South Story

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Originaire de Nice, André Ceccarelli n’a jamais perdu son accent chantant. C’est en mélodiste qu’il concocte ses groupes, aussi goûteux que des plats mijotés pour les amis.

L’axe sudiste, du Pays basque cher à Sylvain Luc à la terre varoise qui vit naître Thomas Bramerie et Stéphane Belmondo, annonce un soleil radieux sur le Duc des Lombards.

 

Duc des Lombards
42, rue des lombards
75001 PARIS

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29 sept. 2021
10/10
9
On dirait le Sud…
Le temps (du concert) n’a pas duré assez longtemps.

Oui, une histoire du sud.
Quatre musiciens incontournables de la scène jazz française et mondiale issus des contrées proches de l’Espagne et de la Méditerranée.

Sylvain Luc, né à Bayonne
Thomas Bramerie, originaire de Bergerac, avec une enfance à Toulon
Stéphane Belmondo, issu de la terre hyéroise.
André Ceccarelli le Niçois.

Une histoire assez loin des terrils, en somme, même si l’une des pièces de ce soir sera interprétée en sol mineur.

Quatre potes, quatre frères d’instrument.
Quatre immenses musiciens que l’on ne présente plus.
Quatre copains qui aiment jouer ensemble. Jouer, s’amuser. Prendre du bon temps sur une scène et le faire partager.
Ce sera une nouvelle fois le cas.

Qu’écrire de plus que ce qui a pu être déjà écrit à leur égard ?

Faut-il même écrire, lorsque l’on est devant un tel quatuor ?

C’est Sylvain Luc qui ouvre le bal, avec les notes claires et limpides de sa demi-caisse.
Beaucoup de notes, une virtuosité qui ne laisse jamais de côté la sensibilité et l’émotion.

Et puis Monsieur Dédé se saisit de ses balais.
Thomas Bramerie tire ses premières cordes, Belmondo sur son tabouret de bar commence à souffler.

Le charme opère immédiatement.
Les nombreux aficionados dans la salle sentent bien qu’ils vont assister à un grand moment.

D’autant que les compositeurs des deux premiers titres ne sont pas des illustres inconnus : Miles Davis, John Coltrane, avec Invitation, dans une version presque funk.

Un sentiment d’une facilité déconcertante, d’aisance et de sérénité se dégage de ce que nous entendons et voyons.
Le swing délicat, précis, le shuffle aérien, éthéré, le groove profond, intense et appuyé.

Ou quand la technique individuelle n’est au service que du propos et du discours musical, allant jusqu’à se faire oublier au profit d’un tout unique et universel.

Comme une impression d’aller à l’essentiel, comme si chaque note de ces quatre-là ne pouvait qu’être jouée que de cette façon.

Comme un sentiment d’une totale et cohérente complicité.
Tout ceci est palpable. Une évidence.

Tous se connaissent depuis une lurette que d’aucuns qualifient de belle, tous ont déjà joué ensemble d’innombrables fois.

Davis encore, avec All Blues, « Ca se joue en trois temps, mais nous, on l’a fait à quatre temps », débriefera Stéphane Belmondo en grande forme. Sa façon de désannoncer les morceaux joués est impayable et drôlissime. Très grande forme, vous dis-je…

Et puis un « boléro langoureux ». Nous n’en saurons pas plus, mais la suavité de la trompette bouchée ravit les spectateurs.


Derrière ses fûts et ses cymbales, tel le lion d’âge mur au milieu de trois autres plus jeunes félins, André Ceccarelli savoure tous les instants.
Ah ! Ces frisés, ces cassures et ces breaks rythmiques, ces roulements, cette délicatesse et cette finesse uniques, cette « main gauche hallucinante », me confiait un batteur dans la salle...

L’un des plus grands drummers actuels fermera souvent les yeux, pour apprécier ce qu’il entend.

Ce sera notamment le cas pour cette reprise de la B.O. du film « Les choses de la vie » de Philippe Sarde.
Laissant seuls Sylvain Luc et Stéphane Belmondo s’exprimer, la légende de la batterie et Thomas Bramerie s’effacent, pour laisser la grâce envahir les lieux, les cœurs et les âmes.

Le merveilleux lyrisme des deux solistes va envoûter la salle entière qui retient son souffle.
Et pourtant, je peux vous assurer que ceux qui sont là en ont vu et entendu d’autres.
C’est magnifique, c’est totalement prenant, émouvant. Les larmes ne sont pas loin.

Thomas Bramerie, dont les lecteurs de ce site connaissent bien mon admiration envers lui, incarne une nouvelle fois l’élégance et l’époustouflante technique instrumentale de la contrebasse.

Comme à l’accoutumée, ses soli eux aussi très lyriques déclenchent des salves d’applaudissements.

On se quittera avec une bien belle reprise de « Ribbon in the Sky », d’un certain Stevie Wonder, l’occasion de se rappeler de ce bel album de M. Belmondo en 2004 consacré au célèbre pianiste et chanteur.
La conclusion est magistrale.

Oui, c’était trop court, mais tout le monde sort du Duc des Lombards en se disant « J’y étais » !
Merci beaucoup, Messieurs !
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Musique
Talent des artistes
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor