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Amok

Amok
De Stefan Zweig
Mis en scène par Caroline Darnay
Avec Alexis Moncorgé
  • Alexis Moncorgé
  • En tournée dans toute la France
Itinéraire
Billets à 19,00
Evénement plus programmé pour le moment
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Une nuit de Mars 1912, sur le pont d’un navire qui file vers l’Europe, un homme, au secret trop lourd à porter, se confie à la faveur de l’obscurité.


Ce jeune médecin fuit la Malaisie ou il a exercé durant cinq années, jusqu’au jour où une mystérieuse femme est venue solliciter son assistance. Récit fiévreux d’une course contre la mort où la passion se confond avec la folie, où l’obsession qui l’aliène à une femme ressemble à l’amok, crise meurtrière dont sont pris soudainement les opiomanes malais.

Pour son interprétation dans Amok, Alexis Moncorgé a été récompensé du Molière 2016 de la révélation masculine.

 

Note rapide
Toutes les critiques
1 sept. 2018
8,5/10
38
Un seul en scène que j'ai eu l'occasion de voir au théâtre de poche de Montparnasse, en 2016.

L'adaptation de la nouvelle de Stefan Zweig est excellente et a ravi la fan que je suis ; l'interprétation d'Alexis Moncorgé est superbe. Il incarne le texte, la passion (voire la folie) des personnages de Zweig avec fidélité.

Les décors sont réussis et la pièce ne perd pas de son dynamisme une seule seconde. Une belle réussite !
16 févr. 2018
9,5/10
68
Une âme tourmentée nous emmène dans une histoire fiévreuse et oppressante dont Zweig a le secret !
L'incroyable Alexis Moncorgé envoûte avec son récit, mais aussi, et c'est plus rare, nous imprégne littéralement, tel un sorcier, de cette moiteur tropicale et vénéneuse.
Poisons, maléfices et folie ... Un cocktail maléfique !
20 octobre, 21h, Paris

J’avais déjà vu Amok en 2016 au Théâtre du Roi René lors du Festival Avignon OFF 2016. Cet été, je me suis replongée dans l’oeuvre de Zweig avec La pitié dangereuse, La confusion des sentiments et Amok entre autres. C'est pourquoi j'ai eu envie de revoir ce spectacle que j’avais déjà trouvé génial la première fois. Le fait d’avoir lu la nouvelle m’a permis de me rendre compte que le spectateur est mis à la place du « je » de la nouvelle. On rentre ainsi bien plus dans l’atmosphère étouffante du spectacle (celle ressentie durant la lecture). Nous sommes réellement oppressés, comme pris au piège par cet homme qui nous raconte son histoire.

Le comédien, Alexis Moncorgé, passe de la narration de ses souvenirs en les commentant, les expliquant à ses auditeurs, à leur réincarnation. Il revit son histoire. Il nous offre un voyage dans ses souvenirs (les plus douloureux). Mais comme n’importe quel souvenir, ii y a des moments de flottement, d’incertitude, une dimension presque onirique apportée par des moments de danse. Ces moments permettent également de souligner la folie du personnage. Tout d’un coup, « les mots laissent place au corps ». 

Alexis Moncorgé offre une réelle performance. Il parvient à faire vivre tous les personnages de la nouvelle grâce à un rien. Un simple geste, une modification d’intonation pour donner voix à une multitude de personnages. Nous avons l’impression de tous les voir sur ce plateau quasiment vide et pourtant si peuplé. Ce spectacle offre une plongée dans l’univers de Zweig par une interprétation continuelle, à la différence de ce qu’a fait Simon McBurney de La pitié dangereuse en conservant le roman sur le plateau. Ce choix nous permet une plus facile identification à un personnage à qui l’on n'aimerait pas ressembler. Et qui pousse donc à une forme de malaise face à ce « Fou de Malaisie » (sous-titre de la nouvelle).  

Un spectacle dense et dansant porté par un excellent comédien. Courez-y !!
Pour la deuxième saison consécutive et après deux années de succès dans le Festival Off à Avignon, Alexis MONCORGE revient au Poche Montparnasse avec AMOK, son adaptation du texte de ZWEIG qui lui a permis de recueillir la reconnaissance de ses pairs avec un Molière 2916 de la Révélation Masculine. Un personnage qui l'habite fiévreusement et passionnément dans une prestation remarquable.

FIÈVRE TROPICALE

Nous sommes en mars 1912, sur le pont d'un navire qui file vers l'Europe. Sur le pont, à l'écart des autres passagers et de l'équipage, un homme se laisse aller à se confier à faveur de la nuit sur les raisons de son voyage. Jeune médecin Il menait une carrière paisible en Malaisie jusqu'à ce que sa route croise celle de cette belle dame blanche européenne venue solliciter son aide. La passion va dès lors l'enflammer, se confondant avec la folie. Une obsession et une fièvre qui ressemble à l'Amok, cette crise meurtrière dont sont pris soudainement les opiomanes malais.

COUP DE FOUDRE

Alexis MONCORGE n'a pas trente ans et a déjà rencontré ce que certains comédiens attendent toute une vie : le texte qui a bouleversé sa carrière. A la première lecture il confie avoir eu un coup de foudre pour cette histoire dans laquelle on retrouve beaucoup des thèmes de prédilection de l'auteur Stefan ZWEIG : un jeune homme au destin tragique, l'exil, une femme adultère car mal aimée, une atmosphère fiévreuse et mystique, un secret inavouable qui empoissonne l'âme, un dénouement fatal.

Dans un décor sobre fait de quelques boites, d'un tabouret, d'un filet, le jeune comédien attrape le spectateur en quelques secondes, le transformant en confident de cette sombre histoire. Entre brume et lumière lunaire nous assistons impuissants à sa descente en enfer. Que faut-il croire de ce récit ? Quelle partialité peut-on attendre de cet esprit possédé ? Il nous livre sa version de son combat contre une force implacable, démoniaque. A-t-il vraiment recouvré la raison ? Sera-t-il libéré après avoir livré son lourd secret ?

LA PUISSANCE DE L'IMAGINAIRE

Le décor de Caroline MEXME, les lumières de Denis KORANSKI et la composition musicale de Thomas CORDE nous plongent dans cette atmosphère pleine de mystère, chargée de tout notre imaginaire d'une fin de siècle colonial en Asie, renforcée par l'ambiance de cette hune baignant dans la clarté de la poussière d'étoile. Une atmosphère que n'aurait pas reniée Edgar Allan POE.

Alexis MONCORGE est habité par ce rôle, maîtrisant les paradoxes et les tourments du jeune médecin. Par la force des mots et de son interprétation les personnes qui ont participé à cette histoire surgissent devant nous, dans un environnement sorti de notre imaginaire et qui pourtant semble se dessiner sous nos yeux : les villages de montagne, les maisons coloniales, la forêt touffue, la vie de la bourgeoisie de la capitale coloniale, les boys, et cette belle femme blanche qui l'a ensorcelé. La mise en scène de Caroline DARNAY orchestre une gestuelle précise comme une chorégraphie, grâce au travail de Nicolas VAUCHER. Le regard fiévreux, le corps reflétant les errances et dérives de l'esprit, la prestation est saisissante.

"Je considère notre métier comme de l'artisanat et il y a une magnifique équipe autre de moi. La récompense est aussi pour eux".
Alexis Moncorgé

En bref : Un Molière largement mérité pour Alexis MONCORGE dont la puissance de jeu nous transporte dans l'imaginaire d'un homme obsédé par une passion dévastatrice. Un comédien au charisme extraordinaire qui sublime le texte de Stefan SWEIG.
25 sept. 2016
7/10
78
Plutôt qu'une critique, je vous propose le compte rendu du débat que j'ai eu avec mon amie à la sortie de la pièce car une chose est sure, cette pièce divise.

De la mise en scène, trop simpliste et cheap (on est au poche en même temps...) ou parsemée de jolies petites idées (chère Florelle, nous avons appréciées ces ombres chinoises) ; au texte soignée et poétique mais manquant mettant du temps à démarrer et peut être manquant d'enjeux comparée à la puissance du jeu (encore faut-il comprendre la folie d'un personnage isolé de son monde depuis des années); tout nous a divisé.

Insistons sur la performance d'Alexis Moncorgé qui a mon sens n'a pas volé son Molière. Il dégage un tel charisme, il en faut pour tenir ce seul en scène complexe, et vit ce texte avec une telle énergie, un texte débité avec force et un engagement physique absolu, qu'on est pris totalement dans la peau de ce personnage tourmenté. Ou alors, on peut trouver qu'il en fait trop.

Ne pouvant vous dire si ce spectacle vous plaira, je ne peux que vous inviter à vous faire votre propre opinion, dans le cas contraire vous assisterez tout de même à la lecture d'un beau texte de Zweig.
Votre critique endiablée
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Rire
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor