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Seuls

Seuls
De Wajdi Mouawad
Avec Wajdi Mouawad
  • Wajdi Mouawad
  • En tournée dans toute la France
Itinéraire
Billets de 14,00 à 36,00
Evénement plus programmé pour le moment
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Harwan, étudiant montréalais, est sur le point de s’envoler vers Saint-Pétersbourg à la rencontre du metteur en scène Robert Lepage, sujet de sa thèse, quand il apprend que son père est plongé dans le coma. Une succession d’événements le mène à se confronter à lui-même à travers le chef-d’œuvre de Rembrandt, Le Retour du fils prodigue.

Wajdi Mouawad ouvre avec Seuls un cycle de création nommé Domestique où il poursuit l’exploration d’un autre mode de travail, retourne le sol de l’intime et trace une cartographie familiale décrite par cinq personnages.

Après Seuls, figure du fils, vient le solo Soeurs actuellement en tournée. Frères, Père et Mère seront au fil des saisons créés et présentés à La Colline.

 

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8 critiques
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Toutes les critiques
24 oct. 2016
9/10
26
Wajdi se met totalement à nu dans son seul en scène captivant et poétique.

Pas grand chose à dire c'est juste génial.

A voir absolument !
13 oct. 2016
8,5/10
31
C'était ma première pièce de Wajdi Mouawad.
Il faudrait pouvoir y aller plusieurs fois pour en saisir tous les détails, toutes les subtilités et tous les messages que M. Mouawad veut nous faire passer.

Son personnage, Harwan a une histoire, un passé qui le suit et le poursuit et dont la réminiscence sera peut-être son salut. La magie de Mouawad est de faire de cette histoire particulière, une histoire universelle. Chacun d'entre nous est en quête de sens dans sa vie future, notamment grâce à la compréhension et l'acceptation de celle passée.

Un très beau moment de théâtre, exigeant, sensible et personnel.
1 oct. 2016
8,5/10
156
C'est la peinture qui va servir de prétexte cette fois-ci à Wajdi Mouawad pour la poursuite de sa quête identitaire.

Et pas n'importe quelle peinture, puisqu'il s'agit de la toile « Le retour du fils prodigue » de Rembrandt, réalisée deux ans après la mort de son fils.

Une toile qui fascine depuis toujours l'auteur-comédien-metteur en scène-directeur de théâtre.

La poursuite de la quête identitaire, certes, mais également l'exploration des liens familiaux complexes entre père et fils.

Ce fils, à défaut d'être prodigue, c'est Harwan, doctorant québecois qui peine (c'est un euphémisme) à terminer sa thèse, interprété par Mouawad, seul en scène.

Le père de Harwan, qui a dû naguère quitter le Liban avec sa famille pour fuir la guerre, vient à tomber dans un coma profond.

Les médecins l'ont dit au fils : il faut continuer à parler au père, afin d'entretenir ses capacités cérébrales.

Seulement voilà...
Continuer à parler ?

Alors que le dernier mot prononcé au téléphone était un « merde » retentissant à destination de papa ?

Et c'est l'occasion d'une grande conversation-confession, forcément à sens unique : Harwan se raconte, se souvient de son enfance à Beyrouth, tente de se raccrocher à ses racines, dit ses regrets à son père, essaye de justifier sa vie montréalaise : non, il n'a pas vécu la guerre, mais il n'y est pour rien !

De grandes questions vont être posées :
« Comment fait-on pour savoir si on est en train de rater sa vie ? »
« Qui croyons-nous être ? »

Jusqu'au coup de théâtre final qu'il ne faut évidemment pas dévoiler !

Ce sensationnel revirement sera l'occasion d'un formidable happening pictural, une vraie chorégraphie chromatique, un joli et émouvant ballet très visuel et coloré, avec notamment une scène bouleversante et poignante !

On en prend plein les yeux, jusqu'à la plongée finale. Je n'en dirai pas plus...

Dans ce texte, écrit en 2008, Wajdi Mouawad passe de l'humour un peu triste, un peu désespéré (les scènes au téléphone sont souvent très drôles) à des moments vraiment émouvants et tendres.

Dès la première minute, il ne nous lâche plus, j'ai ressenti une vraie empathie pour ce personnage, j'ai pris fait et cause pour lui, ayant envie de l'aider, de l'accompagner...

A l'aide de petites phrases toutes simples, souvent « banales », de celles qu'on se dit qu'on pourrait prononcer, Mouawad crée une nouvelle fois un véritable univers de recherche identitaire.
La quête. Encore et toujours.
Des racines.

Alors, comment fait-on pour savoir si on ne rate pas sa vie ?
Peut-être en partie en lisant et en allant voir sur scène Wajdi Mouawad...
30 sept. 2016
10/10
52
Wajdi Thérapie

Ceux qui ont eu le douloureux bonheur de faire un travail thérapeutique ont appris que les petites phrases aux allures anodines que peuvent lancer un thérapeute au cours d’une séance sont parfois ravageuses et peuvent déclencher beaucoup plus tard des séismes intérieurs.

Une fois la séance terminée, on repart dans les rues de la ville en se demandant pourquoi cette petite phrase, ces quelques mots souvent sans rapport avec notre lourde choucroute ! Mais pourquoi m’a t’il dit ça ?

Ce sont les heures et les jours qui viennent qui apporteront, par bribes et souvent quand cela nous arrange le moins, les fils qui vont relier ces simples mots au nœud du problème.

Puis peu à peu, on apprend que les silences et les intervalles entre deux séances sont les moments où s’élaborent le plus ce qu’on est venu chercher dans le huis clos du cabinet.

C’est ce qui se passe au théâtre de la Colline avec « Seuls » de et par Wajdi Mouawad.

Le propos est très simple : tout va à peu près de travers dans la vie d’Harwan.

En rupture de ban sentimental, en début de rébellion contre la pression familiale, en colère contre son père et bousculé dans sa vie professionnelle elle même à priori un peu enlisée, Harwan se débat avec les événements, les objets, la météo et les exigences matérielles de l’existence.

Cette succession d’incidents et de contrariété qu’il nous conte de façon désabusée et drolatique finissent par aboutir à un véritable accident de vie : le coma de son père.

A partir de là, la pièce change de tour, Harwan cesse de subir et commence à exprimer ses souvenirs et ses regrets, il part à Saint Pétersbourg à la poursuite éperdue d’un auteur dramatique.

De ce commencement de confession on glisse par étape à une nouvelle rupture de ton sur la dernière partie et, sans en dévoiler le point de bascule, on regarde Harwan, isolé du monde, seul, peindre et se peindre, déployer des panneaux qu’il va frénétiquement colorer, jeter rageusement son corps peinturluré sur les surfaces solides et translucides qui le séparent de l’autre coté, celui ou un corps dans le coma ne peut plus s’exprimer.

Cette dernière étape sans parole est la plus intense : au fur et à mesure de la performance artistique, on reconstitue une cohérence avec tous les éléments fictionnels précédents : le spectateur se voit commencer, sans l’avoir décidé, un travail silencieux en miroir de celui de l’acteur.

De ce coma, de cet exil au corps, resurgit tout ce qui a été enfoui, parole, enfance, langue, capacité à communiquer, inventer et créer et la nécessité du retour à la langue paternel, aux racines, aux rêves d’enfant, d’un retour à soi , tel le fils prodigue.


Cette orgie colorée de peinture finit dans une dernière vision à la beauté frappante et quasi religieuse où Harwan prend sa place dans le tableau du fils de Rembrandt.

Arrivée au théâtre avec le poids des banalités lourdes et collantes du quotidien, Wajdi Mouawad nous cueille avec son humour triste, nous empoigne par ses pérégrinations gentiment absurdes, puis nous promène dans ses exils intérieurs ; une fois qu’il nous a mené là, sans même qu’on s’en rende compte, il élargit l’horizon, fait voler en éclat la vie rationnelle et nous confronte à nos propres turpitudes qui ressemblent beaucoup aux siennes puis, il nous expose à sa réinvention et nous abandonne dans la salle avec le sentiment urgent d’avoir nous aussi à procéder à notre propre réinvention ; bon prince, il nous fournit quelques matériaux (si on veut bien être un peu attentifs).

Pour nous mener là, jusqu’à nos fibres profondes et amochées, certains auraient procédé avec un intellectualisme opaque, Wajdi Mouawad nous emmène avec clarté et par étape vers notre capacité à nous réinventer dans une émotion intense, tant musicale, verbale qu'esthétique qui va nous poursuivre longtemps.

Et c’est là sa force.

Pour le prix d’un billet de théâtre (subventionné !) n’hésitez pas à suivre cette Wajdi- thérapie.
29 sept. 2016
8,5/10
36
Des origines, de l’exil et de la quête identitaire, Wadji Mouawad a fait le terreau de son œuvre par laquelle il peint, inlassablement, l’écheveau complexe des liens familiaux, l’influence des racines, le poids des blessures et les difficultés à se construire sur les débris d’une guerre.

Dans Seuls, le dramaturge se met lui-même en scène dans un solo aux nombreux accents autobiographiques. Il y incarne Harwan, un jeune étudiant qui termine une thèse sur le travail du metteur en scène Robert Lepage (« Le cadre, comme espace identitaire dans les solos de Robert Lepage). Lorsque son père sombre dans le coma, Harwan tente de rétablir une communication depuis longtemps mise en sursis : souvenirs évoqués, confidences, questions, le jeune homme entame un long monologue en revenant sur les pas de son enfance. Son texte fort donc, qui détisse et retisse, encore, les liens qui font les canevas mouawadiens : quête, identité, stigmates de la guerre et blessures de l’exil, séparation, isolement. Mais ici c’est la mise en scène, magistrale, qui suscite – encore plus – l’adhésion et embarque les spectateurs dans une spirale non pas infernale mais puissante, tumultueuse, édifiante.

Seul en scène, Wadji Mouawad l’est, dans un décor minimal qui se transforme au gré projections et des déplacements de panneaux en photomaton, hall d’aéroport, chambre d’hôtel ou d’hôpital… Mais si le dramaturge se présente seul – en en caleçon – devant nous, c’est autour de lui, à travers lui, avec lui une multitude de personnages qui viennent densifier le texte du comédien. A l’aide de vidéos qui projettent des personnages annexes (la sœur, le père de Harwan, Robert Lepage) ou connexes (comme ces projections du double sublimé de Harwan), à l’aide de bande son (appels téléphoniques restés ou non sans réponses), ce n’est plus un personnage qui est présent mais celui-ci entouré de ses fantômes, de ses errances, de ses erreurs et de ses peurs. Le propos n’est plus celui de Harwan seulement mais un propos multiple, augmenté : un propos polyphonique et universel sur la souffrance et la renaissance.

Édifiant, donc, comme le retournement de situation – inattendu et magnifique coup de théâtre / coup de massue ou comme la scène finale, éclatante, véritable explosion de sentiments, déchainement viscéral et pulsionnel qui coupe le souffle du spectateur. On en ressort presque sans voix, en totale empathie avec Mouawad.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Rire
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor