Go down, Moses

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Romeo Castellucci a toujours été habité par Moïse, par l’itinéraire, le rôle et les visions de ce « pilier de notre culture ». Porté par les tables de la Loi, le prophète fut une des figures récurrentes de la Tragedia Endogonidia. Dans Go down, Moses, son personnage passe en quelque sorte derrière les épisodes de sa propre vie.

Ceux qui, projetés dans l’actualité présente, permettent au metteur en scène de travailler sur l’archéologie des formes, leur permanence. Ceux de son abandon, bébé, sur le Nil, du mystère du buisson ardent, de ses quarante jours sur le Sinaï ou de sa descente avec les tables de la Loi. Il ne les a pas traités selon la chronologie, mais dans une série d’allers et retours dans le temps, non sans bifurcations imprévisibles, via des scènes qu’il a voulues « non décodables ».


Romeo Castellucci poursuit sa réflexion sur l’image à travers l’antagonisme de deux d’entre elles : celle du veau d’or et celle du buisson ardent, « ce feu qui brûle sans rien brûler, sans objet ». Deux faces d’une même pièce, où un culte, une culture, est au revers de l’autre. À l’une son poids d’or et la consommation, à l’autre sa spiritualité et la consumation.

Go down, Moses renvoie bien sûr aussi au fameux spiritual. Lorsque les esclaves afro-américains rêvaient leur propre émancipation comme une autre sortie d’Egypte. L’injonction divine à Moïse s’adresse enfin à nous-mêmes, pour peu que nous soyons, dit le metteur en scène, « exilés de notre être ».

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13 nov. 2014
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Castelucci poursuit son exploration mystique des corps et des esprits, à travers les mythes et les icones fondateurs.

C'est Moïse, dans Go Down Moses, que le plasticien entreprend de transcender, dans un spectacle en quatre parties extrêmement distinctes, toutes absolument plastiquement parfaites, et toujours subtilement éloignées de toutes lecture explicative.

Nulle pédagogie dans ce qui aurait pu n'être qu'une hagiographie esthétique : ici, Castelucci ponctue son spectacle de références, de questionnements, d'échos et de fulgurances issus de la vie de Moïse, comme des miroirs d'une humanité égarée (l'est-elle encore ?) ou récommencée...
Des images sublimes accompagnent ce parcours hors repères ; et aucune réponse, sur la scène, ne vient combler les doutes et les interrogations proposées par Castelucci : un spectacle qui ne montre pas, qui ne dit pas, qui laisse à penser et à éprouver.
Beau et perturbant comme du Castelucci.
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Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor