Clôture de l'Amour

Clôture de l'Amour
De Pascal Rambert
Mis en scène par Pascal Rambert
Avec Stanislas Nordey
  • Stanislas Nordey
  • Audrey Bonnet
  • Théâtre de Gennevilliers
  • 41, avenue des Grésillons
  • 92230 Gennevilliers
Itinéraire
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Ils y croyaient, ils y ont cru. L'amour fou, absolu, définitif. Mais c'est fini. Stan et Audrey se font face, se tiennent droits, en finissent...

Clôture de l'amour, chant de la séparation, étend un dialogue de rupture. Deux artistes, dans une salle de répétitions aux néons crus, lancent et reçoivent les mots comme des projectiles.
La diagonale est celle du fou, aux échecs. L'échec est flagrant, le champ de ruines infini.
Corps en tension, sans merci ni négociation, Stan et Audrey rompent.

Seul un choeur d'enfants suspend le procès. Un choeur vient chanter Happe de Bashung et disparaît. La parole change de camp, le poison se distille, chacun marque son territoire de la fin dans cette chambre des tortures. La partition, en deux temps, fait se débattre les êtres à l'intérieur d'eux-mêmes, et se répercuter les mots sur la peau. Tous impacts visibles, comme les chutes et les relèvements.

Pascal Rambert, directeur du Théâtre de Gennevilliers, chorégraphie une magistrale scène de rupture. Danse mentale, Clôture de l'amour, joué par ailleurs de Moscou à Tokyo, à New York, en Allemagne, en Italie ou à Zagreb, a illuminé le Festival d'Avignon 2011, et reçu entre autres le Grand Prix de littérature dramatique.
Audrey Bonnet quittait la Comédie-Française en 2006 pour participer à des aventures autrement radicales. Elle rejoint ici Stanislas Nordey qui dirigeait et interprétait récemment au Rond-Point La Conférence de Christophe Pellet et My Secret Garden de Falk Richter.
Sous les noms d'Audrey et de Stan, ils jouent de tout leur corps une matière organique composée pour eux. Ils magnifient la violence de la séparation dans un déchirement poétique.

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2 oct. 2016
9,5/10
55 0
Toute vie de spectateur est marquée par quelques moments d'apothéose. Car il existe quelques pièces, très rares, qui marquent à jamais. Des spectacles qui, au-delà de nous émouvoir, nous transmuent, nous transforment, nous métamorphosent. Ceux dont on dit qu'il y a "un avant et un après-ce spectacle".

Clôture de l'amour de Pascal Rambert fait indéniablement partie de ces spectacles d'exception. La déflagration consécutive à la première représentation du 17 juillet 2011 au Théâtre Benoit XII d'Avignon continue d'enflammer toutes les salles qui programment la pièce, en France comme à l'étranger, en français, en italien, en chinois, en russe... dans une vingtaine de langues à ce jour.
La raison de ce succès, au-delà de l'universalité du sujet -qui n'a pas connu, dans son existence, une clôture de l'amour, la clôture d'un amour ?- est très certainement lié à la langue de Pascal Rambert. Peu nombreux sont les auteurs qui inventent, créent, fabriquent, engendrent, improvisent un langage jusqu'alors inconnu. On pourrait parler d'une langue "rambertienne", tour à tour douce, mélodieuse, brutale, tranchante et ardente à nos oreilles.

Cette langue inédite et ultra-moderne résonne ici grâce à l'immense talent des deux comédiens pour lesquels la pièce fut écrite. Audrey Bonnet est Audrey. Stanislas Nordey est Stan. Parce qu'elle est Audrey et qu'il est Stan, la violence, la fougue, la furie de leurs injures nous percutent de façon inouïe.
C'est lui qui ouvre le bal ; trois quarts d'heure durant, Stanislas assène la nouvelle à son épouse et mère de ses trois enfants. Il a décidé de la quitter - "on va s'arrêter là Audrey". Les mots sont projetés comme des coups de poignard, on assiste à une forme de mise à mort ; Audrey accuse le coup, elle encaisse chacun des coups de couteau, immobile, sans broncher.

Et puis, voilà son tour venu : cette comédienne qui est l'une des plus douées de sa génération va répliquer pendant trois quarts d'heure elle aussi. La violence qu'il a déclenchée avec ses mots appelle une violence semblable. Si proche de l'amour il y a la haine et c'est au moment de la clôture que le premier fait place à la seconde.

Une chose est certaine : on ne sort pas indemne de cette Clôture de l'amour. Et notre ADN de spectateur s'en trouve à jamais modifié.
23 févr. 2014
10/10
151 0
Un cataclysme émotionnel souffle telle une déflagration sur la grande salle Renaud-Barrault du Rond-Point. Dans Clôture de l'amour, succès mondial de Pascal Rambert, un couple se déchire et se lance des uppercuts à retardement d'une violence redoutable.
Cette pièce coup de poing sur la maîtrise du discours et sur l'art du théâtre bouleverse les corps et les cœurs. Audrey Bonnet et Stanislas Nordey sortent les crocs et livrent une performance qui fera date dans le monde du théâtre. Un vrai coup de foudre pour cette pièce exceptionnelle. Clôture de l'amour s'avère donc indispensable à tout amoureux du théâtre qui se respecte. Menée de main de maître par Pascal Rambert et bénéficiant d'une dramaturgie brillante, cette pièce nous confronte aux tourments déchirants d'un couple qui n'en peut plus.
On sort lessivés de ces deux heures éprouvantes, tout comme les comédiens qui se jettent corps et âme dans leur interprétation. Audrey Bonnet et Stanislas Nordey rayonnent d'une sombre humeur querelleuse dans cette bataille amoureuse et langagière. La clôture s'effectue bien au niveau sentimental mais pas théâtral. Heureusement pour nous d'ailleurs devant tant de talent.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor