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Faim

Faim
De Knut Hamsun
Mis en scène par Arthur Nauzyciel
Avec Xavier Gallais
  • Xavier Gallais
  • Lucernaire
  • 53, rue Notre-Dame-des-Champs
  • 75006 Paris
  • Notre-Dame-des-Champs (l.12)
Itinéraire
Billets de 14,00 à 32,00
Evénement plus programmé pour le moment

Ce récit en partie autobiographique, dérive d'un homme qui erre dans les rues de Kristiana, ne peut que renvoyer à tous ces anonymes qui peuplent aujourd'hui nos villes. Ceux qu'on croise dans la rue et dont on se détourne, qui nous dérangent, qui nous effraient.

Le héros, un écrivain, est de ceux-là. Dans une pénombre inquiétante, on voit cet humain vaciller, mais à mesure qu'il s'enfonce dans une obscurité totale, se lève en nous, spectateurs, le respect dû à une conscience qui jusqu'au bout, veille et fait entendre sa voix.

 

Xavier Gallais porte en lui l'envie d'incarner cette parole et de faire entendre ceux qui en sont privés.

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La critique de Floflo (rédac' AuBalcon) : FAIM est une pièce rare. Comme lorsqu'on trouve une pépite d'or après des heures d'orpaillage.

On arrive au Paradis, la salle du Lucernaire. Bondée, on s'assoit à proximité des autres spectateurs, on en est presque gênés...

Xavier Gallais est là, à nous lire ce magnifique texte. Non à le vivre. Car plus la pièce avance, plus il se détache de son manuscrit pour nous incarner ce journaliste torturé par la faim.
Car Xavier Gallais est bon, très bon. Il arrive avec si peu de gestes à nous conter la faim de ce journaliste, de sa dérive, de ses tourments et de sa lente agonie.

La pièce est éprouvante, elle est lourde car les émotions sont fortes. La salle, avec ses bancs droits accentue notre malaise. On sympathise avec ce journaliste , on a de l'empathie, on ressent sa douleur.

En sortant on en est bouleversés. Incapable de plus rien, physiquement et moralement épuisé.

Courez voir cette magnifique pièce mais attention elle n'est pas facile : elle est lourde de sens et d'émotions.

Note rapide
9/10
pour 5 notes et 4 critiques
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Note de 4 à 7
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4 critiques
Note de 8 à 10
100%
Toutes les critiques
12 sept. 2015
8,5/10
190 0
Le texte est vraiment beau et Xavier Gallais est remarquable par sa qualité d'énonciation. Pendant toute la durée de la représentation le spectateur est plongé dans une atmosphère saisissante, favorisée par l'intimité de la petite salle du Lucernaire qui accentue la proximité avec le personnage et permet une immersion totale dans son univers.

Une pièce très belle et bouleversante que je recommande.
12 sept. 2015
9/10
177 0
Le Lucernaire a presque toujours une excellente programmation, FAIM ne fait pas exception. C'est un seul en scène extrêmement touchant par son thème, par son texte et surtout par l'interprétation magistrale de Xavier GALLAIS.

C'est comme si au moment même où on entre dans la salle, on se retrouve transporté instantanément dans l'univers terrible de cet écrivain SDF qui n'arrive plus à écrire car sa lutte pour survivre, ne pas mourir de faim, dévore toute son énergie. Si cette pièce est aussi prenante, c'est à la fois parce que le texte est un récit quasi autobiographique mais aussi parce que Xavier GALLAIS réalise une performance extraordinaire dans ce rôle qui lui va à la perfection.

Dur et bouleversant, c'est un très beau seul en scène à ne surtout pas rater.
6 sept. 2015
9,5/10
189 0
En ce début de saison 15-16, la pièce s’installe au Paradis du Lucernaire, faisant salle comble ce soir-là et il est évident que la qualité est toujours au rendez-vous pour faire entendre toute la misère décrite avec force par le texte qui trouve un triste écho avec l’actualité brûlante de nos frontières.

Ce seul en scène nous plonge sans ménagement dans les errances et surtout les souffrances des SDF. Lorsque le public s’installe, Xavier Gallais est déjà sur scène, recroquevillé et prostré au sol, côté jardin, au pied d’un sapin blanc dont les guirlandes rouges apportent une chaleur rassurante et clignotent dans la pénombre du plateau. A l’opposé se trouve un distributeur de boissons chaudes surplombé d’un imposant cadeau. Un chemin relie les deux éléments principaux du décor : un long tapis blanc et douillet, symbolisant la douceur de la neige sur les trottoirs en hiver. La salle, en pleine lumière, glisse doucement dans la pénombre pour s’effacer au maximum et laisser l’émotion gagner l’atmosphère, à la faveur d’une veillée intimiste. Le narrateur, habillé avec des vêtements sombres, en chaussettes, n’a pour seule fortune que la fourrure qui orne son col. C’est un SDF écrivain en panne d’inspiration. Ne pas mourir de faim est son objectif majeur. Son regard transperce celui du spectateur qui s’immisce peu à peu dans ses tourments. Il nous raconte son parcours qui l’a mené à l’écriture et propose une belle réflexion sur l’inspiration.

Xavier Gallais dit ce texte prenant de manière remarquable. Il incarne avec conviction une âme errante, le narrateur saisi par le manque de nourriture et en quête d’écriture pour gagner sa vie. Les spectateurs suivent son errance dans la ville de Kristiana (anciennement Oslo), ses rêves, les moments de flottement où il divague puisque la faim l’entraîne dans de profonds troubles mentaux. Seule son imagination, véritable échappatoire d’une misère dont il est prisonnier, le tient encore en vie. Déjà mis en scène par Arthur Nauzyciel, notamment dans Splendid’s ou encore La mouette,

Xavier Gallais livre ici une performance saisissante, prenant appui sur un récit bouleversant, texte poignant, profond, teinté d’une solitude incroyable. Tel un fantôme errant, sa silhouette mouvante sur le plateau dans l’obscurité nous rappelle les conditions de vie des plus démunis dans l’ignorance générale et plonge l’assemblée dans l’enfer de la misère. Le texte interroge également la condition humaine (notamment avec le passage sur le Commandeur). La représentation, magistrale, parvient à bouleverser les consciences et le narrateur qui est transi davantage par le manque de nourriture et sa quête d’écriture pour gagner sa vie que par le froid, devient alors l’incarnation de tous les miséreux qui élisent domicile sur les trottoirs de nos villes, et que la plupart des gens n’ose pas même regarder de peur de se sentir concerné. Néanmoins, un sourire ou un mot gentil ne signifie pas prendre en charge toute la misère qui nous entoure mais apporte un peu de chaleur et de réconfort à ceux qui sont souvent anéantis par une accumulation de souffrances.

Xavier Gallais est captivant, littéralement habité par son personnage, et son jeu, à la fois subtile et délicat est parfait pour servir le texte. Bien plus qu’une lecture, l’acteur propose un réel jeu théâtral et vocal avec des changements d’intonations remarquables et fait de ce seul en scène d’une grande justesse un bouleversant et fascinant moment théâtral, à ne pas rater.
Si certains doutent encore de l'immense talent de Xavier GALLAIS ils doivent se rendre au Lucernaire pour l'entendre porter avec magnificence le très beau (et ardu) texte du norvégien Knut Hansen.

Puissance de l'interprétation, une diction parfaite, un regard, un sourire.
Un très beau moment de théâtre qui nous emporte dans le délire hallucinatoire d'un écrivain SDF dans les rues d'une ville du nord, tiraillé par la faim.

Une fenêtre sur la création qui donne la parole à ceux qui n'en ont plus.
Fascinant
Hypnotique
Hors du temps
Sublime
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor