et ceux de la fin) casse la tension qui devrait peu à peu s'installer et provoque une remise à zéro émotionnelle toutes les 10 minutes en moyenne...
Le décor et les "trucs" qui nous permettent de situer chaque scène dans le temps sont assez communs, pas très inventifs. (Sans compter que le soir où je l'ai vu, le placard du milieu avec le scotch se tournait et retournait avec une synchronisation très approximative)
Bref, pour les acteurs éventuellement...
Marguerite et Émile, sexagénaires mariés sur le tard, par commodité presque, comme pour donner une dernière chance à leurs vies brisées vont d’abord espérer un nouvel élan de vie. Puis ils vont renoncer à sa réussite pour finir par s’habituer l’un à l’autre jusqu’à ne plus pouvoir se supporter.
Une histoire d’amour improbable, empêché et inassouvi qui devient une histoire de haine ordinaire où le mesquin se fond dans les habitudes et l'impossible oubli.
Racontée par bribes antichronologiques, la pièce se compose d’une succession de situations représentant les faits marquants de l’histoire du couple et les souvenirs ou les pensées de chacun d’eux. Plus nous les découvrons et moins nous les comprenons. S’agit-il d’amour dans cet attachement douloureux qui semble les lier ou s’agit-il du besoin de l’autre comme d’un autre soi-même ? Se protègent-ils en se détestant ou s’aiment-ils en se provoquant ?
La mise en scène de Didier Long sait nous montrer avec précision l’espoir heureux des débuts comme la tension palpable entre les personnages dans leur fin de vie, alternant avec adresse les ambiances crues et directes avec celles quasi floutées et oniriques de leurs vaines attentes.
Toutefois, l’adaptation ou la mise en scène, ou bien les deux, ne nous facilitent pas la tâche. Cette forme de hachure des scènes ralentit le rythme et étire le fil dramaturgique au risque de nous faire perdre, par moments, l'attention et la compréhension nécessaires. Par ailleurs, l’absence de progression de l’intensité émotionnelle du conflit conjugal nous laisse pantois. Le couple semble plus imploser qu’exploser. Ce qui peut surprendre dans la construction de l’histoire et les répliques des personnages.
L’interprétation de Myriam Boyer et de Jean Benguigui est juste. Myriam Boyer étincelle. Elle incarne avec brio et finesse une Marguerite perdue, prisonnière de son éducation, privée de tout bonheur et redoutable dans sa rancœur vengeresse et douloureuse. Quel jeu !
Une histoire passionnante. Un spectacle à l’intensité oblongue, porté par une Myriam Boyer magnifique.