L'Analphabète

L'Analphabète
De Agota Kristof
Mis en scène par Nabil El Azan
Avec Catherine Salviat
  • Catherine Salviat
  • Artistic Athévains
  • 45 bis, rue Richard-Lenoir
  • 75011 Paris
  • Voltaire (l.9)
Itinéraire
Billets de 19,45 à 27,45
À l'affiche du :
25 novembre 2019 au 15 mars 2020
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l m m j v s d
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Je lis. C'est comme une maladie. Je lis tout ce qui me tombe sous la main. Tout ce qui est imprimé. J'ai 4 ans. La guerre vient de commencer.

Onze chapitres comme rites de passage. Brefs et secs comme le destin. Souriants comme la liberté quand elle nargue. De la Hongrie en Suisse, ils vont aussi de l'enfance à l'âge adulte, du cocon familial à l'exil et de la lecture avide à l'apprentissage de la langue.

Lire/écrire. L'analphabète est totalement imprégné de cette jubilation là. Lire/écrire. Pied-de-nez à la vie-même. Antidote contre le malheur.

 

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12 févr. 2020
9/10
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Émouvant, Captivant, Enthousiaste.
Grand merci à Catherine Salviat de nous faire découvrir avec grand talent, ce texte autobiographique et éloquent d’Agota Kristof (1935/2011)
Agota Kristof découvre le plaisir des mots en s’installant au fond de la classe de son père instituteur, « punition » de sa mère ; Agota fait trop de bruit auprès du petit frère……
« Sans m’en apercevoir, j’attrape la maladie inguérissable de la lecture »
Tous les férus de lecture le savent et ont souvent entendu comme Agota Kristof.
« Elle ne fait rien, elle lit tout le temps… »
En 1949, Agota Kristof entre en internat, le plaisir de raconter des histoires l’amuse et la séduise , l’écriture nous dit-elle viendra plus tard.
photo Marion Duhamel.


Mais l’enfance s’éloigne peu à peu….
La mort de Staline, puis l’exil en 1956 alors qu’elle est âgée de 21 ans.
« J’ai laissé en Hongrie mon journal…mes frères…mais surtout j’ai perdu mon appartenance à un peuple. »
Le déracinement, la vie en usine, le désir de devenir écrivain
« il faut d’abord écrire naturellement … continuer… même si cela n’intéresse personne »
L’apprentissage d’une nouvelle langue.
« Écrire en français, j’y suis obligée, c’est un défi, le défi d’une analphabète »
Ce texte simple, sobre, captivant est plein d’optimisme, de volonté et d’amour de la vie.
Scénographie et lumières François Cabanat, mettent en valeur la profondeur du texte. Les titres de chapitres projetés sur un écran en fond de scène et les jeux de lumière ponctuent les différentes étapes du fabuleux chemin parcouru par Agota Kristof couronnée par le Goncourt en1995.
Catherine Salviat hypnotise les spectateurs, les entraine avec brio et leur fait revivre avec justesse, émotion, tendresse et grand talent, le parcours escarpé, difficile d' Agota Kristof toujours téméraire et enthousiaste.
21 déc. 2019
8,5/10
1 0
« L’Analphabète » d’Agota Kristof par Catherine Salviat, sociétaire honoraire de la Comédie-Française, à l’Artistic Théâtre, est un récit poignant sur la sublimation de la langue française.

En mars dernier, j’avais été sous le charme du grain de folie de Catherine Salviat dans « Les rivaux » dans ce même théâtre.
Aujourd’hui, elle est toujours aussi espiègle et son phrasé nous emporte avec délice dans ce récit autobiographique que l’on croirait écrit par elle, tellement elle y met de la passion, de la fantaisie, comme si elle nous racontait sa vie.
Un récit que le metteur en scène Nabil El Azan, aujourd’hui disparu, lui fit découvrir …une sorte d’hommage que lui rend sous nos yeux Catherine Salviat.

Le récit de cette vie, celle d’Agota Kristof d’origine hongroise née en 1935, découpée en plusieurs chapitres et évoquée par les petites rondes de Catherine Salviat, commence à quatre ans ; au sein d’une famille composée d’un père instituteur et d’une mère enseignante en arts ménagers mais qui s’occupe aussi de son jardin potager.
Un père instituteur, le seul du village où il n’y a pas de gare, ni d’électricité, ni l’eau courante, ni le téléphone mais qui enseigne pour toutes les classes d’âges.

La cour de récréation sépare leur maison de l’école où de temps en temps elle y rejoint son père quand sa mère l’a punie.
Elle s’assoit au fond de la classe, observe et très vite sait lire couramment.
Une salle de classe qui sent bon la craie, l’encre ou encore le papier a contrario des odeurs de cuisine de la maison familiale où sa mère s’affaire.

Une petite fille qui lit tout ce qui lui tombe sous la main, sous ses yeux : enfin bref tout ce qui est imprimé !

Un récit de cet exil composé de phrases courtes, qui vont à l’essentiel dans les images qu’elle veut nous transmettre, sans fioriture, mais qui provoquent l’émotion, la réflexion.
Des phrases simples pour une vie qui se veut tout aussi simple malgré son lot extraordinaire d’aventures, de rencontres qui lui forgeront son avenir.

Passons sur son enfance « heureuse », malgré la pauvreté et les internats, pour le départ de son exil qui la conduira pour le reste de sa vie en Suisse où les moments influents de sa vie l’attendent.
1956, Agota Kristof quitte la Hongrie en compagnie de son mari et de sa fille âgée seulement de quatre mois. Un périple à travers plusieurs pays, dans la neige, la boue et le froid, avant son arrivée en Suisse avec ses anecdotes croustillantes.
Ce qui est surprenant dans ce récit est la place donnée à « l’homme ».
Elle parle de ce mari et ensuite plus rien, elle restera très discrète sur sa vie personnelle, sur ses épisodes masculins, les maris qui ont traversé sa vie.
Une Suisse « francophone » qui l’accueillit à bras ouverts et lui offrit du travail dans une usine d’horlogerie…eh oui nous sommes en Suisse !

Un travail pas tellement intellectuel qui lui laisse le loisir de penser et d’écrire ensuite, le soir, des poèmes…en langue française…qu’elle aura réussi à étudier pour une intégration maîtrisée.
La libération de la parole pour la langue « ennemie » comme elle aime l’appeler en opposition à sa langue maternelle.

Une écriture couronnée de succès, de prix pour ses pièces radiophoniques entre autres, qui lui ouvrirent les portes de la notoriété et des maisons d’éditions pour ses romans et ses nouvelles traduits en de nombreuses langues étrangères.

La vie d’une femme passionnée, riche en péripéties, qui se considéra aux derniers souffles de sa vie, dans les méandres de la langue française, comme une « Analphabète »…mais qui revint dans ses derniers écrits à sa véritable identité avec le hongrois pour langue.

Catherine Salviat joue avec élégance et un rythme qui lui est propre ; accompagné d’une articulation sans faille et d’un œil qui frise aux lumières étincelantes prolongé par ses sourires et ses moues, elle nous délecte des mots simples d’Agota Kristof.
Dans le geste souverain et avec une émotion palpable, elle partage avec son public son bonheur d’interpréter ce texte qu’elle nous transmet avec justesse et finesse.
31 juil. 2015
7,5/10
63 0
Beau témoignage de cette femme.

Nous avons été très touchés par cette histoire. Elle a laissé indifférente mon grand fils. Comme quoi...

Seuls les décors ne m'ont pas plu, faut dire que parfois, quand elle est derrière les parois, on entend moins bien le texte.
12 oct. 2014
9,5/10
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Dans L’Analphabète, Agota Kristof se plie à l’exercice autobiographique en retraçant le parcours tumultueux d’une femme éprise de lecture et d’histoires, brisée par un exil forcé et contrainte de baigner dans un univers langagier inconnu et barbare.

Nabil El Azan adapte cette plongée mémorielle en offrant à Catherine Salviat un rôle d’une densité rare pour un seule en scène aussi lumineux que poignant.

Direction Les Déchargeurs pour vivre ce voyage humainement précieux.
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Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor