La Dernière Bande

La Dernière Bande
De Samuel Beckett
Mis en scène par Peter Stein
Avec Jacques Weber
  • Jacques Weber
  • Théâtre de l'Œuvre
  • 55, rue de Clichy
  • 75009 Paris
  • Place de Clichy (l.2, l.13)
Itinéraire
Billets de 17,00 à 38,00
Evénement plus programmé pour le moment

Comme chaque année, le jour de son anniversaire, Krapp s’apprête à enregistrer les souvenirs qui ont marqué sa vie durant l’année écoulée.


Réécoutant une bande enregistrée trente ans auparavant, Krapp prend conscience du fossé qui le sépare de celui qu’il était jadis et se moque de lui‑même en évoquant la solitude, les renoncements et un amour irrémédiablement perdu.

 

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La critique de la rédaction : 5/10. Nous n’avons pas été transportés par ce texte et sa mise en scène assez indigestes.

Krapp, un écrivain raté, vieux clown ralenti, malade et grincheux, écoute les bobines de sa vie enregistrées 30 ans plus tôt sur son magnétophone. Pendant trois quarts d'heure (sur une heure quinze de représentation) nous voyons donc Jacques Weber réagir à une bande-son à coups de grognements et onomatopées. Il se bat sans énergie contre son ennemi de passé.

L'action se déroule très lentement. Les mots utilisés par Krapp lorsqu’il était jeune pour décrire son vécu, les faits eux-mêmes, son amour déchu, n'ont pas grand intérêt et n'émeuvent pas plus que cela. Le texte assez décousu sonne faux car Samuel Beckett a cherché en l'écrivant à n'y inclure aucune figure de style, le vider de son sens et de tout procédé littéraire que nous pourrions éventuellement prendre plaisir à écouter.

La jolie mise en lumière et le décor simple mais assez réussi mettent en valeur le jeu très juste de Jacques Weber. Toute la pièce nous avons entendu sa vie et pourtant à peine franchi la porte du théâtre nous avions quasiment déjà tout oublié. Rien de très palpitant donc.

Cela aurait pourtant été passionnant de mieux comprendre cet homme, son regard sur son passé et pourquoi il est si désabusé aujourd’hui. Les quelques indices répondant à ces interrogations sont trop disséminés dans le récit pour maintenir notre attention.

Ce n'est pas une pièce que nous recommanderions.

Note rapide
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2 critiques
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Toutes les critiques
28 mai 2016
9/10
125 0
Avec La dernière bande, Frédéric Franck signe le dernier spectacle de sa programmation, laissant les clés à Benoît Lavigne et François-Xavier Demaison qui reprendront le théâtre dès la rentrée prochaine. Premier texte de sa programmation lors de son arrivée dans le théâtre, il a fait le choix de clore son mandat par ce geste symbolique : la boucle est bouclée.

Jacques Weber est Krapp, un vieux clown qui semble malade, tombé dans l’alcool et dans la mélancolie. Affalé sur son bureau, il repasse en boucle sur un magnéto les moments de sa jeunesse qu’il dit ridicules mais qu’on devine essentiels à ses yeux. Il restera là durant tout le spectacle, à écouter, à commenter, à ressasser ce passé perdu, enfui, mais jamais oublié.

Jacques Weber est magistral. Dans son habit de clown, il passe une bonne partie du spectacle à jouer au mime, et tous les regrets, la tristesse, la nostalgie et la colère qu’il semble contenir s’échappent par des grognements et reniflements audibles. Le texte de Beckett, court et dont la partition est finalement peu fournie, laisse pourtant à l’acteur de nombreuses possibilités théâtrales, et l’amertume se fait plus intense à chaque geste, chaque bougonnement.

Je vois ce spectacle à la lumière des événements qui agitent le théâtre de l’Oeuvre et mon coeur se serre. Une fois encore, Frédérick Franck n’a pas cédé à la tentation de programmer un spectacle facile et commercial. Une fois encore, ce que je vois est unique en son genre, et il n’y a qu’ici, dans ce beau théâtre du 9e arrondissement de Paris, que ma confiance est absolue. De tous les spectacles vus au Théâtre de l’Oeuvre depuis que Franck est à sa direction, un seul m’a déçue, et encore : sur le plateau, le talent était là, et seul le texte n’atteignait pas cette barre très haut placée par les comédiens.

J’aimerais pouvoir écrire la tristesse que provoque en moi le départ de Frédérick Franck. Avec lui disparaissent des soirées de perfection absolues, des découvertes théâtrales uniques, une exigence et un respect des oeuvres rares, une programmation éclectique et propre à ce théâtre ; une passion pure mise au service des – parfois trop rares – spectateurs. Un grand merci pour ces années de direction magistrale. Si j’avais pu me lever et vous applaudir ce soir, ç’aurait été les larmes aux yeux, et un pincement dans le coeur.

Un spectacle comparable au mandat de Frédérick Franck : intelligent, exigeant, parfait.
« La dernière bande » ? Hallucinante performance de Jacques Weber. Halluciné, fou, ailleurs. Hallucinante et étonnante mise en scène de Peter Stein… Cette « dernière bande » est un spectacle mémorable, captivant du début à la fin.

C’est la journée anniversaire de Krapp, le jour où il enregistre sur bande les moments marquants de l’année. Krapp doit avoir dans les 70 ans, peut-être plus. Lorsque nous arrivons, il est déjà là. Avachi sur son fauteuil, la tête entre ses bras posés sur un bureau encombré de boites métalliques, d’un magnétophone à bande et d’un haut-parleur. Il est ainsi, figé dans l’image arrêtée d’un vieux dormeur immobile. Lorsque les lumières s’éteindront, Krapp commencera à bouger, lentement, presque imperceptiblement. Comme un automate à ressorts qu’il faudra bientôt remonter. Peu à peu, on devine, on suppute, on illusionne. Non, ce n’est pas possible ! Et pourtant si. Krapp se présente à nous les cheveux hirsutes, le nez rougi et des chaussures trop grandes à ses pieds. L’automate devient clown. Un clown triste et malicieux qui n’hésitera pas à jeter dans le public la peau des bananes qu’il savoure.

Alors commence un cérémonial que l’on peut supposer habituel. Il écoute une bande avant d’enregistrer la nouvelle. Pas n’importe laquelle ! La bobine 5 de la boite numéro 3. Celle où il raconte la rencontre avec la femme qui semble être la femme de sa vie. Il va commenter, réagir, contester, soupirer et revivre les mots dits dans sa 39ème année. Le tout entrecoupé de pauses où il ira boire. Krapp souffre d’avoir été comme de ne pas être devenu. Il semble vouloir déchirer son histoire pour redire sa vie mais reste là, pétri et meurtri par la douleur d’amour et halluciné par les mots qu’il entend jusqu’à se coucher sur le bureau et enlacer le haut-parleur pour mieux les entendre.

Cette pièce de Samuel Beckett, qualifiée de monodrame, a été jouée pour la première fois en France en 1960, reprise ensuite de nombreuses fois (notamment par le magnifique Serge Merlin). Le style volontairement dépouillé de la narration permet à Krapp, l’unique personnage, de construire une forme de dialogues avec lui-même et avec son histoire par le truchement de ce tiers-aidant que représentent le magnétophone et ses enregistrements. Une dérision permanente nourrie de rancœur ironique baigne la pièce.

Jacques Weber nous subjugue, vibrant et incarné. Il nous montre un Krapp pris dans le tourbillon de la démence ou de la sénilité, on ne sait pas. Il est ce vieux fou malheureux trouvant refuge dans l’alcoolisme et la manie pour supporter la souffrance et le renoncement. Une impressionnante performance de comédien, d’une intensité pure. Un grand moment de théâtre.
29 avr. 2016
5/10
131 0
Que dire ?
Je suis tellement passé à côté.

Jacques Weber fait de son mieux, mais je suis décidément totalement hermétique à ce texte de Beckett.
A voir, peut-être aimerez-vous ?
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor