Critiques pour l'événement Le Malade Imaginaire, avec Daniel Auteuil
1 févr. 2019
9/10
37 0
3 et 2 qui font toujours 5...
Et 5 qui ne font toujours que 10 !

Pour autant, ce ne sont pas par ces mots que va commencer ce Malade imaginaire.
Non, ce sera la cadette Louison qui .... Et je n'en dirai pas plus ! C'est une belle surprise qui attend d'emblée le public.

Comme Daniel Auteuil a bien fait de jouer la carte du classicisme !
Ici, nous assistons à une version de très belle facture du chef d'œuvre de Molière, dans une mise en scène plutôt « traditionnelle », mais qui atteint parfaitement les objectifs que M. Poquelin s'était fixés.
Pas de surprise de mauvais goût, pas de gadgets inopportuns et gratuits, pas de désastreux effets de mode. La scénographie assez sobre de Jean-Paul Chambas est très réussie, et je me dois de ne pas oublier de mentionner les très belles lumières de Jean-François Robin.

Auteuil a compris que le personnage d'Argan n'est pas un pitre, un bouffon.
C'est avant tout un homme qui croit souffrir. Un homme qui a peur de la mort.
A cet égard, son beau portrait sur l'affiche du spectacle est très révélateur.

Le metteur-en-scène-comédien a su placer le curseur au bon endroit : ni trop ni trop peu. Oui, il nous fera rire, mais il va beaucoup nous émouvoir, ce personnage hypocondriaque.

Pour nous faire comprendre qu'Argan n'est pas si malade que cela, il a trouvé deux moyens dramaturgiques infaillibles.
Ce sera un Argan très sanguin ! Auteuil se lance souvent dans des envolées presque lyriques qui le font rougir au plus haut point. Avec son bonnet de fourrure sur la tête, on dirait parfois le vizir Iznogoud au visage carmin, trépignant à faire trembler le sol.

Et puis, à un certain moment, il enlèvera robe de chambre et chemise.
Sans faire offense à la plastique du comédien, force est de constater à l'évidence que ce corps est un corps en très bonne santé ! Ce n'est pas un torse de souffreteux, un torse rongé par un quelconque mal.

Le comédien sera parfois glaçant, notamment dans la scène avec le toujours excellent Alain Doutey jouant son frère en costume XVIIIème, en référence au siècle des lumières.
Cette scène est très, mais alors très réussie. Deux grands artistes se donnent la réplique. Un sacré moment de théâtre.
Daniel Auteuil sera également un père très tendre, très émouvant.

Il a su s'entourer d'une troupe d'épatants comédiens, et notamment de jeunes comédiens.
A commencer par Victoire Bélézy, qui me ravit de plus en plus.
La saison passée, elle était une formidable Rosaura dans Les Jumeaux Vénitiens de Carlo Goldoni, mis en scène par Jean-Louis Benoît.
Elle est cette fois-ci une parfaite Angélique, toujours on ne peut plus juste, toujours crédible. On croit totalement à son personnage de jeune femme obligée de se soumettre à son père.

Je vous conseille vivement de la regarder lorsqu'elle n'a pas de texte. C'est un vrai bonheur.
Sa scène avec son père « mort » est toute en retenue et en subtilité, loin de tout effet de grosse cavalerie que l'on peut souvent constater.

Son duo avec Cléante / Pierre-Yves Bon fonctionne à la perfection. Les deux jeunes acteurs sont véritablement très bons.

Coup de chapeau également au Thomas Diafoirus de Gaël Cottat. Celui-ci joue le benêt avec semble-t-il une vraie délectation. Il est très drôle !

Les interprétations respectives de ces trois jeunes comédiens m'ont ravi.

Aurore Auteuil, que je n'avais jamais vue sur un plateau de théâtre, campe une Toinette telle qu'on se l'imagine bien, truculente, avec le verbe haut, tenant la dragée haute à son maître. Là encore, c'est une interprétation tout à fait classique mais ô combien percutante, la comédienne ne ménageant pas sa peine.

La pièce glissera quelque peu vers le burlesque, avec un Argan de plus en plus désespéré notamment face à un féroce M. Purgon.

La scène finale, très réussie elle aussi, lorgnera alors vers la Comedia Del Arte, avec masques et costumes adéquats.

On l'aura compris, ce Malade imaginaire est très efficace et fait mouche auprès des spectateurs.
J'en veux pour preuve les applaudissements nourris et mérités qui attendent les comédiens au moment des saluts.

Molière peut être satisfait.

Juro !
26 janv. 2019
10/10
2 0
Époustouflant. Daniel Auteuil est magnifique ainsi que toute la troupe. Une farce à déguster et standing ovation le 25 janvier.
Le final est original. Vraiment j’ai passé un des plus beaux moments de ces dernères années de théâtre quelle prestation ! Une pièce à ne pas rater.
26 janv. 2019
8/10
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Très belle adaptation, belle interprétation, fidèle à l'esprit du texte (et oui Molière ce sont de longues et belles tirades) avec une mise en scène suffisamment moderne mais pas trop.
Un classique qui le reste c'est bien aussi et Daniel Auteuil est puissant et subtil dans son jeu tout comme ses partenaires qui sont à la hauteur, notamment sa fille énergique et drôle dans le rôle de Toinette... Une belle performance théâtrale que je recommande.