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Elephant Man, Joey Starr, Beatrice Dalle

Elephant Man, Joey Starr, Beatrice Dalle
Mis en scène par David Bobée
Avec Joey Starr
  • Joey Starr
  • Béatrice Dalle
  • Folies Bergère
  • 32, rue Richer
  • 75009 Paris
  • Grands Boulevards (l.8, l.9)
Itinéraire
Billets à 41,00
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Joeystarr incarnera aux côtés de Béatrice Dalle, Elephant Man.

La pièce mythique de Bernard Pomerance sera adaptée et magistralement mise en scène par David Bobée. Une fable cruelle dont la morale pourrait se résumer ainsi : le monstre n'est jamais celui que l'on croit.

La gueule cassée et sublime de JoeyStarr deviendra, le temps d'une soirée, le visage de notre rapport à la différence. Une véritable leçon de tolérance.

Note rapide
6,5/10
pour 3 notes et 3 critiques
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1 critique
Note de 4 à 7
33%
2 critiques
Note de 8 à 10
67%
Toutes les critiques
31 oct. 2019
9/10
0 0
Dans la mémoire collective, Elephant Man, c'est le film de David Lynch sorti en 1980, inspiré des mémoires de Frederick Trèves le médécin qui s'occupa de lui. Dans la distribution : John Hurt (John Merrick), Anthony Hopkins (Dr Treves) et Anne Bancroft (Mrs Kendall).
Elephant Man c'est aussi une pièce de Bernard Pommerance crée en 1979 à Broadway avec plus de mille représentations, récompensée d'un Tony Award, dans laquelle pendant quelques mois David Bowie endossa le rôle titre. C'est cette oeuvre que David Bobée a co-adaptée avec Pascal Collin, et met en scène.
Afublé d'excroissances qui le font ressembler à un éléphant, John Merrick est un être laid et difforme. Maltraité, il est exhibé dans les foires par un bateleur sans scrupules qui le considère comme un animal et ne s'intéresse à lui que pour le peu d'argent qu'il rapporte.
John est recueilli par le Dr Treves, un médecin du London hospital qui souhaite étudier les origines de sa maladie.
"Je ne promet pas de te guérir, mais de te soigner"
Au sein de l'institution, où des visites clandestines et monayées sont organisées pour le voir, éléphant man continue à susciter la peur. Peu à peu médecins et personnel se rendent compte que celui que l'on considère comme un monstre est un être humain, intelligent, sensible et qui adore les livres.
Mrs Kendall une actrice célèbre qui a entendu parler de lui demande à le rencontrer.
Bien que datant de quatre décennies, le propos de l'auteur est malheureusement toujours d'actualité. Aujourd'hui il est impossible d'aller sur les réseaux sociaux, d'allumer la télévision, de sortir dans la rue sans être confronté à la stigmatisation, au regard de l'autre, à la violence, au rejet de la différence quelle que soit cette différence.
Où se situe la vraie laideur ?
Dans la jeune garde des metteurs en scène français, David Bobée est un de ceux dont j'admire le plus le travail. Un de ceux dont je ne veux manquer aucun spectacle. Inventif, mêlant souvent différentes disciplines artistiques, (cirque, danse, musique...) ses mises en scène sont toujours très belles, et celle ci ne déroge pas.
Comment oublier ce moment bouleversant où tous les personnages rassemblés, disent en évoquant Merrick "il est comme moi".
Elephant Man c'est Joey Starr, il est en scène du début à la fin. Un rôle écrasant où sans artifices ni maquillage il est d'une présence incroyable. C'est une révélation.
Béatrice Dalle est Mrs Kendall. Certains lui reprochent de ne pas avoir de formation théâtrale et alors ? Ce qui compte, c'est son intensité, sa sincérité, son émotion. La seconde fois où j'y suis allé (oui oui, j'y suis allé deux fois), j'étais suffisamment près de la scène pour voir que ses larmes n'étaient pas feintes.
Ces deux là ne sont pas des comédiens formatés, ils jouent avec leur instinct, leur sensibilité.
Le reste de la distribution est en harmonie. On sent qu'il s'agit d'une vraie troupe investie et homogène. Christophe Grégoire (formidable Dr Treves), Michaël Cohen, Grégori Miège, Radouan Leflahi (qui fut un magnifique Peer Gynt), Clémence Ardoin, Arnaud Chéron, Papythio Matoudidi, Xiao Yi Liu (étonnante danseuse) et Luc Bruyère (formé par Carolyn Carlson) inquiétant Jack l'éventreur.
Comment ne pas mentionner que toute la salle se lève spontanément et comme un seul homme à la fin pour une longue ovation.
Un spectacle dont le message de tolérance me touche beaucoup.
"Arrêtons d'avoir peur de ceux qui ne sont pas comme nous"
(Béatrice Dalle/Joey Starr)
13 oct. 2019
9,5/10
2 0
Superbe pièce dont on ne sort pas indemne. Le jeu des acteurs est éblouissant, les décors très travaillés, la mise en scène puissante !

On le connaissait pour son talent musical. Il avait déjà montré ses qualités d’acteur au cinéma et d’orateur dans Éloquence à l’Assemblée, mais dans cette pièce, Joeystarr est tout simplement époustouflant. Il incarne à merveille un John Merrick bouleversant, un être d’une grande sensibilité qui bouscule notre Humanité.

À voir absolument.
C'est un des rendez-vous attendus de cette première partie de saison : la confrontation sur scène du couple sulfureux Joey Starr / Béatrice Dalle. La déception est à la hauteur de l'attente. Le couple atomique ne convainc pas dans une mise en scène qui manque de rythme.

Joseph Merrick est un phénomène de foire. Dans le Londres de 1884 il est Elephant Man, la pièce maîtresse du spectacle présenté par le vil Ross, coincé entre la femme à barbe et les sœurs siamoises. Quand le Professeur Treves le découvre il achète sa liberté et l'héberge dans son hôpital. John Merrick ne cessera d'être une curiosité. Atteint de malformations sur tout le corps, rendu complètement difforme, après le peuple ce sont les scientifiques et les bourgeois qui viennent le voir. Une courte vie de misère qui ne connaîtra de répit que dans le regard d'une femme, Madame Kendall, une actrice célèbre qui tombera amoureuse de lui.

Chacun se souvient du film de David Lynch. Tourné en noir et blanc il a ému plus d'une génération de cinéphiles. C'est cette histoire vraie que David Bobée met en scène, à partir d'une traduction de la pièce de Bernard Pomerance. Il confie le rôle de John Merrick à Joey Starr.

Dès la première scène on est en empathie pour ce personnage soumis à la cruauté du monde. John Merrick est montré dans toute son humanité, par opposition à tous ceux, de Ross, le propriétaire de salle de spectacle, au gardien de l'hôpital, qui profitent du handicap du pauvre homme pour tenter d'en tirer avantage. Joey Starr compose une interprétation à la fois forte et sensible, puissante et touchante.

Tout comme lors de la création de la pièce à Broadway Joey Starr n'est pas maquillé ni équipé de quelque dispositif qui rendrait son corps difforme. Il s'exprime par des sons rauques. Lorsqu'il se décide à parler c'est d'une voix qui semble déformée, comme un vibrato. Une démarche lourde, hésitante, un regard vide, hagard. Le monstre n'est pas sur scène, il est dans le regard que les autres portent sur lui. C'est que veut montrer le texte et la mise en scène de David Bobée : un message de tolérance tout en nous amenant à nous demander qui est le plus monstrueux de John Merrick ou de ses visiteurs.

Face à lui Christophe Grégoire est un Docteur Treves sensible. Il exprime toute l'ambivalence de ce scientifique partagé entre la curiosité de son art et la sincérité de l'homme touché par l'humanité de son patient qu'il tentera de protéger du mieux qu'il peut.

Autour de ces deux personnages la troupe est très inégale. La pièce traîne en longueur, mal servie par un texte faible. David Bobée a mis l'accent sur le fantastique, la psychologie, la pensée intérieure. Les scènes de jour alternent avec des fantasmagories cauchemardesques où les pensées de Merrick s'expriment dans la danse inquiétante d'une danseuse reptilienne (étonnante Xio Yi Liu). Béatrice Dalle passe complètement à côté du rôle de Madame Kendall. Là où on attendait une confrontation puissante, ses scènes avec Joey Starr sont d'une platitude déconcertante.

Il y a néanmoins quelques bonnes idées dans la mise en scène. Ainsi cette scène à la fin de la première partie ou chacun exprime l'humanité de John Merrick "Il est comme moi" tandis que l'homme humble et discret, construit une maquette de cathédrale. Mais c'est dans la belle création musicale et non pas dans le texte ni l'interprétation qu'il faut chercher la montée en puissance de la dramaturgie. Le décor blanc de l'hôpital en ajoute dans la froideur et au bout du compte l'émotion ne nous saisis pas comme on l'aurait espéré.

En bref : une rencontre explosive qui fait pchitt. Un texte et une mise en scène qui rendent pesantes les 3h de spectacle. Reste la prestation puissante et émouvante de Joey Starr.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor