Mon Isménie

Mon Isménie
De Eugène Labiche
Mis en scène par William Mesguich
  • Théâtre de Poche Montparnasse
  • 75, boulevard du Montparnasse
  • 75006 Paris
  • Montparnasse (l.4, l.6, l.12, l.13, Trans N)
Itinéraire
Billets de 28,00 à 40,00
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Vancouver est le bourgeois le plus malheureux de Châteauroux. Il a en effet une fille de vingt-quatre ans qu’il a élevée amoureusement et qui menace de le quitter car elle a une folle envie de se marier.

Il cherche par tous les moyens à chasser les « prétendus » qui viennent demander la main d’Isménie, comme ce Dardenboeuf.

Ce jeune homme a toutes les chances de parvenir à ses fins, car il a l’appui de Galathée, sœur de Vancouver, vieille fille très fortunée qui veut le bien de sa nièce Isménie. Vancouver va-t-il perdre sa fille chérie ?

Note rapide
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12 juin 2020
8,5/10
1
Mon Isménie n'est pas une maladie mais le prénom d'une jeune fille. La comédie d’Eugène Labiche revient à l’affiche du Poche avec un nouveau "prétendu" destiné à la jeune fille que son père refuse de marier. Le comédien Guano, titulaire du rôle de Dardenboeuf, s’étant cassé le nez, c’est William Mesguich qui reprend le flambeau en attendant le retour à la scène du promis !

Le même William Mesguich continue à interpréter le rôle de l’écrivain Sylvain Tesson dans l’adaptation qu’il a tiré du livre de ce dernier Dans les forêts de Sibérie que j'avais vu en décembre à la Huchette et qui poursuit sa route désormais au Poche Montparnasse.

Tous les interprètes sont justes et fort drôles mais si j'insiste sur William c'est parce qu'il est de mon point de vue insuffisamment distribué dans le registre de la comédie.

Je l'avais découvert capable de faire rire et de surprendre plusieurs fois le spectateur au cours d'une même représentation dans Chagrin pour soi où il avait (déjà) Sophie Forte comme partenaire et dans lequel il avait repris, là encore, un rôle au débotté.

Mais pourquoi donc fait-on appel à lui uniquement en catastrophe ? S'il a suffisamment de talent pour jouer en pompier comme il en aurait en première intention ! Si j'étais auteur de théâtre j'écrirais pour lui.

Ce que je dis de William est vrai aussi pour Daniel Mesguich car ce metteur en scène a surtout la réputation d'exceller dans le drame. Comme il a eu raison de s'intéresser au théâtre d'Eugène Labiche, dont il monte une pièce pour la première fois.

Si l'auteur est né et a longtemps vécu en région parisienne il s'apprête à acheter une très grande propriété à Souvigny-en-Sologne alors que Mon Isménie est représentée pour la première fois à Paris sur le Théâtre du Palais-Royal le 17 décembre 1852. Rien d'étonnant donc à ce que l'action se passe en province, en l'occurence Chateauroux. L'atmosphère y est plus codifiée que dans la capitale et la bourgeoisie y est plus soucieuse des conventions.

Quand la pièce commence un prétendu nommé Dardenboeuf se présente chez la famille Vancouver pour tenter d'épouser la jeune Isménie, fille d'un père très possessif. C'est la huitième fois que l'histoire se répète depuis le début de l'année. Le cher papa semble à bout d'arguments pour refuser de lui donner la main de son "héliotrope"... mais il croit malgré tout pouvoir encore maitriser la situation. Le jeune homme a l’appui de Galathée, la sœur de Vancouver, une vieille fille très fortunée qui veut le bien de sa nièce. Cela suffira-t-il à faire pencher la balance en sa faveur ?

Daniel Mesguich a beaucoup modelé le texte, le ponctuant de nombreuses allusions. Par exemple quand un personnage exige parle plus bas, un autre murmure car on pourrait bien nous entendre. Le public pense à Dalida, et à l'amour fou qu'elle chantait si langoureusement.

Un peu plus tard on pense inévitablement au regretté Marcel Philippot, l'égérie d'une campagne publicitaire pour une compagnie d'assurances, dont nous attendions à chaque nouvel épisode, la réplique devenue culte : "Je l’aurai un jour, je l’aurai."

Il n'est point nécessaire de connaitre la version originale de Labiche pour s'apercevoir de la modification. " Il est malin, mais je le repincerai !" est devenu "Il est très fort, mais je l'aurai". Les puristes et les fans trouveront le texte du spectacle transformé par Daniel Mesguich, ainsi que le texte original de Mon Isménie au bar du théâtre (Avant-Scène Théâtre / Editions des Quatre- Vents).

A la fin de la pièce j'étais partagée entre l'envie d'applaudir et celle de m'offusquer. J'ai pensé au Bourgeois gentilhomme, revisité en 1981 par Jérôme Savary, avec le Grand Magic Circus, et ... j'approuve totalement l'audace de Daniel Mesguich.

Quand on sait que cette comédie-vaudeville fait partie de la nombreuse liste des œuvres que Labiche a écrites à quatre mains, en collaboration avec Marc-Michel on peut penser qu'il apprécierait qu'elle continue d'évoluer.

On pourrait croire que le metteur en scène ait donné à chacun de ses comédiens une carte blanche avec l'injonction d'oser. Le spectacle s'appuie sur plusieurs registres comiques incluant les dialogues, le jeu, les bruitages, les effets, la répétition ... Tout est prétexte à nous surprendre et nous faire rire. Tout cela sans l'ombre d'un décor mais avec quelques accessoires, des masques essentiels à la dramaturgie, et surtout des costumes époustouflants (créés par la très inspirée Corinne Rossi).
Bravo !
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19 févr. 2020
5/10
2
J’ai une histoire toute particulière avec Labiche : il a contribué à mon amour du théâtre, avec un gros coup de coeur pour une mise en scène de Doit-on le dire que j’ai vu trois fois quand j’avais neuf ou dix ans, et qui a gravé en moi, je pense, l’enthousiasme que peut provoquer le théâtre de divertissement. Même si j’élargis mes horizons théâtrales depuis quelques années, je ne peux snober ce théâtre-là en raison de ce beau souvenir. J’aime rire au théâtre, j’aime me détendre, j’aime le vaudeville quand il est bien monté.

Isménie ne pense qu’à une chose : elle souhaite se marier. Seulement voilà, son père n’est pas vraiment de cet avis et renvoie tous les prétendus les uns après les autres. Mais cette fois-ci, le jeune Dardenboeuf est envoyé par sa soeur qui surveille la rencontre : elle et Isménie vont tout faire pour que tout se passe bien. Le père tente tout ce qui est en son pouvoir pour coincer le galant, mais rien n’y fait : il déjoue tous les pièges.

En fait, j’ai aussi une histoire avec Daniel Mesguich, qui m’a fait découvrir Pinter dans ses Trahisons du OFF 2014, et dont la mise en scène du Cyrano l’année dernière m’a laissée la fois froide et fascinée. Du texte je ne me souviens de presque rien, mais il y a une atmosphère et un souffle que je ressens encore aujourd’hui. C’est ce que j’aime chez Mesguich, en tout cas du peu que je connais de lui. Mais j’avais du mal à voir comment cela pouvoir seoir à Labiche. Et j’ai toujours du mal, en fait.

La question que je me pose est la suivante : Daniel Mesguich a-t-il monté beaucoup de vaudevilles ? Ce type de pièce, sous son apparence simplette, répond à des codes bien précis. Or Mesguich ne semble pas avoir bien senti la mécanique de cette Isménie. J’en ai vu, des Labiche, et il y a d’un côté les mises en scène où on se dit qu’il y a quelque chose de l’ordre du génie tellement tout s’enchaîne avec simplicité, rythme, et rires, et celles où l’un des rouages est manquant et où l’on s’enlise dans quelque chose de lourd, mal huilé, presque ennuyeux. Ce spectacle est de ceux-là.

Le problème apparaît dès les premières minutes : Daniel Mesguich a cherché à en faire trop. Si j’ai du mal à percevoir ce qui manque pour que la mécanique se mette en place – car tout semble y être, le rythme, l’enthousiasme sur scène, une assez bonne direction d’acteur – je sens ce qui est en trop. Les ajouts, les comiques de répétition qui n’en finissent pas, les clins d’oeil répétés au public alourdissent un texte qui n’avait pas besoin de modifications. Ce texte forme un tout à jouer à toute allure, pas une base à étirer à l’infini.

Si quelques ajouts dans les répliques ne me choquent, pour moderniser un peu les blagues par exemple, je ne comprends pas l’intérêt de remanier tout le texte : on perd en fluidité, donc on perd en rythme, donc on perd en rire. On sent beaucoup trop les ajouts – il va même jusqu’à ajouter un monologue entier – on voit beaucoup trop Mesguich devant Labiche ; mais le mélange est hétérogène, la symbiose ne prend pas. Les ajouts sont grossiers, le plateau est complètement surexcité en enchaînant ses vannes et on se perd. Et c’est dommage, parce que l’élan était là, mais il aurait fallu davantage faire confiance au texte et à ses comédiens avant d’essayer de le mettre à sa sauce.
31 janv. 2020
3/10
2
Est-ce du Labiche ou du Mesguich ? J'opte pour la deuxième option. Et c'est plutôt raté.

Cette courte pièce en un acte est étirée, de façon à durer 1h20 les effets de mise en scène sont répétés pendant de longues minutes (le train, tchou tchou...) comme le texte de Labiche ne suffisait pas hop on ajoute un monologue, des allusions à l'actualité, des apartés avec les spectateurs etc.
Bref j'n'ai pas aimé, à part Sophie Forte c'est une véritable catastrophe.
25 janv. 2020
10/10
2
« Mon Isménie » d’Eugène Labiche dans une mise en scène de Daniel Mesguich au théâtre du Poche Montparnasse est un tourbillon de rires à la sauce loufoque.

Autant vous le dire tout de suite, si vous êtes un adepte des Labiche version « Au théâtre ce soir » ou dans la pure tradition de la Comédie-Française : fuyez ! Ne prenez même pas la peine de lire mon billet.
Mais au contraire, si vous êtes curieux et que vous aimez découvrir une mise en scène qui sort des sentiers battus, avec en point d’orgue des comédiens chevronnés au service d’une farce, alors foncez au Poche Montparnasse !

Après une première partie de soirée en compagnie de Stéphane Freiss dans « La promesse de l’aube » où était évoquée la relation « mère – fils », c’est au tour dans cette seconde partie de soirée de suivre la relation « père – fille » avec « Mon Isménie : un programme familial somme toute…oui mais cette fois-ci nous avons à faire à un père incarnant à l’extrême la jalousie.

Mais qu’est-ce qui a bien pu se passer dans la tête de Daniel Mesguich pour se lâcher avec autant de frénésie dans cette version complètement déjantée, à la limite du burlesque, lui qui signe pour la première fois une mise en scène d’une pièce de Labiche.
C’est d’ailleurs Philippe Tesson, propriétaire du Poche Montparnasse, qui lui a proposé de monter cette pièce : une belle et heureuse initiative.

Vancouver, père, est un homme malheureux qui voit sa fille de vingt-quatre ans lui échapper. Sa fille touchée par la montée de ses hormones ne pense qu’à une chose, se marier pour laisser libre cours à sa libido.
Cela tombe bien, son prétendu, en la personne de Dardenboeuf, lui aussi ne pense qu’à cela, en plus de chiquer à tous les coins de rue. Un homme en rut qui a bien du mal à cacher ses pulsions.
Un père qui cherche par tous les moyens, usant de stratagèmes plus ou moins honnêtes (on s’en fiche nous sommes là pour rire et qui plus est à leurs dépens) pour éloigner tous les prétendus qui se présentent à la porte, et ils sont légion.
Mais c’est sans compter avec la sœur de Vancouver, Galathée, une vieille fille à la main de fer dans un gant de velours dont la fortune lui permet toutes les fantaisies. Elle qui met dans les pattes de sa nièce l’homme qu’elle a choisi !
Pour lier cette mayonnaise et nous embarquer dans les tourbillons explosifs du rire, il nous fallait la bonne, Chiquette, qui de l’ange au démon se mange à toutes les sauces et ne pense qu’à une chose : être la « Rosière » de la partie !

Point de décor, uniquement quelques accessoires, et des costumes « d’époque » agrémentés de quelques fioritures, pour mener à bien son projet.
Dans une déclinaison de l’humour sous toutes ses formes, accentuant les apartés avec le public, les œillades malicieuses, introduisant quelques anachronismes, et la mise en scène de Daniel Mesguich, avec ses couplets vaudevillesques chantés (avec le grain de sel du coauteur Marc-Michel), tire profit de toutes les qualités indéniables de jeux de ses comédiens.
Des jeux de scène réglés comme du papier à musique demandant une interprétation d’une précision folle pour être efficaces et faire mouche à chaque fois. Le rythme étant la clef de voûte de cette comédie-vaudeville à la construction habile.
Des jeux, des expressions, des rencontres insolites faisant penser par exemple à Michel Galabru ou encore à Marcel Philippot, sans oublier les duels avec notamment celui de la scène du parrain. Je vous laisse les découvrir, cela vaut le détour.

Pour incarner la jeune nymphomane « Isménie », Alice Eulry réussit à merveille, dans une coquetterie assumée, à nous séduire et séduire son prétendu.
Un prétendu doté des griffes et des yeux du terrible Eusèbe De Dardenboeuf, Bachelier ès lettres, interprété par Guano, remarqué dans les traits d’un effrayant Voldemort dans Colors au théâtre Michel, au côté de William Mesguich, ceci expliquant cela…et pour l’anecdote j’étais assis ce soir là aux côtés de…Daniel Mesguich.

Vancouver sous les traits du redoutable Frédéric Souterelle, à la voix de stentor, est un remarquable père à la jalousie extrême : la figure paternelle conservatrice.
Mais Sophie Forte, alias Galathée lui donnera du fil à retordre et ne manquera pas une occasion de nous faire rire notamment avec son monologue joyeux à souhait.

Et pour finir sur une note poétique, notre petite bonne, notre petite rosière, aux yeux de biche est jouée tout en raffinement par Frédéric Cuif. Je voyais sur scène Claude Véga donnant la réplique à ses complices. Je me suis régalé par son interprétation.

De la gaîté, de la fantaisie, un feu d’artifice haut en couleurs qui fait bien rire !
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15 janv. 2020
4,5/10
2
Si j'osais je dirais.... "Mesguich m'a tuer" par Eugène Labiche !

Une petite comédie sans prétention, il n'y a qu'à suivre le texte, pas besoin d'en rajouter des tonnes, de faire des clins d'oeil au public, des gags visuels lourdingues et aussi un comique de répétition qui me hérisse le poil !

Enfin voilà hélas pour moi, une bien morne soirée...
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Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor