• Classique
  • Théâtre de Poche Montparnasse
  • Paris 6ème
top5 (1)

Amphitryon

Amphitryon
De Molière
Mis en scène par Stéphanie Tesson
Avec Jean-Paul Bordes
  • Jean-Paul Bordes
  • Yannis Baraban
  • Odile Cohen
  • Benjamin Boyer
  • Mathias Marechal
  • Antony Cochin
  • Guillaume Marquet
  • Christelle Reboul
  • Nicolas Vaude
  • Laurent Collard
  • Théâtre de Poche Montparnasse
  • 75, boulevard du Montparnasse
  • 75006 Paris
  • Montparnasse (l.4, l.6, l.12, l.13, Trans N)
Itinéraire
Billets de 19,00 à 40,00
Evénement plus programmé pour le moment

Pour séduire la belle Alcmène, épouse d’Amphitryon, Jupiter utilise un ingénieux stratagème : il se présente sous les traits de ce dernier. Mercure, serviteur de Jupiter, fait de même : il prend les traits du valet d’Amphitryon, le dénommé Sosie.

Lorsque Sosie regagne la maison de son maître, il a la surprise de se trouver devant lui-même !

On assiste alors à une étrange situation de cohabitation entre les hommes et les dieux , dont l’amour est l’enjeu, et qui ébranle tous les repères. Car à ce curieux jeu du qui est qui, rien n’est jamais acquis…

 

Note rapide
7,3/10
pour 7 notes et 6 critiques
0 critique
Note de 1 à 3
0%
1 critique
Note de 4 à 7
14%
5 critiques
Note de 8 à 10
86%
Toutes les critiques
12 oct. 2017
9,5/10
7 0
Une version d’Amphitryon vive et jubilatoire : on se délecte du trouble d'Amphitryon, de la couardise de Sosie (l'excellent et génial Nicolas Vaude qui illumine la pièce !) ou encore de la fourberie de Jupiter...

Une farce qui fait beaucoup rire, servie par d’excellents comédiens et une mise en scène ingénieuse avec l'utilisation d'un rideau tour à tour nuit ou jour dans lequel les personnages s’enveloppent ou se cachent au gré des situations.
Il y avait un classe de seconde dans la salle... Ils ont tous été conquis (aussi parce qu'ils ont reconnus Christelle Reboul, qui joue aussi dans Nos chers voisins).

Une pièce intelligente et drôle à voir en famille, sans hésiter !
5 oct. 2017
5/10
9 0
On ne le dira jamais trop : le Théâtre de Poche est un lieu incontournable à Paris. Sa programmation, éclectique, toujours exigeante, est à surveiller de près. Pour ouvrir cette saison, c’est simple : les trois spectacles m’attiraient. Comme mon agenda est blindé, et qu’il faut bien arriver à faire un choix, c’est avec Amphitryon, mis en scène par Stéphanie Tesson, que je retrouvais le théâtre ; dans la distribution, Jean-Paul Bordes et Nicolas Vaude, deux comédiens que j’adore. Cela promettait d’être un très bon moment. Malheureusement de bons comédiens ne suffisent pas toujours à proposer une belle production…

Et pourtant, avec une bonne comédie de Molière, on peut passer de très bons moments. Surtout celle-ci, qui joue sur les quiproquo pour notre plus grand plaisir : Jupiter ayant été séduit par Alcmène, fraîchement mariée à Amphitryon, il prend l’apparence du mari le temps d’une soirée alors que celui-ci est au combat – Mercure de son côté prenant l’apparence de Sosie, le valet d’Amphitryon, pour seconder son père. Lorsque son mari revient, évidemment, Alcmène s’étonne de le voir revenir si tôt, alors que lui ne pense pas l’avoir vue depuis un moment… Les Dieux, maîtres de la situation, s’amusent un peu avant de tout ramener dans l’ordre.

Amphitryon est donc un pur divertissement, et supporte mal les mises en scène grandiloquentes. Au contraire, il lui faut du rythme et un grain de folie, et c’est ce qui m’a semblé manquer dans la mise en scène de Stéphanie Tesson. De rythme, d’abord, puisque la direction d’acteurs m’a laissée perplexe : la manière de dire les vers, particulièrement, trop récitée, les réactions des personnages, trop jouées, sont autant de choses qui m’ont laissée sur le côté. De folie, ensuite : on sent qu’il y a quelque chose qui est là, mais qui n’est pas forcément abouti. De belles idées scénographiques mais un ensemble qui retombe un peu à plat, comme un peu mou…

Et puis, il y a Nicolas Vaude. Je pense que je pourrais presque conseiller le spectacle rien que pour voir ce petit génie en action. C’est un concentré de vivacité, de bizarrerie, de gaieté, d’extravagance et de loufoquerie. Il est un Sosie succulent, et nous enchante à chacune de ses apparitions.

Étrangement, il est le seul dont la diction des vers est naturelle et agréable à l’oreille. A ses côtés, ses partenaires nous font malheureusement trop sentir que nous sommes au théâtre : diction appuyée, sanglots abusifs, tirades en force, et un peu de cabotinerie… Dommage.
4 oct. 2017
8/10
15 0
Tiens un Molière que je ne connaissais pas proposé par le Poche et j'ai décidé de me laisser surprendre.

Quelle bonne idée, c'était un beau moment !

Jupiter veut obtenir les faveurs de la belle Alcmène (une Odile Cohen fort sympathique et bien désabusée pour son rôle) en se faisant passer pour son mari Amphitryon (magnifique Jean Paul Bordes) avec la complicité de mercure son messager qui va lui usurper l'identité du valet Sosie (un super Nicolas Vaude) qui doit faire face à l'épouse aimante du valet mais il n'a pas envie de succomber. Et le tout en vers.

Autant dire qu'il y a du quiproquos et des tromperies dans l'air. On rit ! C'est vraiment réussi.

La mise en scène, les décors et les costumes sont parfaits pour nous emmener dans cette histoire que je ne connaissais pas et qui gagne à être connue. J'envisage de revenir pour la faire découvrir à ma famille.
9,5/10
14 0
Un très beau spectacle que cette comédie de Molière rarement jouée et qui tient une place particulière dans son œuvre. Alliant le burlesque au lyrisme, le drôle au sombre, tâtant presque de la tragi-comédie et traitant de sujets qui illustrent les réflexions nouvelles de son siècle sur la raison, l’erreur ou l’émotion, notamment portées par Descartes.

Une pièce parmi d’autres qui annonce et joue habilement de l’évolution du théâtre Baroque vers le théâtre Classique.

L’illusion, la métamorphose, le jeu, l’ostentation et les questions métaphysiques du théâtre Baroque laissent peu à peu la place à la bienséance morale, la catharsis et la contestation, avec la règle des trois unités de temps, de lieu et d’action, du théâtre Classique.

Molière, avec Amphitryon, joue sur les deux tableaux. La pièce se situe à la frontière du théâtre Baroque et du théâtre Classique. La mise en scène de Stéphanie Tesson le montre savamment avec une adresse scénographique à saluer. Du très bel ouvrage.

Le spectacle restitue à merveille les décors en toiles de fond peintes, les éclairages « comme à la bougie », les maquillages soulignés sur les visages blanchis, les costumes reprenant l’iconographie de l’époque et les jeux touchant à la déclamation (mais pas que) dans une diction posée et articulée aux intonations accentuées (mais pas que non plus). Les postures allant de la dignité quasi tragique d’Amphitryon et d’Alcmène aux rodomontades désopilantes de Sosie et Mercure.

Et nous nous laissons prendre, rire et sourire, par l’histoire de ces dieux descendus des cieux pour forniquer avec la belle bourgeoise ou bastonner un pauvre valet comme par ces jeux de miroir simples ou grossissants dont d’Amphitryon, noble militaire et son valet Sosie font les frais. Répliques drôles et cinglantes. Situations démoniaques et troublantes par moment, nous laissant entre farce et intrigue.

La distribution joue de l’excellence. Odile Cohen, touchante en Alcmène passionnée et désappointée. Jean-Paul Bordes, Amphitryon, passe de l’altier au dépit avec une fougue et une drôlerie irrésistibles. Nicolas Vaude, Sosie, incroyable de finesse et de jeu en poltron, en terreur des bacs à sable ou en amoureux sincère et meurtri. Il y a comme du poète burlesque chez ce Sosie. Guillaume Marquet (ce soir-là) en Mercure implacable et haïssable à souhait. Christelle Reboul, délicieuse et malicieuse Cléantis. Les autres comédiens ne sont pas en reste. Tous sont justes, précis et convaincants.

Un très beau Molière. Un spectacle étonnant, intéressant et drôle où l'illusion est reine et le rire est souverain. Je recommande vivement cet Amphitryon réussi.
20 sept. 2017
9,5/10
58 0
Au Poche-Montparnasse, une salle qu'elle connaît bien puisqu'elle en est la co-directrice, Stéphanie Tesson met en scène, et ce pour notre plus grand plaisir, un lumineux, jubilatoire et à la fois assez troublant Amphitryon.

Cette pièce, dont la création eut lieu le 16 janvier 1668, occupe une place à part dans l'oeuvre de Molière.

Pour la première fois, M. Poquelin va mettre en scène des dieux de la mythologie, s'inspirant de l' « Amphitruo » du poète latin Plaute.

Jupiter descend sur Terre pour aller se livrer une nouvelle fois à l'une de ses occupations préférées, à savoir cocufier (appelons un chat un chat) un humain, ici le général Amphitryon.

Le Dieu des Dieux va en effet prendre l'apparence du vaillant militaire pour séduire son épouse, la belle Acmène.

L'entreprise réussira au-delà de toute espérance, puisque de cette auguste mais adultérine union naîtra par la suite un enfant mi-homme mi-dieu.

Mercure aux sandales ailées prendra quant à lui les traits de Sosie, le valet du général.

Le thème de l'imposture par l'intermédiaire du double.
Ici, deux doubles, donc, qui vont se rencontrer, se parler, découvrir qui ils sont ou qui ils pensent être.

Oui, il y a de quoi être troublé par ce thème-là : force est de constater la dimension quasi psychanalytique avant l'heure de tout cela...
Connais-toi toi même, par l'intermédiaire de ce double-miroir !
(Psychanalyse, mysticisme, dimension religieuse, chacun mettra sur ceci les mots qu'il veut...)

Amphitryon, c'est Jean-Paul Bordes.
Sosie, c'est Nicolas Vaude.
Ces ceux-là nous enchantent purement et simplement de drôlerie. Ils font énormément rire la salle. C'est un vrai bonheur.

Les deux comédiens jouent véritablement une partition musicale.
Vaude, avec une gestuelle et un travail corporel impressionnant monte souvent dans les aigus, pratiquement en voix de tête.
Bordes quant à lui, de sa magnifique voix de basse, provoque bien souvent les rires avec ses répliques désabusées...
Le contraste entre les deux rôles principaux est saisissant et fonctionne à merveille.

Le reste de la petite troupe est au même niveau d'excellence avec notamment une impressionnante Alcmène interprétée par Odile Cohen, dans une partition plus grave, voire plus tragique.

Tous n'ont pas leur pareil pour dire les vers de Molière dans un débit souvent assez lent : on sent bien que la metteure en scène leur a demandé de déguster cette langue admirable et d'en restituer ainsi toute la suavité.
Tout ceci roule, tout ceci coule, c'est fluide, c'est un magnifique discours qui arrive à nos oreilles.
(Avec une difficulté supplémentaire pour les comédiens, à savoir que pour la première fois également, Molière n'écrira ni en prose ni en alexandrins à rimes plates. Non, cette fois-ci, à l'image de son ami Jean de la Fontaine qui met le vers irrégulier à la mode, l'auteur utilise (y compris pour faire parler les Dieux) un mélange de vers comptant six, sept, huit ou dix pieds.

A sa création, la pièce comportait des « machines » pour faire apparaître et disparaître les Dieux. Ici, Melle Tesson contourne le problème par l'utilisation de magnifiques toiles peintes par Marguerite Tanguy des Déserts, dont se servent de manière fort judicieuse et habile les comédiens.
Mention spéciale également à Corinne Rossi pour ses beaux costumes.

Ainsi donc, Stéphanie Tesson réussit le tour de force de nous faire beaucoup rire en restant bien entendu dans le registre de la comédie, tout en donnant une dimension quasiment mystique à cette pièce rarement montée.
C'est une entreprise de très haute tenue qui nous est proposée ici, et dont chacun ressort enchanté, en se posant la question, ce fut mon cas, de savoir ce qu'il ferait et ce qu'il penserait s'il rencontrait son double exact.
Voici une autre pièce très importante de ce début de saison.
Votre critique endiablée
Nos visiteurs sont impatients de vous lire ! Si vous êtes l'auteur, le metteur en scène, un acteur ou un proche de l'équipe de la pièce, écrivez plutôt votre avis sur les sites de vente de billets. Ils seront ravis de le mettre en avant.
Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor