La convivialité

La convivialité
  • Théâtre Tristan-Bernard
  • 64, rue du Rocher
  • 75008 Paris
  • St-Lazare (l.3, l.9, l.12, l.13, l.14, RER E, Trans J et L)
Itinéraire
Billets de 29,00 à 40,00
À l'affiche du :
14 octobre 2018 au 30 décembre 2019
Jours et horaires
Ajoutez la pièce à votre agenda en sélectionnant une date. Attention, vos espions pourraient l'apprendre !
l m m j v s d
    • HORAIRES
    • 16:00
    • 20:00
Achat de Tickets

Une approche pop et iconoclaste de l’invariabilité du participe passé des verbes qui utilisent l’auxiliaire avoir en fonction de la position du complément dans la phrase.

Un dogme intime lié à l’enfance. Un dogme public qui détermine un rapport collectif à la culture et à la tradition. Outil technique qu’on déguise en objet de prestige. Passion pour les uns, chemin de croix pour les autres. Et pourtant, il ne s’agit peut-être que d’un énorme malentendu.

Note rapide
7,8/10
pour 4 notes et 4 critiques
0 critique
Note de 1 à 3
0%
2 critiques
Note de 4 à 7
50%
2 critiques
Note de 8 à 10
50%
Toutes les critiques
Il y a 20 heures
8,5/10
0 0
La veille de la rentrée des classes, me voici de nouveau à l’école mais au Théâtre Tristan Bernard. Nos professeurs ? deux belges Arnaud Hoedt et Jérôme Piron qui remettent en question, notre éducation scolaire, l’orthographe, la grammaire… ouh là on débute par une dictée, et le marteau qui figure en fond de scène ainsi que sur le programme est impressionnant.

Bon, la dictée de côté, nous voilà aux prises avec les mots d’usage, la phonétique, l’origine des mots, parlons de nos chers dictionnaires par exemple, ils ne sont pas d’accord entre eux ! Prenons “nénuphar”, la guerre des Deux Roses a eu lieu, celle du nénufar/nénuphar commence !

Nos profs nous proposent de voter, grâce à la plaquette distribuée à l’entrée, elle est rouge d’un côté, vert de l’autre, et les propositions de nouvel orthographe pour tel ou tel mot commence, ah c’est vrai que j’ai du mal à imaginer écrire autrement un mot d’une autre façon, moi qui déteste l’écriture inclusive et les SMS trop longs…

A la fin, la dictée est projetée sur l’écran, plus complète, apparemment je n’ai pas fé de fotes, mais quand même nous n’avons pas l’explication de texte...

Ce spectacle est tout public, pas besoin d’être enseignant, si comme moi vous avez été élève médiocre ou carrément mauvais, c’est un “cours de français” qui fait du bien !

On s’amuse beaucoup avec ces deux profs, pour moi c’est bien la première fois que je rigole avec les enseignants !
22 oct. 2019
9,5/10
19 0
S'ils avaient un marteau, ils taperaient surtout le soir sur un certain nombre d'idées reçues, d'idées fausses, de préjugés, de poncifs, des idées toutes faites concernant un sujet qui déchaîne les passions : l'orthographe.

Deux Belges vont brillamment nous démontrer qu'en France, ce sujet passionne depuis de très nombreuses années les hexagonales foules ! Et pas qu'un peu !

Oui, c'est un gigantesque marteau qui nous attend, projeté sur la scène du Tristan-Bernard.
Et pourquoi donc, je vous prie ? Nous n'allons pas tarder à le savoir !

Les deux comédiens arrivent sur le plateau un bon quart d'heure avant le début de la représentation.
Ils papotent.
Et puis soudain, ils se présentent.
Arnaud Hoedt et Jérôme Piron.

Ils annoncent la couleur.

Ils ne sont pas comédiens, mais respectivement Professeur de Français à Bruxelles, et Professeur de religion catholique dans le même établissement.

Ces deux profs vont nous proposer une remarquable conférence-spectacle, à la fois drôle, documentée, pédagogique.
Et surtout militante !

Une heure qui fait du bien, en ces temps de nationalisme exacerbé, de stigmatisations en tous genres et de tentatives de repli sur un supposé passé enchanteur !
Une heure qui remet les choses à leur place.
Une heure qui va s'attaquer au dogme de l'orthographe !

« Le niveau baisse ! », « C'était mieux avant !», « Mais qu'est-ce qu'ils apprennent à l'école ? », autant de formules extrémistes qui vont être re-contextualisées et mises à mal.

Les deux profs-comédiens vont nous rappeler de manière épatante que l'orthographe n'est qu'un outil, au service de la langue. Et non pas la langue elle-même !

Des références historiques, littéraires (l'orthographe du Moyen-âge, de la Renaissance, de Molière, de Racine, etc, etc...), des rappels linguistiques fort à propos (35% de nos mots proviennent non pas du Grec ou du Latin, mais du Germanique, de l'Italien et de l'Arabe.), des questions importantes (qui décide de la norme orthographique ?, l'orthographe normative n'est-elle pas le reflet d'une société qui préfère inculquer au lieu d'éduquer ? ), tout ceci vient étayer le propos des deux artistes.

Des curiosités orthographiques, des absurdités, des quasi non-sens nous sont montrés, souvent par le biais de Céline, la régisseuse qui pilote les projections video.

Tout ceci est à la fois passionnant et très drôle. Les deux conférenciers sont pince-sans-rire, et provoquent l'hilarité du public par leurs fines et pertinentes démonstrations.

Le spectacle sera interactif. Nous allons énormément participer.
Notamment en nous frottant dès le début à l'épreuve reine d'une certaine conception de l'enseignement de l'orthographe : la dictée.
(C'est le texte reproduit un peu plus haut. Je vous laisse chercher au passage ce qu'elle a de très singulier, cette dictée...)

Nous voterons également, grâce à un panneau double-face vert et rouge à des propositions de graphies de certains mots : serions-nous prêts à écrire «des chevaus », « un éléfant », «@dm1 »...
Nous pourrons proposer nous aussi nos propres « inventions »...

A la fin du spectacle, vingt minutes d'échanges on ne peut plus intéressants entre le public et les deux profs viennent clôturer la soirée dans la salle. On sent vraiment que le sujet est sensible et interpelle !

Alors, cette dictée ?
Vous avez trouvé sa particularité ?
Non ?
Et au fait, pourquoi ce spectacle s'appelle-t-il "La convivialité" ?

Pour le savoir, ruez-vous au Tristan-Bernard et allez assister à ce remarquable spectacle !
Un spectacle intelligent, drôle et passionnant, à ne manquer sous aucun prétexte !
15 oct. 2019
7,5/10
4 0
« La convivialité » : la faute de l’orthographe d’Arnaud Hoedt et Jérôme Piron au théâtre Tristan Bernard dans une mise en scène d’Arnault Pirault, Clément Thirion et Dominique Bréda, ou le spectacle de deux belges francophones qui mettent les points sur les « i » en relevant les absurdités de la langue française découvertes tout au long de leurs échanges avec des linguistes.

Selon la définition du Larousse, eh oui il faut bien une référence… le mot convivialité se définit par : « Capacité d’une société à favoriser la tolérance et les échanges des personnes et des groupes qui la composent. »

Eh bien c’est le cas ce soir pour la première de leur spectacle au Tristan Bernard : dans un spectacle interactif, d’un côté ceux qui sont pour une simplification de l’orthographe et de l’autre ceux qui sont farouchement opposés, qui en font un dogme, au risque de dénaturer l’enseignement qu’ils ont reçu et la « beauté » de l’écriture, de la langue française.
Un débat qui se veut dépassionné, sur le ton de l’humour rassurez-vous, afin de dédramatiser ce qui depuis des générations nous pose problème dans la vie de tous les jours : de l’enfance avec ses dictées, à l’âge adulte avec ses C.V. ou lettres de motivation dans la recherche d’un emploi, par exemple.
Mais il faut tout de suite faire une distinction entre la langue et son orthographe : l’orthographe étant son code graphique qui permet de la transcrire.

D’ailleurs pour une entrée en matière qui se veut humoristique, vous aurez une petite dictée à effectuer, rien de bien méchant.
Une dictée qui pourrait vous réserver des surprises avec le doublement des consonnes tant apprécié dans notre belle orthographe, ou ce que l’on pourrait appeler « fioriture », lisible à profusion.

En remontant au moyen âge, on s’aperçoit que nos moines copistes ne sont pas étrangers aux bizarreries actuelles de notre orthographe.
Vous y apprendrez par exemple, la raison de l’accord de l’auxiliaire avoir avec son COD, ou bien encore le fameux pluriel des poux, cailloux, hiboux, j’en passe et des meilleurs, et les pluriels des mots en « x » qui ont modifié par exemple les cheveus en cheveux.
Ah ces moines, ils ne nous ont pas rendu la tâche facile, aujourd’hui encore, leurs « maladresses » nous pénalisent, nous agacent.

L’orthographe de la langue française est si complexe, diront ceux qui veulent la simplifier et si riche diront les puristes, qu’en inventant un mot (proposé par nos deux conférenciers), par exemple « Kréfission », il existe dans l’orthographe française, 240 façons de l’écrire. Et je ne vous parle pas du son « 100 » qui s’écrit de façons si différentes : cent, sang, s’en, sans…

Un dictionnaire qui évolue à la vitesse d’un escargot, qui selon certains ne tient pas compte de l’évolution de la société, donc de sa langue, avec à sa tête des académiciens dont aucun n’est linguiste, ce qui est un comble !

Seulement voilà, il faut bien un cadre pour mettre en pratique cette orthographe ou c’est vite l’anarchie et c’est là tout le problème : que faut-il respecter ? Comment faire évoluer plus rapidement notre langue, par voix de conséquence son orthographe ?
Cette soi-disant évolution ne serait-elle pas pour certains un nivellement par le bas ?
Un cadre défini par qui ? Des linguistes ? Des académiciens ? Et qui par exemple avec les quelques fautes de français que j’ai relevées pendant la conférence, certes qui ne s’opposent pas à la compréhension des propos, mais qui ne sont pas correctes avec les règles actuelles de notre langue française.
Tout le débat repose sur ce que l’on peut accepter au nom de la simplification ou pas, pour sa compréhension.

Un débat passionné au bon sens du terme qui n’est pas près de s’arrêter, et une simplification au résultat des échanges de ce soir qui n’est pas près de s’instaurer…

Un spectacle instructif, drôle, qui a l’avantage de poser la question et d’y trouver une réponse, leur réponse, sur les absurdités de la langue française ; à vous de vous y rendre pour y donner votre opinion, le tout dans la convivialité…
15 oct. 2018
7/10
7 0
La découverte de ce spectacle vient d’un hasard total : c’est en discutant écriture inclusive avec Julia Passot, qui travaille au Théâtre du Rond-Point, qu’elle me parle de ce spectacle présenté il y a quelques années au Festival OFF et qui revient sur les critiques faites aux règles de français aujourd’hui. Moi qui défends cette langue et lutte contre les nouvelles lubies simplificatrices ou inclusives de notre temps, me voilà intriguée. Et même si je doute qu’on parvienne à me convaincre sur le sujet, j’aimerais quand même entendre ce que ces deux jeunes belges ont à nous dire.

Pourquoi le français comporte-t-il toutes ces exceptions ? Pourquoi continuons-nous à souffrir des ces choux, hiboux, cailloux et genoux alors que les gnous suivent la règle d’accord ? D’où vient cette contrainte étrange qui transforma les cheveus en cheveux ? Avez-vous remarqué comme le français accumule les marques de pluriel comparé aux autres langues ? Avez-vous remarqué qu’en français, le son [s] peut s’écrire de 13 façons différentes ? Avez-vous compris les règles, les avez-vous intégrées, ou vous embêtent-elles au quotidien ? Le spectacle soulève les incohérences, les exceptions, les difficultés imposées par les règles d’écriture du français, et cherche quasiment à les décrédibiliser.

Tout commence par une dictée. C’est bien, j’ai toujours adoré ça. Je suis très confiante ; j’apprendrai par la suite que j’ai fait une faute. Tant mieux, le spectacle m’aura au moins appris que le mot baratin ne prend qu’un « r ». Pour le reste, je ne sais pas ce que j’y apprends. Ou plutôt non : je ne sais pas ce que ça va changer. Les deux compères font une démonstration quasi-mathématiques pour prouver que les règles d’aujourd’hui ne sont pas ou plus pertinentes, qu’elles relèvent d’erreurs du passé, qu’elles ne sont pas tellement liées à l’histoire de la langue.

Alors oui, c’est vrai, j’entends. Et je vois, car ce spectacle-conférence sait utiliser des outils pour convaincre : lorsqu’on propose de nouvelles orthographes aux spectateurs, un algorithme enregistre en temps réel les réponses pour donner le pourcentage de validation et de refus de la salle. Un autre algorithme trouvera 240 façons d’écrire un mot inventé par les comédiens. Un autre enfin proposera une orthographe aléatoire à l’écoute d’un son. Mais tout cela est totalement extrême, et je me situe à l’autre extrémité. Réfractaire à ce changement, me voilà à me bloquer complètement.

Plusieurs choses m’ont gênée dans ce spectacle. D’abord, il manque un contradicteur, car si les arguments présentés sont pour la plupart recevables, ceux de l’autre bord, le mien, le seraient tout autant. Et puis, certaines affirmations me semblent exagérées – on est parfois pas si loin du point Godwin. Ensuite, il y avait des scolaires dans la salle ce soir-là. Je trouve ça très chouette d’emmener des scolaires voir ce genre de spectacle. Mais devant leurs réactions, je ne peux m’empêcher de constater que, pour eux, simplifier l’orthographe ne vient que satisfaire leur flemme d’apprendre. Je ne peux m’empêcher d’y voir un certain nivellement par le bas : on prend le niveau actuel des élèves, on se rend compte qu’ils n’arrivent plus à intégrer certaines règles, alors on les supprime. Et j’ai mal.
Votre critique endiablée
Nos visiteurs sont impatients de vous lire ! Si vous êtes l'auteur, le metteur en scène, un acteur ou un proche de l'équipe de la pièce, écrivez plutôt votre avis sur les sites de vente de billets. Ils seront ravis de le mettre en avant.
Notes détaillées (pour les plus courageux)
Originalité
Talent des artistes
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor