Critiques pour l'événement La loi des prodiges
27 mars 2019
8/10
5 0
Gros gros coup de coeur pour ce comédien que je ne connaissais pas.
Une virtuosité absolu. L'art de la comédie dans sa plus pure expression.

Tous les élèves et professeurs devraient voir ce tour de force pour constater ce qu'est être comédien.
De ce côté rien, absolument rien à redire. Il passe d'un personnage à un autre en une mimique, un timbre de voix, une inclinaison de tête. Il apparait tour à tour viril, autoritaire, léger, enfantin, pubère, irrationnel, féminin, banlieusard, tout et pour chacun il est d'une justesse absolue.

Côté texte, j'ai pu manquer de conviction notamment sur toute la première partie et mise en place du personnage. J'ai trouvé ce moment un peu long. Heureusement que l'acteur m'a captivée.
Mais la 2e partie par son rythme, ses séquences improbables nous embarquent.
Sa mise en scène sans décor sait utiliser les lumières, manier le corps, jouer avec la chaise pour nous laisser apparaitre tout un monde.

Un comédien qui va faire parler de lui.
10/10
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Francois de Brauer le nouveau Caubère.
Une grande admiration pour le travail de ce garçon.
LE spectacle de la saison.
19 oct. 2018
9/10
9 0
Quelle vertigineuse histoire, quel tourbillon d’artiste !

Dans « La loi des Prodiges », François de Bauer est tout simplement brillant. Mille voix, mille compositions animent l’acteur qui nous raconte la bien étrange histoire de Rémi Goutard. Nous suivons depuis sa naissance jusqu’à son ascension politique cet homme détestant l’art et voulant supprimer les artistes.

Considérant les artistes comme marginaux Rémi Goutard s’est en effet convaincu de les réintégrer dans la société en supprimant les aides destinées à les soutenir dans la création. Ce rôle d’un homme qui cherche à faire tomber les arts est un contre-emploi abyssal. Ce personnage nous semble fou tout en ayant à la fois quelque chose de sympathique par sa maladresse et son léger zozotement. Les autres personnages, défenseurs des arts, ne sont d’ailleurs pas toujours très sympathiques, donnant ainsi lieu à une remise en cause sous-jacente de la société. Les personnages sont à la fois drôles et pathétiques. Tout paraît inversé par un jeu de miroir. C’est étrange voire déconcertant.

Pour accompagner cet énergumène, François de Bauer incarne donc une vingtaine de personnages par de petits riens. Sans autres accessoires que trois chaises, tout est affaire de composition : une voix, un geste ou une attitude suffit. Les personnages s’enchaînent à un rythme effréné par la figure d’un seul et même acteur. Rien n’est laissé au hasard.

Le tout est une performance originale truffée de mille trouvailles et sans aucune longueur. François de Bauer nous tient en haleine pendant une heure et demie et finit hors d’haleine, la chemise trempée de sueur.

Un seul en scène absolument épatant, la meilleure pièce que j’ai vu depuis longtemps.

Ça claque !