You are my Destiny

You are my Destiny
De Angélica Liddell
Mis en scène par Angélica Liddell
Avec Angélica Liddell
  • Angélica Liddell
  • Oleksii Ievdokimov
  • Free Voice : Anatolii Landar
  • Antonio Veneziano. Chœur ukrainien
  • Roberto de Sarno
  • Isaac Torres
  • Antonio Pauletta
  • Emilio Marchese
  • Borja López
  • Antonio L. Pedraza
  • Andrea Lanciotti
  • Julian Isenia
  • Ugo Giacomazzi
  • Joele Anastasi
  • Lola Jiménez
  • Fabián Augusto Gómez Bohórquez
  • Mykhailo Lytvynenko
  • Théâtre de l'Odéon (théâtre de l'Europe)
  • Place de l'Odéon
  • 75006 Paris
  • Odéon (l.4, l.10)
Itinéraire
Billets de 6,00 à 38,00
Evénement plus programmé pour le moment
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« Au début », confie Angélica Liddell, «je voulais parler du désir, du pouvoir du sexe sur la volonté ; mon intention était de comprendre Tarquin.» Or elle fit tant et si bien qu'à force de le comprendre, elle finit par l'aimer. L'histoire de Lucrèce, telle qu'elle est lue d'ordinaire, est pourtant celle d'un viol dont la vengeance déboucha sur la fondation de la République romaine.

Certains auraient pu s'attendre à ce qu'Angélica Liddell propose une relecture féministe radicale de la légende. Il n'en est rien. Loin de s'attacher à réinterpréter la souffrance de Lucrèce, c'est la souffrance de Tarquin qu'elle aborde – autrement dit, celle d'un homme. Au lieu d'opposer à une simplification politique une contre-simplification qui resterait finalement enfermée sur le même terrain, Liddell invente un tout autre plan. Son intention n'est pas, n'a jamais été, de corriger ou supplanter un point de vue masculin par un point de vue féminin. Son travail, précise-t-elle, ne part pas d'une guerre des sexes.

 

« Je ne vois pas Tite-Live ou Shakespeare comme des hommes », dit-elle, « mais comme des poètes. De même que j'écris comme poète et non comme femme. Ce qui m'intéresse, ce sont les mouvements et les convulsions de l'esprit. »

 

 

Certaines scènes de ce spectacle peuvent heurter la sensibilité des plus jeunes, il est déconseillé aux moins de 16 ans.

Note rapide
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8 déc. 2014
2/10
86 0
Le spectacle dure 2h30 et il fait bien sentir sa longueur pour créer un inconfort chez le spectateur, un malaise qui lui rend parfois certaines scènes (comme celle où les acteurs sont contre le mur et attendent, en gémissant, sous un soleil ardent) insupportables.

Tout, dans le théâtre de Liddell, est insupportable au sens que ce n’est pas (ou difficilement) supportable : les corps décharnés sont balancés en tous sens, maltraités, déchirés pour finalement être jetés. C’est le corps nu, montré dans toute sa faiblesse, que nous jette presque à la figure Angelica Liddell. Très peu de texte, une parole qui ressemble plus à un cri qu’à une voix articulée. C’est bien plus un théâtre du corps et de la limite de celui-ci qu’un théâtre à texte : c’est un show plus qu’une pièce de théâtre. Tout est dans la sensation : la scène des tambours qui dure bien un quart d’heure crée une sorte d’attente fiévreuse, le moment où Liddell, seule sur scène s’adonne à une démonstration du corps et de ses limites en buvant jusqu’à ce que nous ayons mal pour elle, lorsqu’elle vomit sur scène et qu’elle se met à gesticuler, à danser, à hurler…

Le viol de Lucrèce, qui n’en est plus un, devient un acte d’amour comme elle le dit elle même dans sa note d’invention : cet amour qui ne peut être dit ou dévoilé va entrainer la perte de Lucrèce.

Pour ce qui est du fatum, de la « destiné » comme l’indique son titre, il est au centre de la pièce bien entendu : Lucrèce sera violée et mourra, il n’y a pas de doute là-dessus, c’est annoncé dès le début avec le rêve que décrit Liddell. Comme dans les mythes, la fin est déjà annoncée dès le début, et c’est Liddell qui se fait la gardienne de ce fatum en obligeant Lucrèce à accomplir sa destiné, elle est à la fois le conteur et personnage principale, elle double Lucrèce en racontant son histoire : pour montrer la double lecture qu’elle fait de cette pièce.

Le mélange d’époque (le décor avec ce parvis de cloitre, les habits religieux des hommes dans la dernière scène, les chants) et de moderne (les habits de la plupart des comédiens, les bouteilles de bières sur scène et la voiture qui descend à la fin, ainsi que la musique « You are my Destiny » dans la dernière scène), ce mixe marque le désenchantement du mythe de Lucrèce, le désillusionnement qu’opère Liddell, selon mon avis du moins, en faisant croire au conte de fée comme peut le montrer sa robe du début. Mais ce conte n’est en fait rien que matériel, physique et mortel. Qu’il ne s’agit que de corps et que l’image se détruit d’elle même dernière vision de la fin avec tous les personnages rassemblés autour de la voiture et Lucrèce tenant la main de Tarquin. Il n’y a pas de mythe juste une réalité obscène, ce dont le spectacle de Liddell est à mon avis trop pourvu. Ce n’est pas l’obscène qui doit renverser le mythe, la simple réalité le fait déjà.

De plus, je n’ai trouvé aucune poésie dans la pièce de Liddell contrairement à celle qu’elle avait montée l’année dernière sur Peter Pan. La poésie est morte et laisse place à l’absurdité de la vulgarité : même les chants n’arrivent pas à donner une note spirituelle ou poétique aux scènes mais semblent seulement déplacés, en totale contradiction avec ce qui est montré.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor