Sacco et Vanzetti

Sacco et Vanzetti
  • Théâtre de Fontenay Le Fleury
Itinéraire
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« Cette agonie est notre triomphe !». Les anarchistes américains des années vingt étaient dans le collimateur du gouvernement puritain et xénophobe qui voulait la peau des « rouges », des « Apaches » d’un nouveau genre.

C’est l’histoire de Sacco et Vanzetti injustement condamnés à mort pour leurs idées le 14 juillet 1921 parce qu’elles étaient différentes...

 

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10 avr. 2016
8/10
172 0
Qui se souvient encore de Sacco et Vanzetti, émigrés italiens fervents défenseurs de la cause anarchiste, de la révolte des syndicats entre les deux guerres ? C'était il y a un siècle et pourtant le contexte peut encore, même différent, paraître terriblement actuel. Au début du XXème siècle, donc, deux ouvrier anarchistes italiens sont accusés de braquage et de meurtre. Beaucoup d'éléments portent à croire à une manipulation du procès, les preuves sont floues. Toujours est-il qu'en ce contexte de montée du syndicalisme violent et de révolte des ouvriers, de grèves qui s'éternisent, les deux hommes sont incarcérés et, bientôt et malgré les témoignages contradictoires, sont condamnés à l'électrocution.

Le dispositif scénique est ingénieux : quelques chaises, des ampoules qui pendent au plafond et grésillent à chaque exécution, un drap blanc en fond de scène sur lequel sont projetés des images d'archives, films, photos, articles de presse. Au centre, deux hommes. Sacco et Vanzetti attendent l'heure de leur exécution et revivent des dernières 7 années. Sacco a peur de la mort (excellent Jean-Marc Catella, tout en retenue et justesse) tandis que Vanzetti va vers la mort comme on va au combat (Jacques Dau, bouillonnant, investi). Ces quatre dernières heures s'égrènent en souvenirs, révolte, colère, résignation et fidélité à leurs convictions.

Grimés de blanc, les deux comédiens incarnent la pantomime de leur affaire et de l'époque : successivement anarchistes, policiers, gouverneur, témoins manipulés, il retracent pendant une heure vingt l'imposture d'un procès jugé d'avance, une cause vouée à l'échec et d'une lutte à la fois utopique et vaine. Le décor est sobre : quelques chaises, des draps, des ampoules, qui se transforment à vue, l'utilisation de projections qui si elle devient habituelle maintenant joue astucieusement avec les perspectives et les profondeurs. On retrouve la sobriété efficace et d'autant plus percutante de François Bourcier qui insuffle à sa mise en scène la violence des idéaux anarchistes, l'ignominie d'une classe dominante qui exploite la peur des immigrés en cette période de reconstruction d'après guerre, la peur de la mort, les doutes, la fidélité et surtout l'amitié des deux hommes qui iront, au final, à la chaise électrique en hommes libres, libres de choisir, de ne pas céder, de ne pas ployer.

Bella ciao, la chanson du peuple italien accompagne les saluts. Un chant mélancolique et engagé qui vient adoucir les derniers instants. Beau moment.
10 avr. 2016
8/10
120 0
Cachot et infamies :
Sacco et Vanzetti de A à Z :

Acteurs: Jacques DAU et Jean Marc CATELLA, tour à tour émouvants, cyniques, drôles, obtus mais justes, justes même quand ils incarnent l'injustice. Ils jonglent avec les chaises comme avec les personnages dans un cirque médiatico judiciaire où tout est joué d'avance.

Dénuement: Les chaises précitées, des ampoules pendantes, un drap au fond avec des projections d'images d'archives. Ce dénuement scénique qui peut évoquer le dénuement voulu par l'anarchie mais aussi et surtout celui subi par nombre de migrants du siècle passé en Amérique ou du siècle présent en Europe.

Humanité: celle de Sacco, suiveur plus que meneur, dépassé par les événements et plus préoccupé de sa femme et de ses enfants que de la "cause".

Ingéniosité: celle de François BOURCIER qui, à partir des mêmes éléments de décors (chaises de divers tailles), nous emporte en un instant d'une cellule du couloir de la mort à un music hall, d'un appartement d'ouvrier à un bureau cossu de directeur d'établissement pénitentiaire, d'un tribunal à une salle de tri postal, les objets devenant même des personnages à part entière, qu'ils soient utilisés par les comédiens ou simplement posés sur scène.

Puissance(s): celle du texte qui, même si on ne partage pas les idéaux revendiqués par Vanzetti plus que par Sacco, montre bien qu'hier comme aujourd'hui, ceux qui pensent différemment se heurtent à la toute puissance du pouvoir en place qui veut à tout prix conserver le statu quo qui l'arrange tant (le monologue du gouverneur est édifiant sur ce point).

Zzzzzz: comme le bourdonnement électrique de la dernière chaise qui leur est attribuée, symbole d'une époque et d'un système où l'on peut se débarrasser sans vergogne des gêneurs, même innocents. Ah oui, c'est vrai, outre atlantique, ça fonctionne encore...
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor