L'Homme hors de lui

L'Homme hors de lui
De Valère Novarina
Mis en scène par Valère Novarina
Avec Dominique Pinon
  • Dominique Pinon
  • Théâtre national de la Colline
  • 15, rue Malte-Brun
  • 75020 Paris
  • Gambetta (l.3)
Itinéraire
Billets à 30,50
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Valère Novarina est à la langue ce que la mécanique quantique est à la science. Sa manière de creuser les mots, dérouter les phrases, libérer la pensée, crée une musicalité qui ouvre les sens et d’où surgissent des perspectives inattendues.

Il est surprenant à chaque instant parce qu’il est inventif, jubilatoire et tragique, métaphysique et burlesque. Marie-José Mondzain dit de cet artiste : « Si son théâtre est énigmatique ce n’est pas parce que Novarina est un homme du secret ou de l’ésotérisme, mais parce que c’est un homme de la révélation. Mais il s’agit de la révélation de l’homme par l’homme dans ce qu’elle a d’aveuglant, d’apocalyptique, d’explosif et de déroutant ».

Après L’Origine rouge en 2000, La Scène en 2003 et L’Acte inconnu en 2007, L’Homme hors de lui, monologue « invectif » sera répété et créé à La Colline. Pour cela, Valère Novarina retrouve Dominique Pinon qui saura donner aux lettres du livre leur pleine vérité concrète et leur liberté rythmique.

Un homme entre, écoute les herbes, s’adresse aux rochers et à nos trois cents yeux muets. Il donne des noms nouveaux aux insectes, aux oiseaux. Il se pose cinq questions ; lance en l’air quatre cailloux qui ne retombent point.
La parole écrit dans l’air.

 

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9 oct. 2017
9/10
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Voilà ce que j’appellerai un ovni théâtral. Ce que j’ai vu ce soir ne ressemblait à rien d’autre, je ne sais même pas si Novarina se ressemble lui-même puisque c’était mon premier. Ici, pas d’histoire, pas de contexte, pas de situation. Simplement des mots, une longue logorrhée verbale d’1h10 dans laquelle il ne s’agit pas de suivre mais simplement de lâcher prise : c’est un voyage au coeur de la langue, une balade délirante où des inventions paraissent réelles et où l’on reconstruit un monde plus proche de la vérité et de la sensation. Je ne sais pas vraiment pourquoi ça marche mais les faits sont là : dans la salle, les rires fusent, pas toujours en phase, pas toujours de la même tonalité, mais rares sont les fins de tirade qui n’obtiennent pas leur pesant de rire.

Pour porter ce texte d’une richesse infinie, il fallait un monstre. Dominique Pinon s’avère être le candidat idéal car transmettre cette chose n’était pas acquise. Il le fait avec une telle fougue, un tel amour de la langue, une telle intelligence du ton que c’en est totalement jouissif pour le spectateur. Il a ce je-ne-sais-quoi d’hors du monde, cet homme hors de lui, un côté un peu lunaire et poétique qui sied si bien au style novarinien, mais il sait revenir sur terre lorsqu’il le faut, ce qui renforce encore la consistance de ce texte pourtant basé sur un grand jeu. C’est toujours jubilatoire de voir un acteur prendre autant de plaisir que nous autour d’un texte, et c’est sans doute la clé de cette réussite. Se donner corps et âme pour faire entendre un texte qui part de rien et ne va nulle part, c’est tout simplement beau.
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Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor