Boule de suif

Boule de suif
De Guy de Maupassant
  • Lucernaire
  • 53, rue Notre-Dame-des-Champs
  • 75006 Paris
  • Notre-Dame-des-Champs (l.12)
Itinéraire
Billets de 17,00 à 33,00
Evénement plus programmé pour le moment
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Hiver 1870. À bord d’une diligence, dix personnes fuient Rouen occupée par l’armée prussienne : des notables, deux bonnes sœurs, un révolutionnaire et Boule de Suif, une prostituée pleine de dignité.

La voiture avance lentement dans la neige. La faim tourmente les esprits. Généreuse, Boule de Suif partage ses provisions avec les passagers.

La nuit tombe. La diligence doit faire étape dans un village occupé par l’ennemi. Un offi cier prussien retient alors les voyageurs en otage...

La nouvelle création d’André Salzet après Le Joueur d’échecs et Madame Bovary

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10 sept. 2020
9,5/10
18
Quand André rencontre son Guy.

Un conteur au service d'un autre conteur.

André Salzet, on lui connaît bien sa passion pour la littérature du XIXème siècle.
On se souvient de son très beau passage au gueuloir de Mme Bovary, du grand Gustave.

Faut-il dès lors s'étonner qu'il ait eu la bonne idée d'adapter la nouvelle de M. de Maupassant, en compagnie de sa complice et metteure en scène Sylvie Blotnikas ?

Oui, décidément, pour une bonne idée, ce fut une bonne idée.


Il apparaît à jardin, dans son costume d'époque, redingote sombre, gilet et large cravate flamboyante, sans oublier les bottines assorties. Nous remontons le temps.

L'homme est un sacré raconteur, un incomparable diseur de mots.

Immédiatement, nous voici plongés dans la Normandie de 1870, envahie par les Prussiens.
Sans attendre, sur un plateau nu, le décor est campé. Nous les avons devant nous, les soldats à la « barbe longue et sale, aux uniformes en guenilles, avançant d'une allure molle, sans drapeau, sans régiment ».


Le comédien nous attrape, et ne va plus nous lâcher durant l'heure qui va suivre.
Je défie quiconque, entendez-vous, de s'extirper de ses rêts.
Le public va se retrouver non pas seulement à écouter la nouvelle, mais il va la voir se dérouler devant nos yeux.

Faut-il maîtriser l'art de dire et d'interpréter un texte, tout de même, pour arriver à ce point à captiver de la sorte un public qui connaît ce texte, qui l'a sûrement étudié et qui sait exactement de quoi il retourne.

André Salzet va raconter, donc, mais il va également (et surtout) interpréter la plus grande partie des personnages de cette histoire qui dénonce comme chacun sait l'hypocrisie d'une société bourgeoise, par le prisme d'une héroïne d'une petite et à la fois immense vertu.

Nous allons les voir défiler devant nous, les dix passagers de la diligence.
Ils apparaîtront devant nous, ils s'exprimeront chacun à leur manière.

André Salzet parvient pour notre plus grand plaisir à à leur donner une gestuelle propre, à tous ces normands, il leur prête vie et voix.

Les Loiseau, les Carré-Lamadon, le cocher bourru, les nobliaux de Bréville, les deux bonnes sœurs, Cornudet le « Démoc », l'asmathique M. Follenvie, l'officier prussien à la moustache effilée et bien entendu Elisabeth Rousset, alias Boule de suif, ils sont tous là devant nous à prendre corps.

La mise en scène de Sylvie Blotnikas permet au comédien d'occuper tout le plateau de la grande salle du Lucernaire.
Seule une petite table à jardin sera utilisée. Pas besoin d'autre décor ni accessoire. La présence, la prestance, le charisme du comédien sont largement suffisants.

Un élément important de la mise en scène repose également sur les belles lumières de Ydir Acef, qui permettent de matérialiser les différents espaces et de servir de repère temporel aux jours et nuits qui passent.
Nous savons en permanence où nous sommes : la diligence, la salle commune de l'auberge, les chambres, la plaine normande...
Tout ceci est très intelligemment pensé et réalisé.

Une fois mon papier écrit, je n'eus plus qu'une seule envie : relire immédiatement la nouvelle.
Et de retrouver tous les protagonistes de l'histoire sous les traits et les gestuelles d'André Salzet, d'en revivre les moments-clefs en ayant encore dans l'oreille la voix et les accents du comédien.
Je vous conseillle vivement l'expérience.

Une nouvelle fois, André Salzet sert au mieux une œuvre d'un auteur du XIXème.
Une question se pose, évidemment : qui sera le prochain écrivain à passer entre ses mains et sa voix ?

C'est un magnifique moment de théâtre qui nous est proposé.
Le public ne s'y trompe pas, qui applaudit à tout rompre et en rythme le comédien au moment des saluts.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor