Géométrie du Triangle Isocèle

Géométrie du Triangle Isocèle
  • Théâtre Essaïon
  • 6, rue Pierre-au-Lard
  • 75004 Paris
  • Rambuteau (l.11)
Itinéraire
Billets de 11,00 à 25,00
Evénement plus programmé pour le moment
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Quand l'équilibre d'un couple de femmes bascule à l'arrivée d'une troisième.

Triangle amoureux ou Géométrie Dangereuse ?

Lola et Vera forment le couple idéal. L'ascendant de Vera résonne comme une évidence accepté par Lola.

En dépit de sa fascination pour Vera, ses pulsions la conduisent dans les bras d'un objet du désir nommé Nina, qui apporte une bouffée d'oxygène dans ce couple sclérosé par les années. 

Vera est complaisante et semble donner une bénédiction morale à cette escapade sexuelle.

Avec Vera et Nina, Lola avait tout. Ou presque, car elle engage ses deux couples dans un trio dangereux.

 

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17 sept. 2016
9/10
145 0
Je vous le dis sans ambages et tout de go : cette pièce m'a laissé un vrai regret, celui de ne pas l'avoir vue plus tôt !

Un triangle isocèle possède deux côtés égaux.
Soit.

Ce qui signifie donc que le troisième côté ne l'est pas, égal...

Ici, les trois côtés, ce sont trois femmes.

Un couple. Bien établi. Une DRH, et une scientifique très pointue dans son domaine.
La troisième femme, un peu paumée (c'est parfois un euphémisme...) est l'amante de la première...

Qu'on ne s'y trompe pas : l'homosexualité n'est ici pas le sujet. Au contraire, elle permet de s'affranchir d'un certain nombre de facteurs pouvant parasiter l'étude minutieuse des relations existant entre ces trois-là.
Minutieuse, car l'auteur, Franck D'Ascanio nous livre un petit bijou de texte, intelligent, prenant, d'une finesse diabolique.

Rapport amoureux, certes, mais surtout rapports de domination, de pouvoir, voire de perversité sur l'autre : d'Ascanio propose une dissection sans concession de ces relations à la fois triangulaires et ambigües.

Pinter n'est pas loin, Choderlo de Laclos, non plus...
Comme une espèce de rendez-vous à mi-chemin entre ces deux auteurs.

Alors bien, entendu, il fallait une distribution à la hauteur de ce texte exigeant.

Faut-il être talentueuses tout de même pour rendre sur scène tous les aspects sombres du propos, sans tomber dans une mièvrerie ou une caricature de mauvais aloi !

Elles en ont du talent, Marie Herivan, Mélanie Journeau et Florence Fournier, ce trio bellifontain de haute volée. Et pas qu'un peu !

Mélanie Journeau, qui met également ce triangle en scène, a choisi d'être minimaliste. Le décor est épuré, réduit à des fauteuils et deux chaises, qui permettent à deux personnages d'être assis de dos.
Ainsi, elle a permis aux corps de bouger judicieusement dans cet espace, de s'attirer, de se repousser, de se caresser...

L'exercice était à risque : ce qui pouvait se révéler être un vrai désastre, vu la force du texte, est ici une lumineuse réussite. Tout le monde est crédible, d'un complet engagement et d'une totale justesse.
J'étais complètement pris, pendant une heure et demie, par les enjeux évoqués.
Le jeu de Marie Herivan suit une progression glaçante, Florence Fournier nous émeut beaucoup.

On l'aura compris, j'ai été bouleversé, conquis, subjugué par cette pièce dont la fin est elle aussi d'une vraie subtilité.

Je ne regarderai jamais plus de la même façon mes hortensias.
Ni mon dentiste, d'ailleurs.

Précipitez-vous au théâtre Essaïon, vous dis-je !
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Pour ceux que ça intéresserait, je livrerai sur mon site évoqué plus haut, et dans les jours qui viennent, une interview audio des trois comédiennes, qui reviendront sur leur personnage et sur ce texte passionnant.
16 sept. 2016
9/10
48 0
Une pièce diabolique aux illustres inspirations. Mélanie Journeau invoque Bergman période Scènes de la vie conjugale dans sa mise en scène du texte de Frank d’Ascanio.

Deux femmes devisent sur l’avant-scène tandis qu’une troisième est assise à l’arrière, absente physiquement mais au centre des discussions. Les rapports de force font penser aux Liaisons Dangereuses de Choderlos de Laclos. Le jeu bavard et intellectuel se transforme en jeu du chat et de la souris, à la limite du sadomasochisme. L’ombre de Pedro Almodovar s’insinue avec une perversion qui donne tout le sel de la pièce. La musique initiale et finale renforce cette impression de personnages qui se percutent comme dans un jeu de billard. Cette Gnossienne envoutante d’Erik Satie exige une interprétation lente et douloureuse, demandant de la retenue et l’absence de tout sentimentalisme.

Le jeu dialectique et rhétorique auquel se prêtent les trois femmes renferme bien des surprises. Les faux semblants guident ce couple face à une pièce rapportée qui privilégie les sentiments francs et directs. Les trois actrices jouent sur les affects avec charme et délicatesse. Jamais un mot plus haut que l’autre pour instiller le malaise ou la commisération. Géométrie du Triangle Isocèle est un vrai moment de subtilité théâtrale à découvrir au plus vite.
8 sept. 2016
9/10
60 0
Au Théâtre de l'Essaïon se joue actuellement la comédie dramatique, créée en 2008, "Géométrie du Triangle Isocèle", une très jolie découverte que j'ai faite récemment au théâtre, nous présentant quelques étapes de la vie d'un triangle amoureux féminin, et que je vous encourage à voir à votre tour.

C'est l'histoire de trois femmes liées par une situation d'adultère. Le début du spectacle nous présente Lola (Mélanie Journeau) et Véra (Marie Herivan) s'expliquant au sujet d'une relation d'adultère de Lola avec une autre, Nina (Florence Fournier). On assiste alors à un jeu complexe entre ces trois femmes dont l'intrigue ne va pas sans nous rappeler Les Liaisons Dangereuses, en abordant la question des sentiments amoureux et de désir, et plus généralement les relations humaines.

"Géométrie du Triangle Isocèle" évoque alors la thématique des rapports de domination et de dépendance dans les relations humaines, au travers d'un triangle amoureux exclusivement féminin. Lola est fascinée par Vera qui la complète, et attirée par Nina qui lui apporte une sorte d'épanouissement sur le plan sexuel. Vera, quant à elle, se révèle comme un personnage qui excelle dans l'art de la manipulation. Nina apparaît comme une femme qui semble perdue et exprimant son désir d'exister aux yeux des autres et que chacune des deux autres femmes tentera de manipuler à sa guise.

Dans un décor plutôt sobre, la pièce nous emmène loin des stéréotypes habituels sur l'homosexualité, thème qui n'est ici qu'un élément de décor laissant place à un message de fond tournant davantage autour de la complexité des rapports humains, notamment au sujet de la séduction et du désir, ou encore de la jalousie, au travers d'un triangle amoureux que l'on peut aisément identifier. On est fascinés et captivés par le texte riche, intelligent, parfois humoristique, parfois psychologique, et d'une grande justesse et subtilité, que l'on suit assidûment dans une mise en scène plutôt originale, moderne et un jeu d'une grande intensité.

Voici un spectacle qui sort de l'ordinaire et qui apporte une vraie réflexion sur la nature humaine au travers de ce trio de comédiennes formidables. Un très beau moment de théâtre que je vous recommande sans hésitation.
9/10
94 0
Du théâtre contemporain comme on l’aime, exigeant, intelligent, surprenant et piqué d’humour. Cette pièce de Franck d’Ascanio, écrite en 2008, nous offre un voyage agréable et mouvementé dans le miroir des autres nous-même, sur les flots d’une mer de questions et de plaisirs, dans l’air du temps.

Le texte revêt une précision élégante et une pure finesse dans la psychologie des situations et des personnages. Il nous entraîne dans un manège amoureux tantôt sensuel tantôt infernal où la puissance des sensations se bat contre la profondeur des sentiments.

C’est l’histoire singulière d’un couple de femmes, heureux mais pas que, où la sincérité de l’amour se confond avec la volupté du sadisme et l’intensité de la possession consentie et douillette comme dans un nid.

Véra et Lola vivent ensemble cet amour ordinaire fait de liens extraordinaires qui semblent indéfectibles et qui les nourrissent et les apaisent toutes deux, qui les complaisent peut-être. Nina arrive dans cette étrange relation. Nina est la maitresse de Lola. Elle vient compléter la quête du bonheur et la plénitude sexuelle de Lola par la sensualité de la nouveauté, par le plaisir de l’adultère, par la modification des rôles du jeu amoureux.

Lola dévoilera à Véra l’existence de son adultère. Et l’impromptu de cette mise à jour mettra progressivement à nu les sentiments de ce triangle qui n’est pas un trio amoureux mais plutôt un billard à trois bandes où les boules se croisent et s’entrechoquent. Se choqueront-elles jusqu’à exploser ?...

Chercher une géométrie du triangle isocèle serait-il un leurre de l’amour ? Si isocèle, il y a donc angles égaux ? Et quand l’un des angles tombe, que devient le segment restant ? Retrouvera-t’il sa douceur paisible d’autrefois, où se mêlent machiavélisme et soumission ?

Ce merveilleux texte est servi adroitement et intensément par Marie Hérivan, Mélanie Journeau (qui signe une mise en scène sobre et efficace) et Florence Fournier.

Ce spectacle nous fait réfléchir au rythme des réflexions des personnages et des rebondissements de situations. Il captive par sa finesse et son humour. C’est une découverte heureuse à recommander vivement.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor