Ses critiques
9 critiques
8,5/10
- Vas, je ne te hais point.
- Tu le dois.
- Je ne puis...
En ces temps glorieux où l'honneur dictait les conduites, où l'on lavait l'affront dans le sang, oui, Chimène se devait de haïr Rodrigue. Mais comment haïr celui pour qui son cœur soupire ?
Magnifique spectacle. Scénographie inventive et esthétique.
Le jeu des comédiens est juste et à la hauteur de la langue de Corneille que l'on retrouve et savoure à l'envie.
- Tu le dois.
- Je ne puis...
En ces temps glorieux où l'honneur dictait les conduites, où l'on lavait l'affront dans le sang, oui, Chimène se devait de haïr Rodrigue. Mais comment haïr celui pour qui son cœur soupire ?
Magnifique spectacle. Scénographie inventive et esthétique.
Le jeu des comédiens est juste et à la hauteur de la langue de Corneille que l'on retrouve et savoure à l'envie.
9/10
Une femme affranchie, scandaleuse, amoureuse et artiste accomplie. Une femme libre !
Col Claudine, ou nu aux Grands éventails à plumes, déshabillé de soie crème ou voile(s) de mariée, Cléo Senia se travestit avec malice. Elle est Colette et Cléo à la fois dans un spectacle cousu main sur ses jolies mensurations. Son énergie sur scène coupe le souffle.
Elle conte, elle joue, elle chante, elle danse, et nous suivons Colette de l’enfance bourguignonne, végétale et florale, auprès de Sido, au mariage précoce avec le dandy parisien Willy, mari adoré et très, très infidèle. Colette naît en accouchant de "Claudine", et la trouvaille du spectacle est de faire fusionner l’écrivain et son personnage avec humour et frénésie dans de succulents dialogues !
La scénographie et la chorégraphie sont superbes. Les tableaux de Music-Hall alternant avec des pages de vie plus intimes.
Entre les bras de Missy ou ceux de Juvenel, père et fils, Colette s’émancipe, et retrouve peu à peu le goût d’écrire jusqu’à la boulimie. Peut-on faire la remarque que l’œuvre littéraire paraît ici à l’arrière-plan ? Non, car il s’agissait bien à l’affiche de Music-Hall. Colette, femme singulière déploie ici l’une de ses multiples facettes, sensuelle et coquine. Le final du spectacle est une splendeur !
Attention, il n’y a que trente dates !
Col Claudine, ou nu aux Grands éventails à plumes, déshabillé de soie crème ou voile(s) de mariée, Cléo Senia se travestit avec malice. Elle est Colette et Cléo à la fois dans un spectacle cousu main sur ses jolies mensurations. Son énergie sur scène coupe le souffle.
Elle conte, elle joue, elle chante, elle danse, et nous suivons Colette de l’enfance bourguignonne, végétale et florale, auprès de Sido, au mariage précoce avec le dandy parisien Willy, mari adoré et très, très infidèle. Colette naît en accouchant de "Claudine", et la trouvaille du spectacle est de faire fusionner l’écrivain et son personnage avec humour et frénésie dans de succulents dialogues !
La scénographie et la chorégraphie sont superbes. Les tableaux de Music-Hall alternant avec des pages de vie plus intimes.
Entre les bras de Missy ou ceux de Juvenel, père et fils, Colette s’émancipe, et retrouve peu à peu le goût d’écrire jusqu’à la boulimie. Peut-on faire la remarque que l’œuvre littéraire paraît ici à l’arrière-plan ? Non, car il s’agissait bien à l’affiche de Music-Hall. Colette, femme singulière déploie ici l’une de ses multiples facettes, sensuelle et coquine. Le final du spectacle est une splendeur !
Attention, il n’y a que trente dates !
8,5/10
Marivaux dépoussiéré !
La tendance est aujourd'hui à dépoussiérer les classiques à grands coups de mises en scène décalées, de décors déjantés et de jeux de scène entrecoupés d'intermèdes musicaux modernes.
C'est bien le parti de Frédéric Cherboeuf, qui s'empare ainsi de la célèbre pièce de Marivaux, Le Jeu de l'amour et du hasard.
Avec bonheur !
Passé ce petit temps d'adaptation où le public doit accepter de concilier le langage du XVIIIème siècle dans la bouche de comédiens en salopettes ou costumes désopilants, où les antiques notions de "valets et de maîtres" semblent ne pas pouvoir adhérer au décor de palettes et de jukebox, et l'on se retrouve vite au cœur d'une folle journée, drôle et cruelle ; un tourbillon d'amoureux travestis cherchant à s'atteindre au delà des barrières sociales.
Et nous voilà à déguster le beau texte de Marivaux avec appétit, riant des trouvailles de décor, étourdis par la scénographie et tous captivés par la justesse du jeu des comédiens.
Standing ovation d'un public conquis !
On regrettera peut-être quelques fureurs de déplacements qui par leur débordement nous rappellent soudain que l'on est au théâtre.
Justine Teulié (Lisette) et Dennis Mader (Arlequin) sont si justes et si drôles qu'ils n'ont absolument pas besoin de ces excès.
Mention spéciale à Jérémie Guilain, excellent en frère Mario. Quant au duo Abib Cheiki (Dorante) et Lucile Jehel (Silvia), c'est la grâce, la force, la beauté et la sensualité.
La tendance est aujourd'hui à dépoussiérer les classiques à grands coups de mises en scène décalées, de décors déjantés et de jeux de scène entrecoupés d'intermèdes musicaux modernes.
C'est bien le parti de Frédéric Cherboeuf, qui s'empare ainsi de la célèbre pièce de Marivaux, Le Jeu de l'amour et du hasard.
Avec bonheur !
Passé ce petit temps d'adaptation où le public doit accepter de concilier le langage du XVIIIème siècle dans la bouche de comédiens en salopettes ou costumes désopilants, où les antiques notions de "valets et de maîtres" semblent ne pas pouvoir adhérer au décor de palettes et de jukebox, et l'on se retrouve vite au cœur d'une folle journée, drôle et cruelle ; un tourbillon d'amoureux travestis cherchant à s'atteindre au delà des barrières sociales.
Et nous voilà à déguster le beau texte de Marivaux avec appétit, riant des trouvailles de décor, étourdis par la scénographie et tous captivés par la justesse du jeu des comédiens.
Standing ovation d'un public conquis !
On regrettera peut-être quelques fureurs de déplacements qui par leur débordement nous rappellent soudain que l'on est au théâtre.
Justine Teulié (Lisette) et Dennis Mader (Arlequin) sont si justes et si drôles qu'ils n'ont absolument pas besoin de ces excès.
Mention spéciale à Jérémie Guilain, excellent en frère Mario. Quant au duo Abib Cheiki (Dorante) et Lucile Jehel (Silvia), c'est la grâce, la force, la beauté et la sensualité.
8/10
Brillante idée que celle du talentueux Christophe Delessart : mettre en scène, en chair, le XIXème !
Fougueux et romantique, le comédien incarne donc le Siècle, et rend hommage à quelques-uns des plus beaux textes nés en son sein. Cinq thèmes scandent ce spectacle dont on ne perd pas une parole, car l’homme est un amoureux des mots et un merveilleux interprète.
Il nous conte la mort, la nature, la révolte, les combattantes et l’amour ; il tutoie Baudelaire, Vigny, Flaubert, Hugo, Sand, Musset et les autres, et nous emporte avec lui.
Nous voilà en forêt assistant à l’hallali du grand loup de Vigny, dans la chambre des Bovary, sur les barricades des Misérables,… D’ingénieux jeux de lumières transcendent ses paroles, enveloppent poèmes et extraits choisis. Des mots qui remuent, entre rire et larme, d’une étonnante modernité, d’une profonde sagesse. Leur beauté et leur force les a rendus éternels.
Heureux sommes-nous de pouvoir les entendre et les savourer en bonne compagnie, celle de Christophe Delessart.
Memento mori .....
A voir !
Fougueux et romantique, le comédien incarne donc le Siècle, et rend hommage à quelques-uns des plus beaux textes nés en son sein. Cinq thèmes scandent ce spectacle dont on ne perd pas une parole, car l’homme est un amoureux des mots et un merveilleux interprète.
Il nous conte la mort, la nature, la révolte, les combattantes et l’amour ; il tutoie Baudelaire, Vigny, Flaubert, Hugo, Sand, Musset et les autres, et nous emporte avec lui.
Nous voilà en forêt assistant à l’hallali du grand loup de Vigny, dans la chambre des Bovary, sur les barricades des Misérables,… D’ingénieux jeux de lumières transcendent ses paroles, enveloppent poèmes et extraits choisis. Des mots qui remuent, entre rire et larme, d’une étonnante modernité, d’une profonde sagesse. Leur beauté et leur force les a rendus éternels.
Heureux sommes-nous de pouvoir les entendre et les savourer en bonne compagnie, celle de Christophe Delessart.
Memento mori .....
A voir !
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