Boxing shadows

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Une jeune fille qui dérobe des portefeuilles dans le métro.

Un homme, bibliothécaire, qui se fait voler son portefeuille. Ils habitent dans le même immeuble. Une rencontre improbable entre une jeunesse désabusée, cynique, hors la loi, sans papier et un ancien boxeur reconverti dans les livres.

Une histoire d’éducation, de transmission, de filiation : il lui apprend la boxe afin qu’elle finisse par trouver ses véritables adversaires et les moyens de canaliser sa révolte. A travers cette petite histoire d’amitié et de maïeutique, on entend les fracas de la grande Histoire : celle des attentats, d’une génération en chaos, d’une crise sans fin.

Et de l’autre côté du miroir de ce combat, au sens propre du terme, une voix : celle de la mort contre laquelle la jeune fille va se battre, puisqu’elle découvre sa maladie fatale – en «fatum» d’une tragédie contemporaine.

Cette voix va accompagner théâtralement et musicalement le spectacle : son non-dit, son combat de l’ombre, sa quête de sens. Jusqu’au coup de théâtre final… Douce amère, cette histoire nous fait réfléchir au problème de la transmission qui demeure aujourd’hui au cœur du combat. C’est une comédie drôle et poignante, où le rire se serre dans la gorge et nous renvoie à nos ridicules, à nos failles, à nos faiblesses comme à nos forces.

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27 août 2020
9/10
23
Rentrée du « Boxe office », ou comment le Noble Art va servir de planche de salut.
Dis-moi pourquoi et comment tu boxes, je te dirai qui tu es...

Avec cette pièce « Boxing Shadows », Isabelle Starkier continue pour notre plus grand plaisir de nous faire découvrir l'œuvre de l'auteur australien Timothy Daly. C'est en effet la quatrième fois qu'elle met en scène ce dramaturge.
Et comme elle a bien fait !

Boxing shadows, jeu de mot anglo-saxon : le shadow-boxing, c'est l'entraînement, la boxe « dans le vide »...
Alors, qui sont elles, ces deux ombres qui vont boxer ?

Ariane (est-ce seulement son vrai prénom ?) est une jeune migrante qui gagne sa vie en dérobant le porte-feuille des usagers du métropolitain. Une pickpocket, quoi, appelons un chat un chat...


Raymond, lui, est un employé modeste et modèle d'une bibliothèque municipale, et par ailleurs ancien champion junior poids mi-moyens de boxe anglaise.

Comme de bien entendu, la première vole le second, qui s'en rend compte.

Or, un point commun les unit : ils habitent le même immeuble.

C'est la relation qui va se nouer entre ces deux-là que nous raconte Timothy Daly.

Une relation difficile, entre une écorchée vive, rebelle, paumée, désabusée, et un homme d'âge mûr, solitaire, lui aussi en proie « à la peur de vivre ».
Il va prendre Ariane sous son aile, (ce ne sera pas facile), lui enseignant la boxe, tous les deux ayant besoin d'apprendre, de se rassurer. Tous les deux ayant besoin de trouver « leur vérité intérieure ».
La résilience fonctionnera-t-elle ?

La metteure en scène a su habilement et subtilement éviter tous les pièges d'un sujet « casse-gueule », qui pourrait verser dans une mièvrerie de mauvais aloi, sans une vision claire, limpide et une appropriation très judicieuse et très sincère de cette pièce contemporaine qui va nous décrire le monde tel qu'il ne va pas.
Une pièce qui nous parle d'amour, de transmission, de relation avec l'Autre, mais aussi de la mort.

Elle nous propose une comédie douce-amère très réussie, faite de saynètes rythmées comme de bien entendu par le gong, et par les images TV de ce monde fait d'attentats, de boat-peoples, de pandémie...

Isabelle Starkier a pu, pour gagner son propre match, compter sur deux interprètes épatants.

Le duo fonctionne à la perfection, qui va enchaîner avec subtilité les moments de gravité et les moments drôles. (Comédie douce-amère, vous disais-je...)

Clara Starkier est Ariane.
Le jeune femme est parfaite dans ce rôle difficile, sans jamais tomber dans aucun cliché. (Timothy Daly, sans verser dans un quelconque manichéisme en fait une vraie voleuse qui assume, avec un sale caractère, parfois raciste.)
Elle m'a vraiment convaincu en fille paumée qui se débat comme elle peut, qui lutte au quotidien pour survivre, qui ne s'en laisse pas compter et qui s'est confectionnée une sacrée carapace.

Elle n'hésitera pas à franchir le quatrième mur (en l'occurrence le quatrième bout de grosse ficelle qui délimite le ring, non je n'ai pas écrit le mot...) pour venir dans le public, masquée comme de bien entendu.

Raymond, c'est Roland Timsit.
Sa composition d'homme apparemment affable, posé, cultivé, qui cache ses propres blessures, sa composition est également très réussie.
Lui aussi est d'une totale justesse dans cette partition de « sauveur-sauvé », celui qui veut « guérir l'autre de l'indifférence ».
C'est bien souvent lui qui enclenche les scènes humoristiques.

Les rapports des deux comédiens sont souvent tendus, parfois drôles, parfois tendres, au fil de l'heure qui s'écoule. Les deux nous montrent bien cette relation difficile, tendue, mais sincère et vraie.

Notons que ce sont deux rôles très physiques, qui doivent faire perdre aux deux à chaque représentations un certain nombre de calories !

Un troisième personnage est sur la « scène-ring » : il s'agit de la chanteuse-lyrique Lila Maski, qui dans un premier temps est à elle toute seule une sorte de chœur triste, au lointain.
Elle interprète alors de superbes mélopées tristes, des plaintes à la fois lugubres et magnifiques.


Elle se transformera en... (allez voir le spectacle!), et jouera un rôle dramaturgique important.
Elle chantera pour terminer un extrait d'une remarquable cantate espagnole du XVIème siècle en mode mineur, se terminant sur une sublime note majeure.

Il faut souligner également que ce spectacle est d'une très grand beauté visuelle.
Les comédiens, bien entendu, mais également tout ce qui constitue les accessoires, le décor, les costumes.
Tout est décliné dans un très beau camaïeu de rouges (le sang, la lutte, la vie également...), et un noir profond (la douleur, la mort...)
Oui, c'est très beau, même sans éclairages, puisque le spectacle se joue en plein air, dans la cour de la Mairie du 1er arrondissement.

Je ne vous raconterai évidemment pas la fin de la pièce, mais une belle allégorie très réussie viendra clore cette heure qui passe trop vite.

Oui, il faut aller voir ce spectacle percutant, et très « au poing » !
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor