Traine pas trop sous la pluie

Traine pas trop sous la pluie
De Richard Bohringer
Avec Richard Bohringer
  • Richard Bohringer
  • Théâtre de l'Œuvre
  • 55, rue de Clichy
  • 75009 Paris
  • Place de Clichy (l.2, l.13)
Itinéraire
Billets de 17,00 à 37,00
Evénement plus programmé pour le moment
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Chaque soir, Richard Bohringer réinvente, retrace toute une vie d’écriture, de passions, d’amours et de tendresse.

Un voyage au pays de sa mémoire, un road-movie dédié à l’Afrique, aux amis, morts ou vivants, aux femmes, à l’alcool, aux errances.
Tel un boxeur sur le ring, l’émotion à fleur de peau, il nous fait voyager au travers de ses propres textes, dans cette atmosphère que lui seul sait créer.


Entre chaque texte, l’improvisation a toute sa place.

 

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La critique de la rédaction : 6/10. Richard Bohringer mène un seul en scène sympathique mais trop ciblé pour ses admirateurs et pour les gens de sa génération, nostalgiques du temps passé. C'est en effet plus une conversation informelle qu'un spectacle construit avec un fil conducteur ou une intrigue, comme s’il avait accueilli des fans à prendre le café chez lui.

Il nous parle de sa vie, raconte plusieurs anecdotes amusantes de l'époque où il était en tournée pour l’une de ses pièces et nous lit quelques-uns de ses textes, peut-être différents chaque soir.

Ses textes sont poétiques, assez descriptifs et imagés, mais ils ne nous ont pas transportés. Derrière le plaisir des mots qui vont bien ensemble, nous ne nous identifions pas au récit ni ne sommes enthousiasmés par les thématiques.

Néanmoins le moment reste agréable car Richard Bohringer est accessible, sympathique, son franc-parler, son humour, sa bonhomie et sa proximité avec le public nous surprennent plus d'une fois. Il improvise sur l'actualité en parlant de politique, des récents attentats mais aussi de la critique de son spectacle dans Télérama -en se moquant  gentiment de la presse-.

La mise en scène et la mise en lumière restent très simples. Il n'y avait pas forcément besoin de plus car malgré son grand âge -75 ans-, l'acteur a beaucoup de présence.

Les fidèles ne regretteront pas d'être venus, les curieux comme c'était mon cas, resteront eux plus dubitatifs.

 

Note rapide
6,9/10
pour 6 notes et 4 critiques
0 critique
Note de 1 à 3
0%
1 critique
Note de 4 à 7
50%
3 critiques
Note de 8 à 10
50%
Toutes les critiques
23 avr. 2016
7,5/10
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Il fallait effectivement venir plusieurs fois pour profiter de l'ensemble des textes qu'il a pu écrire mais ce soir c'était la dernière parisienne et quelle dernière !

Les spectateurs avertis (et un groupe de fans) savaient que cette soirée serait particulière, Richard Bohringer s'est lâché : au programme très peu de textes (notamment celui sur l'alcool) et surtout beaucoup d'histoires plus personnelles et d'échanges avec le public.

Avec beaucoup de douceur, il nous raconte l'alcool, la drogue et sa vie déréglée en conséquence.
Il se lâche sur son épouse, sa fille, son chat (le pauvre matou, il arrive à nous faire croire qu'il est moche mais un chat ne peut pas être moche) avec des mots simples, on se sent si proche de l'ami Richard.

On a juste envie de trinquer (à l'eau) avec un ami et de prolonger l'échange mais un autre spectacle doit se dérouler alors on quitte à regret le théâtre de l'Atelier.
Cher Richard,

Permettez-moi monsieur, de vous interpeller ainsi. Je voudrais cette chronique comme une lettre à un ami, à cet homme que j’ai découvert hier. Je connaissais l’acteur bien sûr, l’auteur et le chanteur aussi mais je ne vous avais jamais vu en « vrai », en habit de tendresse et de sympathie.

Je suis heureux de vous avoir rencontré hier soir. Car il s’agit d’une rencontre avant d’être un spectacle. Vous m’avez ému de vos regards sur la vie. Vous m’avez fait rire et sourire de vos récits bourrés de gentillesse et de bonhommie. J’ai adoré vous entendre raconter vos passions et vos humeurs, tout en noblesse d’âme et en humanité.

Les textes qui ont parsemé ce superbe début de soirée, ont captivé tous les spectateurs, jeunes et vieux, femmes et hommes. « Le voyage avec mamie », « Le combat de boxe » ont emporté l’auditoire, tels des épopées oniriques aux allures de Slam sans musique, de poèmes mélodiques. « New-York » fut reçu comme un conte initiatique, « L’adieu à l’alcool » comme une ode à la vie sans reniement. Le dernier texte « l’entrée à l’hôpital » touche au cœur et au corps, par empathie et par compassion mais surtout pour la sincérité pure de ce récit d’un simple jour de souffrance dont on ne connait pas alors la fin.
Rêves, fictions, ou récits, ces textes nous ont transporté tant ils scandent la vie, ses heurs et ses malheurs, comme autant de cris de bonheur.

Et puis, il y a ces anecdotes sur le métier, sur les frères de scène, Roland Blanche et Jacques Villeret notamment ce soir-là. Touches personnelles dans un spectacle qui l’est déjà, qui viendront bercer votre parole de souvenirs à jamais éperdus.

Cher Richard, ou je me trompe ou vous êtes de ces passionnés de la vie. Celle que vous semblez vivre à pleine ardeur, avec la fureur d’aimer et le plaisir fou de partager.

Passions vécues ou racontées, tendres morceaux de vie dévoilés, on ne peut qu’aimer chaleureusement ce spectacle. Merci de cette belle rencontre, monsieur Bohringer.
16 mars 2016
9/10
107 0
Richard Bohringer se présente à nous en toute simplicité et en toute intimité.

Alternant des extraits de ses deux ouvrages (Traîne pas trop sous la pluie, qui donne son titre au spectacle et C’est beau une ville la nuit) et des moments d’improvisation, il évoque ses souvenirs et ce que fut sa vie, aussi bien que des personnages cabossés par l’existence, un peu comme lui, l’écorché vif au cœur tendre, avec une générosité incroyable doublée d’une humilité désarmante. De ses grands-parents en passant par ses amis aujourd’hui disparus comme Jacques Villeret ou Roland Blanche, il nous livre entre deux lectures, sur le ton de la confidence, des anecdotes, souvenirs, bribes d’une mémoire gardienne des heures les plus belles mais aussi les plus sombres de sa vie sous la forme d’un road-movie poétique, émouvant, et touchant. « J’écris pour les mêmes raisons que vous sauf qu’il n’y a que mon cœur qui pleure » dit-il. Nous sommes bouleversés par l’espoir incommensurable qui émane de lui. Ses textes nous font voyager dans des univers proches ou lointains, d’un ring de boxe où l’on évite les coups à New-York en passant par l’Afrique. Puis dans les moments où les mots de son cœur prennent le relai, nous aimerions monter sur scène pour le serrer dans nos bras, le rassurer et lui transmettre une infime partie de tout l’amour qu’il nous envoie depuis le plateau.

Il n’a besoin d’aucun artifice, juste un pupitre avec ses textes bien à l’abri du temps et son charisme qui illumine sans effort la scène et la salle. Il nous conseille de ne pas trop traîner sous la pluie mais nous lui répondons en contrepartie que nous adorons flâner au Théâtre de l’Atelier pour l’entendre encore et encore faire résonner ses mots, ceux qui viennent du fond de son être pour s’échouer contre notre sensibilité, en pleine cœur d’une tempête affective où l’écriture bohringienne n’est que simplicité, sincérité et émotion. Après avoir affronté la drogue, l’alcool et le cancer, Richard Bohringer se heurte à la vie avec une force incroyable que nous lui envions presque, comme une revanche à prendre tardivement, à 74 ans. « Je veux que ceux qui m’aiment, ceux que j’aime cessent d’avoir du chagrin » dit-il comme une prière. Nous ressentons une si grande envie de l’entourer de beaucoup de tendresse afin que sa route soit encore longue et belle, sereine et radieuse, comme l’espoir que le pire est désormais bien loin derrière lui et qu’il ne reste à cet immense Monsieur qu’à écrire les plus belles pages de son existence en allant faire un tour du côté du bonheur. Avec sincérité et spontanéité, sans être dépourvu d’un sens de l’humour aiguisé et lucide, il nous parle de lui, dans un spectacle pas nécessairement très ordonné mais intimiste.

Richard Bohringer prouve, s’il fallait encore le faire, qu’il est un acteur talentueux et un homme généreux dont l’admirable bonté nous parvient sans détour, à chaque seconde que nous aimerions tant prolonger.
9 mars 2016
9/10
148 0
Il est des spectacles qui vous entrainent dans un beau voyage, à travers le temps, les amis, le monde, à travers les affres et les joies d’une vie toute entière, à travers la vie d’un homme que l’on voudrait ne pas quitter tellement il nous emporte dans son sillage. Richard Bohringer est un Grand Singe, comme il le dit. Il est aussi Chasseur de Serpents, Dévoreurs de Gaufres, Amoureux de la Vie, Nostalgique de l’Amitié, Baroudeur Invétéré, Représentant en Sentiments.

Alors on traverse avec lui les continents : Afrique, Sénégal, Bogota, New-York, ou plus près, en Bavière ou en Belgique. On écoute ses anecdotes, ses récits, semés de digressions. Quelques pages de son livre « Traine pas trop sous la pluie » , des apartés sur le temps qui passe, les gens. Les amis qui font surface, ses enfants, sa femme (comme Madame Columbo) ces proches dont l’ombre ne le quitte jamais : Bernard Giraudeau, Roland Blanche, Jacques Villeret ou Philippe Léotard apparaissent le temps d’une anecdote, d’un souvenir. Des ombres qui sont bien présentes et donnent l’impression que Bohringer n’est pas seul sur scène, qu’il est sans cesse entouré d’eux, fantômes protecteurs et bienveillants.

Le fil est décousu, improvisé au fil des souvenirs qui font surface, mais Richard Bohringer a tellement d’empathie, de générosité, d’humilité, que l’on est totalement embarqué dans son récit. Lui qui pourrait paraître bourru se révèle généreux, cabotin et drôle (on rit beaucoup aussi, avec lui), d’une grande humanité. Ses mots sont des poèmes, des ellipses, des phrases interrompues, reprises, raccommodées comme lui après sa maladie. Rafistolées comme l’est son âme, son cœur, fait de petits et grands bouts de vie, de famille, d’amitié, d’amours, d’ivresses, d’errances et de rencontres.

« Il est une certaine heure où la vie vaut le coup d’être bue » : Il est une certaine heure où il doit s’arrêter, laisser la place au spectacle suivant. Alors il faut partir, à contrecoeur. En voulant revenir, pour écouter d’autres pans, d’autres récits, ou bien les mêmes, encore, parce qu’est beaucoup trop court, sinon.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor