• Classique
  • Comédie Française - Salle Richelieu
  • Paris 1er
top5 (1)

Electre / Oreste

Electre / Oreste
De Euripide
Mis en scène par Ivo van Hove
Avec Cécile Brune
  • Cécile Brune
  • Sylvia Bergé
  • Comédie Française - Salle Richelieu
  • 2, rue de Richelieu
  • 75001 Paris
  • Palais Royal (l.1, l.7)
Itinéraire
À l'affiche du :
27 avril 2019 au 16 février 2020
Jours et horaires
Ajoutez la pièce à votre agenda en sélectionnant une date. Attention, vos espions pourraient l'apprendre !
l m m j v s d
Achat de Tickets

Ivo van Hove associe deux pièces d’Euripide qui racontent l’histoire d’Électre et d’Oreste ou comment un frère et une sœur se retrouvent et s’unissent dans la vengeance.

Après l’immense succès des Damnés, Ivo van Hove revient avec une nouvelle grande fresque, liée à la famille des Atrides. Précisant que tous ses projets naissent d’un « coup de foudre » pour un texte, il associe deux pièces d’Euripide qui racontent l’histoire d’Électre et d’Oreste dans sa continuité, ou comment un frère et une sœur se retrouvent et s’unissent dans la vengeance qu’ils fomentent contre leur mère Clytemnestre et son amant Égisthe. Sa mise en scène marque l’entrée au Répertoire d’Électre d’Euripide quand Oreste n’a pas été représenté Salle Richelieu depuis 1923.


Cette création relate un épisode entier de l’histoire des Atrides, le dernier d’un long cycle de crimes et de vengeances. Père d’Électre et d’Oreste, Agamemnon a été assassiné par sa femme et son amant à son retour de la guerre de Troie. Égisthe règne désormais à Argos, le jeune Oreste a été envoyé en exil. Électre se déroule des années plus tard, tandis qu’Égisthe a lancé un appel au meurtre d’Oreste. Ce dernier, obéissant à un oracle d’Apollon, se présente sous les traits d’un étranger chez sa sœur, avec qui il finira par venger leur père. La seconde tragédie poursuit l’histoire après le matricide d’Oreste, devenu la proie des Érinyes et qui doit répondre de son acte devant la justice. Reconnu pour son habileté à « déplier » les textes en scène, le directeur du Toneelgroep Amsterdam ne cesse de renouveler son esthétique et sa relation aux acteurs. Lui qui revendique ne pas avoir de méthode puise dans l’antique pour célébrer un théâtre comme événement social et se saisit du mythe avec un sens aigu de sa modernité.

Note rapide
8/10
pour 9 notes et 9 critiques
0 critique
Note de 1 à 3
0%
3 critiques
Note de 4 à 7
33%
6 critiques
Note de 8 à 10
67%
Toutes les critiques
8 juin 2019
7,5/10
0 0
Qui n’a pas vu Les Damnés doit se hâter d’aller les voir et/ou de découvrir Electre/Oreste. Le travail d’Ivo van Hove vaut la peine d’être vu au moins une fois, qu’on accroche ou pas.

Je reste globalement indécis. S’il faut saluer l’excellence de la Troupe, aussi bien des acteurs mais aussi des habilleuses, des habilleurs, et des équipes techniques qui entretiennent les costumes et le décor représentation après représentation. Au vu de la boue présente sur scène et de la quantité de faux sang utilisé, ce n’est pas une mince affaire.
J’ai des réserves sur deux points. La première est récurrente et concerne l’utilisation de micro au théâtre. Elle se justifie ici par le fond musical instrumental qui ajoute à la tragédie et à l’horreur. Toutefois, n’est jamais à l’abri d’un grésillement, ou d’un dysfonctionnement quelconque et hier soir n’a pas fait exception. La deuxième concernent les moments de furie qui scandent la pièce. Au début on est surpris, ensuite on perçoit une gestuelle similaire à celle des acteurs antiques et la gradation recherchée, enfin on se dit qu’il fallait juste combler un vide et ces moments soulèves plus de question qu’autre chose.
27 mai 2019
9/10
1 0
Electre / Oreste, une pièce qu'on peut ne pas aimer par les partis pris de mise en scène d'Ivo Von Hove.
Quelques coupes ont été réalisées sur le texte.

La pièce est jouée dans la boue, avec pour seuls décors un bunker en plein milieu et une passerelle. Derrière des musiciens accompagnent la pièce (c'est sans doute ce qui nécessite le port de micros par les comédiens).
Electre est un personnage très en colère et on l'entend surtout au début. C'est peut être la seule réserve sur le choix du metteur en scène, je ne pense pas que crier soit la seule manière d'exprimer cette émotion. Suliane Brahim est sinon impressionnante dans ce personnage au physique paraissant fragile mais tellement forte et déterminée.
Oreste est un personnage plus incertain, porté par sa soeur. Le jeu poussé à l'extrême mais en même temps nuancé de Christophe Montenez fait des merveilles.
Loïc Corbery incarne Pylade, personnage assez silencieux en première partie mais le comédien lui donne une présence constante, et à son tour accompagne la vengeance pour en devenir même l'un des meneurs.
Les apparitions d'Elsa Lepoivre sont d'une justesse dans les émotions et d'une nuance impressionnante : elle rend Clytemnestre humaine et rend bien une Hélène détestable.
Après que du bonheur avec les comédiens Didier Sandre incarnant la raison, Denis Podalydès la lâcheté.

Pourquoi on peut ne pas aimer : c'est violent, organique. Les personnes aimant la sobriété et les mises en scène classiques peuvent être déroutées.
Pour les autres c'est une pièce à voir !
17 mai 2019
4,5/10
1 0
Impatiente d’assister à une représentation de la nouvelle pièce d’Ivo Van Hove à la Comédie Française, tant j’avais été à la fois fascinée et effrayée par les Damnés la saison dernière, je dois avouer être sortie... décontenancée de la salle Richelieu.

Si le jeu de Christophe Montenez, impeccable, secondé par Loïc Corbery lui aussi, comme toujours juste, parvient à sauver les murs, il n’en reste pas moins que la mise en scène laisse un sentiment étrange aux spectateurs. Cette boue envahissante, qui est parfois utilisée à bon escient, finit par être véritablement écoeurante, notamment dès qu’elle se mélange aux corps ensanglantés. Les percussions, installées à jardin et à cour, donnent un peu de dynamisme à la pièce qui en manque cruellement, et les parties dansées finissent par être les moments les plus libérateurs de la représentation. La brutalité sauvage que dégagent ces 5 minutes a un effet beaucoup plus cathartique que les 2 heures de jeu; sûrement parce que la pièce manque d’actualisation. Par ailleurs, Suliane Brahim mériterait d’ajouter un peu de sobriété à son jeu, ce qui ne ferait que renforcer la profondeur dramatique de la pièce.

Dans le livret, on apprend qu’Ivo Van Hove considère les Damnés et Électre/Oreste comme un dyptique; l’un étant la suite naturelle de l’autre. Sans-doute n’ai-je pas le bagage culturel pour comprendre.

Malgré tout, même si la mise en scène ne correspond pas à mes goûts en matière de théâtre, je pense que l’ensemble du travail de recherche artistique qui est derrière lui confère toute sa légitimité sur la scène de la Comédie Française.
5 mai 2019
10/10
31 0
De boue les morts !

Une nouvelle fois, dans cette salle Richelieu très feutrée, Ivo Van Hove déchaîne sur scène une tempête, un maelstrom, un déferlement de transe, de fureur, de violence.
Une violence maximale. Une violence logique, aboutie, animale, poussée à son paroxysme.
Une violence jouissive !

Ces deux pièces d'Euripide réunies en un seul volet, le patron de l'Internationaal Theater Amsterdam en a fait une suite à sa précédente production, ici même.
Il a conçu Les damnés et ce spectacle-ci comme un véritable diptyque, consacré à la radicalisation et au passage à l'acte de jeunes gens ordinaires confrontés à des situations extrêmes.

On se souvient de la radicalisation de Martin von Essenbeck.
Ici, le jeune Oreste va aller beaucoup plus loin et franchir le pas. Il va commettre l'un des actes les plus atroces et les plus répréhensibles aux yeux des Grecs : le matricide.
Le meurtre de la mère. L'assassinat ce celle qui donne la vie.

Le metteur en scène belge, à son habitude, va nous montrer des images inoubliables.

Des images dures, également. (Un avertissement est d'ailleurs placardé jusqu'aux portes du bâtiment.)
Mais des images et des scènes jamais gratuites, toujours justifiées, toujours cohérentes.
Cette hyper-violence nous est montrée dans sa crudité et dans toute sa véracité.
Montrer la violence du monde pour mieux la dénoncer. Le crédo de Van Hove.

La mise en scène est organique, viscérale, et frappe d'emblée les spectateurs pénétrant dans la salle.
La fameuse boue très brune, le cuivre rutilant des huit timbales réparties en deux pôles, à jardin et à cour, le sang, la partition exécutée par les percussionnistes du trio Xénakis qui eux aussi portent des coups sans relâche, les viscères, la visualisation forcenée mais toujours nécessaire au propos de la mort, de la mort la plus atroce qui soit.

Et cette espèce de forme noire au milieu de la scène.
J'ai immédiatement pensé au monolithe chez Kubrick dans « 2001, odyssée de l'espace », qu'une espèce extra-terrestre envoyait sur terre pour générer l'humanité.
Ici, les dieux grecs auraient-ils envoyé cette forme noirâtre pour engendrer la violence inhérente à l'Homme ?

Ce cube sera tour à tour une masure paysanne, une hutte, mais également le palais du roi Ménélas.
En sortiront le chœur, différents personnages, mais aussi des fumées, légères ou lourdes, qui monteront au ciel, résultante de sanglants holocaustes humains, sans oublier des lumières orangées.
La couleur orange sera celle des Dieux, et notamment celle d'Apollon. Le bleu-roi étant réservé à l'élite, le brun sale au peuple, aux misérables.

Ivo Van Hove a une nouvelle fois su galvaniser les Comédiens français.
Alors évidemment, il y a la boue, la merde, la saleté, les crachats, le sang, la sueur... Mais il y a bien plus que tout ceci.
Il y a surtout des hommes et des femmes, des Acteurs, oui je l'écris avec une majuscule, jouant avec une ferveur et une détermination incomparables une partition complexe.
Ce qui se déroule sous nos yeux relève de la plus intense des dramaturgies, de la plus prenante des formes théâtrales.
Les comédiens sont purement et simplement survoltés.

Le duo Electre-Oreste est fascinant.
Suliane Brahim et Christophe Montenez sont impressionnants. Moi, ces deux-là m'ont fait peur, dans ce rôle de meurtriers jusqu'au-boutistes, exprimant des raisons et des intentions non pas recevables, mais en tout cas bien réelles et très explicites, à savoir une vengeance implacable. Encore une fois, rien n'est gratuit.
Leur fureur, leurs cris, leurs voix rauques, leurs râles, les pulsions qu'ils expriment, les paroxysmes qu'ils nous montrent, tout ceci force l'admiration.
Quels grands rôles! Quelles immenses interprétations !

Le rôle de Pylade est interprété par Loïc Corbery, qui donne au personnage de l'ami du frère et de la sœur meurtriers une densité toute particulière, faite à la fois de sauvagerie et de résignation contrite.
Denis Podalydès en roi Ménélas, Didier Sandre en Tyndare, légendaire roi de Sparte, sont quant à eux formidables de froideur. Cet autre duo sera accusateur, les deux comédiens seront dans un registre toujours grave, parfois exalté pour le premier ou glacial en ce qui concerne le second.

Elsa Lepoivre, dans son double rôle de Clytemnestre et Hélène, est toujours aussi impressionnante. Quelle tragédienne, décidément !

Et puis, il y a Apollon.
Qui va surgir de la salle au moment où l'on s'y attend le moins.
C'est Gaël Kamilindi qui s'y colle, donnant à son personnage une forme absolument jubilatoire d'ingénuité, de candeur feinte et peut-être même d'hypocrisie.
Car enfin, ils sont assez gonflés, les dieux grecs en général et Apollon en particulier dans ce cas de figure, d'allumer des feux et des incendies que les hommes devront éteindre aux moyens d'actes extrêmes.
La partition du jeune pensionnaire vient clore en beauté ces deux heures de spectacle.

Le reste de la troupe est à l'unisson. Il n'y a aucun petit rôle, surtout pas ceux interprétés par les formidables Claude Mathieu et Bruno Raffaelli. Cécile Brune, Sylvia Bergé, Julie Sicard en éléments crasseux du chœur, souvent en transe, sont elles aussi parfaites.

Ainsi donc Ivo van Hove poursuit son chemin de créateur marquant du théâtre contemporain.
Il revisite Euripide en lui conférant de troublantes modernité et universalité.
Tout comme Les damnés, ce spectacle figurera en bonne place dans les manuels d'histoire du théâtre, il faut en être bien convaincu.
Il faut absolument, et j'insiste sur cet adverbe, il faut absolument aller découvrir cette nouvelle création.
C'est un spectacle incontournable de cette fin de saison.
Précipitez-vous !
4 mai 2019
10/10
2 0
Du grand, du très grand Ivo Van Hove. Ce directeur va très bien avec la Comédie Française. Lui, assure l'adaptation originale, la Comédie se charge de respecter le texte.

Une scène fabuleuse. Un grand cube représentant tour à tour la maison d'Electre et le palais. La scène est remplie de boue, symbolique de ce monde, monde dans lequel Electre a été jetée. Sulimane Brahim est une merveilleuse Electre. Christophe Montenez est un fabuleux Oreste. Il était déjà tellement troublant dans Les Damnés. A croire que ce directeur lui va bien.
On commence la tragédie grecque dans sa pure essence. Le choeur accompagne. Le texte est poignant, puissant. Quelle belle idée de mettre les percussions. Cela donne tant de force au texte. On rentre dans le mythe d'Electre et Oreste de façon fabuleuse.
J'ai adoré le choeur . Sa présence devient nécessaire alors que c'est si difficile dans la lecture des classiques.
La pièce est moderne, au bord du trash mais le texte relève tout. Subtil équilibre tellement travaillé. La scène est ouverte comme d'habitude avec Ivo Van Hove. Le choeur reste présent. Violence d'un monde. Analyse d'un matricide. Quelle souffance nous envoie C Montenez! C'est fabuleux. Tous les acteurs sont grandioses. On entre en communion avec le texte alors que c'est si difficile normalement. Les dieux règleront le tout. Quel bel appel aux dieux.
Les acteurs sont formidables. La mise en scène est plus qu'à la hauteur.
On sort remplis de la beauté du texte, de la violence de l'histoire, symbole de la violence du monde. La souffrance est omniprésente.
Ivo Van hove nous transporte dans un monde parallèle. Plus de deux heures de pur plaisir.
24 acteurs sur scène, waouh.
Gros succès et rien que voir le formidable Didier Sandre marcher dans la boue est un spectacle lors du salut :-) :-).
Bravo, merci pour ces moments rares d'intensité parfaite.
Un léger bémol aux micros qui finissent par être dérangeants dans la salle Richelieu.
Afficher le commentaire
Votre critique endiablée
Nos visiteurs sont impatients de vous lire ! Si vous êtes l'auteur, le metteur en scène, un acteur ou un proche de l'équipe de la pièce, écrivez plutôt votre avis sur les sites de vente de billets. Ils seront ravis de le mettre en avant.
Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor