Critiques pour l'événement Grandir dans l'Allemagne nazie
12 mars 2022
8,5/10
3
Spectacle à ne pas manquer. Grandir dans l'Allemagne Nazie, n'est pas un documentaire, ni un spectacle pour régler des comptes.
Pour les adultes, on peut y trouver un vrai sujet de réflexion mais pas que ... on y trouve aussi beaucoup d émotions. Pour les ados, c est une autre façon d aborder ce sujet si difficile car les mots de ces trois jeunes et de ceux qui les entourent, viennent nous percuter en plein cœur. Dans le contexte actuel, grandir dans l'Allemagne Nazie, résonne plus encore.
8 mars 2022
8/10
3
Rebecca est juive, elle est heureuse, bonne élève, mais elle se rend bien compte de l’attitude de ses compagnes de classe, et aussi des professeurs. Avec une amie, elles se créent une carapace pour mieux supporter les insultes et les ignominies.

Marianne est une jeune fille de la bourgeoisie, elle n’a pas beaucoup de contact avec ses parents, ils la considèrent comme une enfant. Pourtant, ils sont les premiers à s’alarmer de la politique et du nouveau chancelier, ah non pas de portrait d’Hitler au salon ! Pourtant leur fille, pour faire comme les autres, souhaiterait un portrait du Führer au moins quand ils reçoivent du monde ! La jeune fille se retrouve dans les jeunesses hitlériennes, elle sera très surprise de la réaction de ses parents et de leur courage !

Ernst, le jeune garçon est fier de son frère ainé, il est engagé au Parti nazi, le jeune homme souhaite faire partie de la SS, mais il craint tant de décevoir, de ne pas être à la hauteur de la tâche,

Oui « Grandir dans l’Allemagne nazie », est une pièce essentielle en ce moment, les comédiens jouent le jeu avec sincérité, oui il est important de parler, de désamorcer les idées et les préjugés, Anne Hérold comme à son habitude a su habilement traiter le sujet.
23 févr. 2022
8,5/10
6
Percutant, Éloquent, Poignant.

Brendon Votipka est un jeune quadragénaire dramaturge, réalisateur, metteur en scène et éducateur. Il est né et a grandi à Fort Collins au Colorado.

Sa première pièce Common Ground concernait déjà la jeunesse qui discute dans un café, tente de communiquer, de se comparer et de se jauger.

De 2009 en 2010, en résidence à « L’institut pour la compréhension chrétienne juive » à Allentoown en Pennsylvanie, il écrit Face Forward: Growing up in Nazi Germany.

Nous sommes dans les années 1933 Hitler arrive au pouvoir.

Dans l’Allemagne Nazie, trois jeunes adolescents issus de milieux différents recherchent et revendiquent leurs identités. Le passage de l’adolescence à l’âge adulte est toujours difficile mais dans cette Allemagne nazie cela devient bien complexe.


Rebecca est juive, elle est traitée outrageusement par ses camarades et ses professeurs.

Elle est reléguée au fond de la classe et bannie de ses anciennes camarades. Mais qu’a-t-elle fait, elle n’a point changé…

Sera-t-elle assez forte pour ne pas s’effondrer devant tant de haine ?


Marianne jeune fille d’une famille allemande catholique est en désaccord avec ses parents qui sont des gens modérés. Elle veut ressembler à ses amies de la jeunesse hitlérienne. C’est une jeune fille un peu hautaine, voulant plaire et influencée par la propagande des idées de la « bonne société allemande »

Finira-t-elle être plus en accord avec les idées familiales ?


Ernst est en adoration devant son frère aîné engagé dans les SS. Ce grand frère est l’image chère à Hitler.

« le jeune Allemand de demain doit être svelte et élancé, preste comme le lévrier, solide comme le cuir et dur comme l’acier Krupp » 

Ernst ne peut que s’engager dans les jeunesses Hitlériennes bien qu’il ne soit point blond aux yeux bleus comme son frère….

Est-il aussi convaincu que ce frère aîné ?

Sera-t-il admiré et respecté comme son frère ?

Nous allons suivre les questionnements, les désirs, les déboires, les inspirations de ces jeunes adolescents vis-à-vis de leur famille, de leurs amis et de cette société sous l’emprise de la dictature et de la ségrégation.

Cette jeunesse est perdue, l’incompréhension et les angoisses la taraudent.

La mise en scène d’Anne Hérold sobre, donne grande importance aux mots. Côté jardin le drapeau SS flotte et règne sur le plateau.


Les saynètes vont se succéder intercalées par l’assombrissement du plateau et une musique dure et violente qui nous fait frémir, des bruits de vitrines cassées évoque la nuit de cristal », le discours terrifiant d’Hitler nous transperce ….

Les lumières de Thibaut Hok et la bande son de Sarah Waroquet intensifient les émotions.

Les comédiens nous entrainent dans cette fiction-tragique et nous captivent.

Mathilde Freytet interprète Rebecca cette jeune fille juive avec émoi et justesse.

Maurine Dubus incarne Marianne avec conviction et dextérité.

Noé Bennehard nous chavire, c’est avec talent qui rentre dans la peau de ce jeune homme Ernst voulant être à l’image de son aîné.

Julien Delanoë (L'homme/David/Le Père/Mr Schmidt) et Marie De Dieuleveult (La Femme/La Mère/Sarah/Christine) glissent avec brio d’un personnage à l’autre.

Merci à tous.

Seul ou avec vos enfant, prenez donc un peu de temps pour aller voir « Grandir dans l'Allemagne nazie » .En ces temps mouvementés, c’est belle fiction qui interroge sur le racisme et l'antisémitisme aussi bien les petits et les grands.
22 févr. 2022
8,5/10
5
... Un spectacle admirable et nécessaire, tant par son propos que pour son édifiante représentation, mis en vie avec chaleur et justesse. Du théâtre de témoignage intelligent et agréable. Un spectacle que je recommande vivement ...